‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 80 sur 114 · L0III9 XV · texte numérisé non relu

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deux ou trois brigades couvrent Toulon et la de Marseillej on convoque la milice en toute hâte; le maréchal de Maillehois fait un appel à la Doblesse presque toute occupée en Flandre. Chaque jour les alliés font de nouveaux progrès; Marseille et Aixsont dans l'eifroi ; Touloa a ses batteries armées, et le temps est venu pour la ville forte de se défendre. A Versailles, on est inquiet, et le roi détachant quelques régiments de l'armée du llhin conûe le gouvernement supérieur de la Provence au maréchal de Belte-lsle. Ce grand organisateur convoque la noblesse et la milice, le ban et l'arrière-ban, et, par un prodige, en moins de quinze jours, il se trouve à la tète d'une armée capable de prendre l'offensive '.

Les moments sont précieux , l'ennemi perd sea moyens decoinmunicalion ; il a trop humilié Gènes, et Gènes se révolte 1 Les Hls des Doria , des Grimuldi,

' a Lorsque le maréchal de Belle-lsle arriva eo Provence (ifl janvier 1T47J, les alliés avaient formé le siège d'Aiitibes. Les Anglais 1] bombardaient par mer, tandis que les Autrichiens en faisoioDl le siège dans les formes. On u'avait point de marine à Toulon en élat de résister aux Anglais maîtres de la Méditerranée. Les cûlcs n'étaient défendues que par des miliciens elTrayéa ) les troupes, sans discipline, s'arrachaient le foiu et la paille, les DiuleLs du vivres mouraient huit de Dourriture; les ennemis avaient loul , rançonné , tout dévasté du Var à la rivière d'Argens et de la Durance. Enlin les renforts étant arrivés et secondé du marquis dt la Mina, le maréchal de Btlle-Isie lit lever le siège d'Anlibe;..} ts adroits de sou armée, il fit craindre ■

["PSSVENCE DÉLIVRÉE (1746). £57

des BrigQolIe, n'ont pu Bubir l'insolence des Allemands. Au pied de la statue de leur vieux doge, dans les admirables villas ravagées, ils prennent tumultueusement les armes, ebasscnt les Autrichiens dans les mootagnes; Gènes demande alors secours su roi de France, et le marécbal de Richelieu vient prendre le commandement de la cité républicaine '. Dès ce moment l'armée austro-sarde, inquiète sur ses communications, hésite dans ses mouvements; les alliés sont harcelés par les Français qui font la guerre de partisans. Le maréchal de Ëelle-Isie , avec son vasie instinct militaire, sait que l'instant est venu d'ogirj tandis qu'il fait une marche de front, comme s'il allait attaquer l'armée austro-sarde sur la rivière d'ArgeoB, il détache deux ou trois brigades qui marchent droit du côté des Alpes et viennent se placer sur le Ûanc des coalisés. Tout à coup, la nouvelle en arrive au camp de l'ennemi; il s'imaginequ'il est coupé etque

Drown, gi^néral des enUËinis, de se trouver cofoDcé en Provence MQB espoir de retour; ce qui l'obligea de repasser le Var ta désordre et avec précipitation, laissant aiu Français une partie de son artillerie et ses munitions, n

> « Le duc de Riclielieu fut nommé pour remplacer à GËneg le duc de IlouCilcrs; il empËcba celte ville, jusques a la paii, de retomber au pouvoir de la reine de Hongrie. En reconnaissance, il fut ' fait noble génois, ioacril sur le livre d'or, et on lui érigea une statue dans cette immense et superbe salle du palais du doge, cil tigu. rciit tous les grands liomiues qui oui dclcnilu ou illustré la répU' blirjuc. ..

ee corps d'armée détacbé de TAlsace et de la Lorraine peut lui fermer toute communication avec l'Italie.

La révolte de Gènes vient augmenter celte anxiété; le maréchal de Belle-Isle en profite encore pour essayer un mouvement général sur la ligne éclairée par des myriades de partisans ; l'ennemi se met alors en pleine retroite, il ne s^inquiète que des ponts du Var, il les traverse en désordre , et cette armée d'invasion se disperse semblable à ta nuée malfaisante qui pendant l'orage a troublé un instant la pureté du ciel. Des vieillards à la fin du siècle dernier, rappelant encore le souvenir de l'invasion des Autrichiens en Provence , indiquaient en gémissant les traces profondes que l'ennemi avaitlaissées; Hyères etsesbeaui orangers furent ravagés, Grasse se racheta du pillage, et quelques jours encore, Ais et Marseille succombaient. Le maréchal de Belle-Isle déploya celte activité etce génie qui ne Tabandonnèrentpas un moment dans les guerres de Louis XV ' . Partout il se montra l'or-

' Oq fit sur le maréchal de Belle-Isle lorsqu'il fut envoyé en Provence ce distique latin :

On le traduisit ainsi :

Viens, B«lle-li

la ProTeDcc alarmée,

ATTAQUE CONTRE LA BttBTAGNB (1746). 2âd

ganisaféur intelligent des armées en face de Tinvasion et riiomme de guerre Biipéneur.

Si la Provence était ainsi délivrée par un effort spontané des populations , la Bretagne montrait une même énergie pour repousser l'ennemi. C'était sur le port de Lorîent que les Anglais voulaient d'abord porter leurs coups; Lorient, le siège de la compagnie des Indes, [a rivale de la domination anglaise sur le Gange: brûler ses établissements était dans les projets du cabinet de Londres; l'incendie est un de ses grands moyens d'effroi et de destruction ; la Bretagne était mécontente , on la soulèverait. Une autre expédition serait dirigée vers La Rochelle; des corps de réfugiés protestants, organisés en Hollande, pénétreraient dans la Guyenne et feraient un appel aux Gévennes et au Poitou; une invasion anglo-calvinista devait ajouter la guerre civile aus maux de Tinvasion et miner ainsi le gouvernement de Louis XV. Ces projets ne pouvaient réussir qu'à l'aide d'un débarquement de la marine anglaise et d'une insurrection en Bretagne. Depuis le mois d'août on voyait cingler devant le Port-Louis une flotte anglaise aux grandes voiles*; les vieux marins sur le rivage comptiiient

' On pouvait juger de l'état de la câte lorsque les ennemis y parurent par ce qu'en écrivait un vieil officier qui coinmaiidait au Porl-LouiB. * J'ai aperçu, dit-il, le 29 leplembre une flotte qui se multiplie i l'inËni; mais je rësiateni aisément h celle nation knglicane. u Le ! octobre il écrivit : n Ils sont descendus à Pol- '

55 vaisseaux de haut bord, portant près de 5,700 canons en batterie ; it n'y avait à Lorient qu^uDc faible garnison, les milices seules gardaient la Bretagne; les régiments étaient à l'armée active. Tont à coup, et an milieu de la nuit , un premier corps expéditionnaire sous les ordres du général anglais Sinclair, débarque à une lieue de Fort-Louis, sorte de forte^ resse en avant de Lorient. Le feu commence terrible sur Lorient, l'amiral Lestock croise devant )e port et seconde l'expédition de Sinclair. Les milices, hésitantes d'abord , prennent spontanément les armes , et les Anglais sont forcés de se réembarquer en toute hâte ; ils veulent en vain tenter une expédition contre Quiberon , la Bretagne est en armes , la noblesse en tète; les Anglais cherchent à jeter des machines infernales pour incendier les ports de la côte , on les repousse parle canon; refoulés sur la pointe de Quiberon, ils y éprouvent des pertes considérables et se réeaibarquent encore confusément. Triste souvenir à rapprocher ! cinquante ans après, ils devaient y laisser périr la fleur de la noblesse et de la marine de France! Ce mauvais succès en Bretagne arrêta Tennemi ; les provinces étaient prévenues , les côtes bien gardées , depuis les Pyrénées jusqu'à Dunkerque ; on surveilla plus attentivement les débris du

duc avec troia cent cinquante barques pktes et cinquante-huit vaisde guerre. Si l'on avait des (usilii ou les baltrail, nuiis les pajsans n'ont que des fourches, u

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