‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 82 sur 114 · CAMPAGNE DE BELGIQUE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE BELGIQUE

la placfi qu'on? appelait la Pueclîe est enlevée après soixante-quinze jours de tranchée; l'arlilleriâ si savante du comte de Lowendall a fait merveille. On menace Maëstriclit , Luxembourg et Breda. La Hollande s'agite toute inquiète, parce qu'elle voit bien que la guerre va maintenant se porter sur son territoire et qu'elle en subira tout le poids'. Sur la droite, l'armée coalisée du prince Charles a été refoulée par la bataille de Raueoux jusque sur l'Allemagne; à gauche, les Anglais du duc de Cumbcrland sont acculés à la mer ; il n'y a donc plus d'armées auxiliaires; l'Allemagne et la Hollande sont également ouvertes, et le roi ordonne déjà même un mouvement de concentration pour se porter sur Amsterdam.

La guerre avait donc été jusqu'ici parfaitement conduite ; au nord, les succès les plus éclatants en Flandre ; au centre, l'Alsace et la Lorraine couvertes par la retraite du prince Charles et la neutralité de l'Allemagne, déclarée depuis quelques jours à Francfort. Dans le midi, l'invasion austro-sarde était refoulée

soiiante-quinze jours de tranchée. On ne put empêcher le pillage, le soldat y fit ud butin considérable.

' H Les Hollandais ou plulâl la république était divisée en detu partis. Les néjfOciaDts désiraleot sincèrement k paii, nmis la noblesse, animée par la faction d'Orange qui se Qaltait avec la continuation de la guerre de voir un cliangement d'administration, de profiter des troubles el de s'agrandir, était opposée au.i premiers et l'emportait. ■ (Affaires diphmaliques , ni7.]

au delà des Alpes; sur les côtes de la Bretagne et de la Guyenne, le débarquement des Anglais avait échoué. Partout doue des résultats remarquables.

Daus cette merveilleuse situatiou des affaires à l'extérieur, on pouvait espérer de bonnes conditions pour la paix ; si, le cabinet de Versailles avait été livré à sa libre impulsion, il eût obtenu des concessions faciles, comme pour la paix de Vienne. Mais l'intérieur était si agité, si énervé 1 11 n'y avait plus d'argent; les grandes armées avaient épuisé le trésor et dépeuplé les campagnes; on ne pouvait plus aller; la France était comme une femme malade, impuissante pour supporter de brillantes et lourdes parures. Et pnJs les partis n'étaient-ils pas vivaces? mille oppositions se faisaient entendre : ici, les parlements multipliaient les remontrances, et les hommes de parole paralysaient les hommes d'action ; là , les jansénistes publiaient des pamphlets, tandis que les protestants s'agitaient dans l'espérance d'une guerre civile. Les états périssent rarement par l'excès de pouvoir, mais par les criailleries des mécontentements ; l'opposition rapetisse les intelligences, ramollît les cœurs et les âmes ; elle leur enlève cette empreinte de nationalité, la plus noble qualité des peuples !

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