CHARLES-EDOUARD EN ECOSSE (1745). %)S
prince Edouard se liâta d'informer de ses succès le cabinet de Versailles; il écrivit à son royal oncle: a Espérant avant peu une restauration qui lui permettrait de dater ses lettres d'Edimbourg et de Londres; loule l'Ecosse était soulevée, l'usurpateurGeor- Q[es 11 serait renversé, il lui demandait quelques secours pour l'appuyer moralement dans cette guerre. » Les récils qui arrivaient de l'Ecosse étaient bien de nature à exciter un vif intérêt dans une cour aussi clievateresque que le Versailles de Louis XV; les Sluarts, parents et alliés des I!ourbons, étaient tombés parce qu'ils avaient paru trop unis à la politique de Louis XIV, On avait donc sympathie pour cette noble cause, indépendamment des molifs diplomatiques plus graves encore: devait-on négliger la cause du prince Edouard, sujet de discorde civile et d'affaiblissement pour la Grande-Bretagne? La guerre se con-
»i digne de régner, ne fait cette dcmarchc auprès de la aalion aaglaise que dans le dessein et dans l'assurance de pacifier par làTA-Dgleterre et l'Europe, pleinement convaincu que le sérénissime prince Edouard met sa confiance dans leur bonne volonté ; qu'il regarde luurs libertés, le maintien de leurs lois et de leur bonbeur comme le but de toutes ses entreprises, et qu'enfin les plus grands rois d'Angleterre sont ceux qui, élevés comme lui dans l'adversité, ont mérité l'amour de la nation.
•r C'est dans ces sentiments que le roi «ecourt le prince qui est venu se jeter entre leurs bras, le lils de celui qui naquit l'héritier légitime des trois royaumes, le guerrier qui, malgré sa valeur, n'attend que d'cui et de leurs lois ta conArniation de ses droits les plus
linuail avec l'Aûglelerre après Fontenoy; a'é pas une grande diversion que de faire soulever TÊcosse contre le gouvernement des whigs? L'expédition du prétendant, si elle élaîl couronnée de succès, amenait la ruine du plus puissant ennemi de Lotiis XV j et en considérant la question sous le simple point de vue matériel, on pouvait, en secourant Charles- Edouard , amener un traité plus facile et plus utile avec la maison de Hanovre. Ces raisons parurent puissantes , et le cabinet de Versailles décida que l'armée de Normandie serait portée à 22jO(K) hommes, composée surloiit d'Écossais, d'Irlandais, d'Allemands, sous le duc de Richelieu ; outre Tintrépidité naturelle du gentilhomme, on avait recherché quelque sympathie de caractère ; le prince Edouard élail galant, brave, comme le duc de Richelieu ; il y avait dans cette télé aventureuse de Charles-Edouard quelque
sacrés, tjai ne peut jamais avoir â'inléréte que les leurs, et dont les vertus eaba ont attendri les âmes les plus prévenues contre sa
« Il espère qu'une telle occasion réunira deux nations qui doivent réciproquement s'estimer, qui sont liées naturellement par les besoins mutuels de leur commerce, et qui doivent l'être ici pour les intérêts d'un prince qui mérite les vœux de toutes les nations.
a Le duc de Richelieu, couimandant les troupes de Sa Majesté le roi de France, adresse celte déclaration i tous les fidèles des tniiï royaumes de la Grandc-Brcliiguc, et les nssure de la protection conslatitc du roi son maître. Il vient se joindre à l'iiérilier de leurs mciens rois et répandre comme lui son sang pour son service. »