‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 77 sur 114 · ESPRIT PUBLIC · texte numérisé non relu

ESPRIT PUBLIC

victoires de Louis XV, elle ne pressait point les négociotions pour la paix ; le progrès des méconteotements était pour elle comme un motif d'éloigner toute pacî- 0cation trop active, sûre qu'elle était qu'on ne pourrait aller longtemps. Les querelles de partis s'échauffaient en France; la résistance des jansénistes et du parlement était un mobile incessant de troubles ; il est rare que les corps et les partis conservent et maintiennent un sentiment de nationalité même en face de l'étranger; les assemblées sont généralement mesquines, parcimonieuses; comme elles ne portent pas en histoire la responsabilité de leurs actes, elles les empreignent de quelque chose d'étroit et de vulgaire ; les partis oublient pour leurs haines les intérêts du pays qu'ils déchirent. Toutesles foisque le parlement pouvait se plaindre et murmurer, il n'en laissait pas passer l'occasion, et les jansénistes auraient cédé une ou plusieurs provinces à condition de ne pas admettre la bulle Unigenilus et de canoniser le bienheureux M. Paris.

Ces criailleries portaient l'incertitude et le doulc dans le conseil du roi ; tandis que la noblesse et le paysan se sacrifiaient aux frontières et tombaient devant le canon ennemi, la bourgeoisie, les parlementaires , les jansénistes démolissaient pièce à pièce la gloire des armées et criaient contre tous les sacriGces qu'imposait une guerre nationale. Il n'y a rien qui démoralise un pouvoir comme les allnques

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perpêloelles des opinions; il doote de Ini-mèoie^ ses suecès, il dt«ire [a fio d'uoe situalion même glorieuse poor échapper à ce bourdonDemenl coolînn des partis irrités, el c'est ce qui pous&ail le conseil du roi à bâter tes ouvertures des cooféreuces pour la paix. Ajoutez â cela les eoojuratioDS des débris du parti prolestaut enFraoee d'accord avecles Anglais elles Hollandais, dans lebutdefavoriserroccupalîon duPoilou el des CévenDes par l'étranger, et d'obtenir le triomphe de ses idées religieuses. L'expédition du prince Edouard en Ecosse jusliûait les mences du cabinet britaonique pour soulever les mécontentements en France. <|ue le cabinet de Versailles avait favorisé le pi Edouard pourTinsurreclion des montagnards écossai il devenait oaturel que l'Angleterre excitai l'irritatioD des vieux paysans de la Guyenne et des Céfennee '. Ce parti des huguenots si anii-nalional n'avait cessé d'être en rapport avec l'Angleterre, la Hollande el Genève; la vieille image de Coligny restait suspendue à cûté de Parquebuse des ancêtres sur le bahul lie la chaumière. Quand Louis XIV s'était déterminé h prononcer vigoureusement la révocationde l'édit de Nantes, ce n'avait pas été seulement à cause de ses

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■ ■ Le projet des Anglais, pendant que les Autricluetis dëvastiicnl b Proveuce, était de ruiner le pori dcLorient et avec lui la Couipi* gnic lies ludcs, de se rendre maîtres de Port-Louis, de m&lrt li tlretai;ne à contribution et de faire soulever les calvinistes vert La Itoclielle, comme dani le Languedoc elle Daaphiné.a

MENÉES DES BUGUBHOTS (1746).

croyaDcesreligieusesexaUéesparl'approcfaedelamort, maïs encore parsuile de la connaissance positive qu'on avail obtenue sur les rapports de la faction huguenote avec l'étranger ' ; le pouvoir avait été bien eruel envers les protestants, et peut-être celle rigueur juslifiait-elte leurs intimilés cou|mbles avec l'élranger. Toutes les émigrations peuvent trouver une excuse , les calvinistes persécutés continnaient leurs relations secrètes avec les exilés de Genève, de Hollande et de Prusse, parce qu'ils étaient sous le coup d'un système ennemi. Ce îul en partant de ces données certaines sur le mécontentement public que les Anglais résolurent un débarquement entre Quiberon el La Rochelle, en portant au eœurde la monarchie française la sédition et la guerre civile, comme les Français l'avaient eux-mêmes excitée en Ecosse, par le débarquement du prince Edouard. Il avait été question un moment à Versailles de rendre l'état civil aux protestants, de rappeler tous ceux que la révocation de redit de Nantes avait exilés ; mais la connaissance parfaite de ces rapports avec les Anglais empêcha cette mesure qui aurait été dès lors comme une concession au parti de l'étranger en France. Quand la guerre éclate avec violence, il est difficile de ne pas réprimer par des lois fortes, injustes même, le parti <|UJ se lie aux ennemis de la patrie, et c'est ce qu'on

' Voye» les pièces justificatives en note de mon Louia XtF, tomn V et VI.

vit dans une révolution politique qui proscrivit inflexiblement, quelques années plus tard, d'autres malhei

reux émigrés.

Ainsi la situation difficile de rintérieur coi mandait la paix; le cabinet de Versailles recevait également de mauvaises nouvelles sur les dispositions actuelles de l'Europe. Le roi de Prusse venait d'accomplir son arranjjement avec la coalition, abandonnant pour la seconde fois la cause commune qu'il avait embrassée ; il signait inopinément un traité avec Mai'ie-Tliérèse et l'Angleterre '. Cette trahison de la Prusse à l'égard de la France rendait disponible toute l'armée autrichienne qui se portait sur l'Italie; cette armée n'avait à combattre désormais ni les Prussiens, ni les Bavarois, ni les Français sur le Rbin. Elle pouvait donc se précipiter sur les Français et les Espagnols au delà des Alpes, opération militaire facile avec l'alliance du Piémont. Il se trouvait aussi que l'armée espagnole était arrêtée dans son mouvement par un événement funeste pour sa monarchie; Philippe V venait de mourir; pendant la guerre actuelle ce roi avait agi fermement de concert avec la France; mais dans le doute et l'étonnement qui suivit cette mort,

' « Quand il fui qiieatioD de faire la paix, Frédéric II dil auiÂn-

glais, qui se proposaient pour médiateurs : n Vaila mes conditioni ; je périrai avec mon armée plutôt que d'en rien relâcher ; et si l'impératrice ne les accepte pas, je hausserai mes préteittioiis. ■ La paii fut au reste signée à Dresde le 25 décembre 1746.

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