LOUIS XV APRÈS FONTENOY
raient aux pieds de César Tictorieux pour assister an triomphe.
Elle était éclatante la gloire du roi Louis XV 1 Dans cette bataille de Fontenoy, il avait déployé un courage et un sang-froid incontestables, une persistance de victoire digne d'éloges ; ses serviteurs étaient tombés à ses côtés; le dauphin avait joué en enfant avec les balles et les boulets qui sifflaient aux oreilles et tuaient des gentilshommes autour de lui. Quand le soir la bataille ftît gagnée, le roi ne put contenir sa joie; il embrassa le maréchal de Saxe alité dans sa carriole d'osier ; sa munificence fut sans bornes; il lui donna Cbambord en toute propriété, pour le transmettre librement après lui , et ses possessions furent augmentées de quarante mille livres de rente. Ce fut moins le maréchal qu'on récompensa que toute l'armée dans son chef ; chaque gentilhomme eut son mot gracieux, chaque régiment son tén>oignage de gloire, et cette noblesse de France était tellement inhérente au métier des arnoes , qu'elle croyait n'avoir fait que
« Daignes, sire^ ajouter la boaté que Y. M. a eue de ^rmettre cet hommage, celle d'agréer les profonda respect» d'un de vos moindres sujet et du plus zélé de vos admirateurs. »
En même temps Voltaire écrivait au roi de Prusse :
Mon cœur me dit que je touche A ce moment fortuné Où l'en tendrai de la bouche De r Apollon couronné
Ces traits que la sage Rome Auf ait admirés jadis ^ Je yerrai, j'entendrai l'homme Que j^adore en setf é<àrtùl
son devoir et ne mériter aucune récompense. Il y eut^il un vif eulliousiasme sur le champ de bataille même ; lessoldatsporlaienlleursehapeaux coquettement garnis de roses au bout de leurs baïonnettes. Aux cris de Vive le roil des feux de joie llambaient partout ; Normandie, Bretagne, Anjou, depuis les Grassins jusqu^aux bussanls de nouvelle formation , Koyal-Cravate (ou Croate), tous manifestèrent leur joie bruyante.
Le soir, Louis XV, suivi de son fils, parcourut le champ de bataille, cherchant par ce lamentable spectacle à le dégoûter de la guerre j il lui monlrnit les blessures et les traits contractés de la morl : « Voyez, mon fils, les maux de la guerre ! apprenez ce que coûte une victoire! n Et le dauphin avait des larmes dans les yeux; le carnage avait été ellroyablc, le canon avait labouré les rangs; ici, couchés sur le champ de bataille, des officiers anglais avec leur habit rouge a côté des mousquetaires noirs et gris, tous étendus roides morts. Le soir même, les blessés furent ramassés, et eonmie on demandait au roi ce qu'il fallait faire des ennemis, il répondit : « Qu'on les truite comme mes propres troupes. » Et riuimanité Irançaisese révéla partout dans l'admirable courage des capucins et des saintes filles qui accoururent de tous les côtésde la France pour soigner les blessés dans les hôpitaux de la frontière, depuis Lille jusqu'à Anvers et Ypres; on déchirait ses vêtements, bg^,. linges précieux , ses voiles , pour faire de la charpiaJ