DESIR DE LA PAIX
parti calviniste en France. Le cabinet de Versailles fut informé par ses intendants que les garettes hollandaises et anglaises avaient pénétre dans le Languedoc , ia Guyenne et les Cévennes, pour appeler les protestants aux armes et favoriser Tinsurreetion.
On ne s'étonne plus dès lors que Louis XV au milieu de ses victoires de Flandre désirât ardemment la pais ; il marcliait sous la tente accompagné do M. Dulheil, premier commis des affaires étrangères, alors le chef de son cabinet personnel, prêt à négocier avec tous les états qui viendraient à lui. Il ne se confiait plus exclusivement à ses ministres; il avait sa politique privée, et avec sa sagacité habituelle, il avait très bien deviné que la paixdevaitnécessaireinent arriver par la médiation de la Hollande. Les États- Généraux, les fournisseurs d'argent et d'emprunt devaient se fatiguer d'autant plus vite que le théâtre de la guerre se rapprochait de leur frontière. Lie parti de ia guerre à La Haye, à Amsterdam, faisaitson dernier effort par la création du statboudéral en faveur du prince d'Orange ' ; mais les Hollandais, commer-. çants, bailleurs de fonds , ne voulaient pas compromettre le sort de leur république pour des intérêts étrangers. Celte position particulière, le cabinet de
> Le prince de Nnisaa tut déclaré sUtliouder, amiral et capitaiuegénérsldes Provinces-Uoies le 2 mai 1717, d'abord par le peuple, ensuite par les États-Généraux et par toutes les provinces.
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Versailles l'avait comprise, et comme la paix ne pot vaïl venir que par la IloUande , il fallait forcer les Étals-Générauï à la demander et même à l'imposer aux coalisés; ils étaient comme les intermédiaires naturels de toute négociation générale. Le roidevaitliâter les opérations militaires en Flandre, de manière à menacer bientôt l'intégralité et l'indépendance des États-Généraux. Ordre fut donc donné de continuer avec vigueur l'invasion de la Belgique, et de porter les hostilités jusqu'à La Haye et Amsterdam.
Jusqu'ici la guerre s'était renfermée dans la Flandre proprement dite ; le maréchal de Saie s'était hSlé d'investir Bruxelles; la santé lui était revenue pour ainsi dire avec la victoire ; il menait toujours joyeuse vie avec madame Fuvart , la spirituelle actrice à qui la scène fut redevable de si gracieuses compositions pendant son séjour en Flandre. A Lille, le maréchal de Saxe donnait un bal magnifique aux dames *, lorsqa'il lut une lettre aux bougies, et s'écria en souriant: « Bruxelles en ce moment est investi ; dans quelques jours la ville sera au roi. » En effet, Louis XVy ûtson entrée, et te comte de Lowendall lui présenta les clefs de cette cité, siège alors du gouverneur autrichien. On
' n Le maréchal de Saie ^tail retourna ea Flandre, où il ae scnibtaitE'occuper que des plaisirs de l'hiver et du carnaval. Une belle nuit même qu'il dauoait un bal aui dames de Lille, il fit inTeslic Bruxelles ; il ouvrit la traochëc quelques jours après (3S janvier 17tG), et poussa les travaux avec tant de vivacité, malgré la ri
conliaua de se haUre tout l'été, les périls de la situation avaient engagé rAiilriclie à opposer rarchiduc Charles de Lorraine ou maréchal de Saxe; une armée autrichienne s'avançait nombreuse, avec cette promptitude de la guerre qui n'admet aucun délai. Le maréchal de Saxe avait demandé un armistice pour l'hiver, le prince Charles répondit: « Non; je n'ai ni ordre ni conseil à prendre de vous. » — « Eh bien , c'est ce que nous verrons, dit le maréchal, nous ne sommes pas les Turcs, h La noblesse réunie au camp était si joyeuse que la veille où elle devait livrer bataille, madame Favart vint dire gracieusement sur la scène : « Messieurs, demain relâche, à cause de la bataille' ; après-demain nous aurons l'honneur de vous donner un opéra tout nouveau. » Et la salle entière sourit et applaudit à tout rompre. La bataille n'était pour tous ces jeunes gentilshommes qu'un relâche pour le plaisir ; demain la mort, après-demain l'amour.
Le maréchal de Saxe tint sa promesse, et dès le soleil s'engagea la bataille] de Raucoux, bien supérieure comme conception à celle de Fontenoy, car elle fut
de la saison, qu'en moins de quinze jours la ville fut obligde de capituler et dt: laisser entre les moins du roi une garnison de 9,000 horomes prisonniers de guerre. »
Noa» ne BODRConi qt
gagnée par des manœuvres habiles et une tactique re^l marquable, sur les Autrlcbiens, les Hollandais ef les Anglais. Ce fut l'afTalre de quelques heures; les Hollandais lirenl de grandes pertes, 42,000 hommes restèrent sur le terrain et 7,000 demeurèrent prisonniers '. A Fonteooy le succès fut cbèrementacbelé, et à cette nouvelle bataille les Français ne perdirent presque personne, car ce fut un combat de savante stratégie. Les alliés ûrent leur retraite rapide et la Flandre entière fut au pouvoir des Français.
Maintenant la Hollande va être entamée ; le prince de Nassau a été déclaré stathouder, sorte de dictature militaire, et le parti anglais jette des subsides et des promesses de secours. La campagne recommence, Louis XV vient de nouveau se mettre à la télé de ses armées; il gagne en personne sur le duc de Cumberland la bataille décisive de Laufeld, et les Anglais, refoulés les uns sur les autres, sont obligés de se réembarquer à la hâte ; Tarmée française s'élance versBerg-op-Zoom ' , undcs boulevards de la Hollande;
' Voltaire, après la bataille dame de Pompadour :
Quand
E RauCDUi, envoya cea \
r, ce héros cbarnignl,
rut (ouïe idolllre.
GagDsil quelque combat brlllsul, Od eu fniull ton compUment A la divine aâopave.
■ Berg-op -Zoom fut prise d'assaut le 15 septembre I74T, d