CHAPITRE X
€,iU$E^ E,T PRÉPARATIFS 1^ TRAITÉ DE PAIX D'AIX-
lA-GHAPBLLE.
Ambassade de Fabbé de LaviUe à La Haye. — ^De M. Yassenaër auprès da roi Louis XY. •— Les conférences de Breda. — Mission du marquis d.e Puysieux. — Il devient ministre des affaires étrangères. — Remplacé à Breda par M. Dutheil. — Esprit du gouvernement hollandais. •— Tendance au stathoudérat. — Ressentiment de rEurope contre Louis XY. — Haine personnelle de l'Angleterre. — La reine de Hongrie. — Fixation d'une ville pour le congrès. — Trêves. — Cologne. — Aix-la-Chapelle. — Envoi du comte de Sandwick. — Information donnée sur la véri^}>le situation de la France. •— Sur le besoin de la paix. — Traité de subaîdes QBtre FAngleterre et le cabinet de Saint-Pétersbourg. — lUarches dcis Russes sur la Franconje. — Principes de la cour de Yersailles.— Les alliés. — Bases proposées païf la cour de Yienne. — Projet des Anglais. — Contre-projet des Hollandais. — Exigence des whigs sur le prince Edouard. — La pragmatique sanction. — Clauses du traité d'Aix-la-Chapelle. — Evacuation des P9if « cfmq^ifl^ — Artioles secc^.
La pensée politique de Louis XY et de son chef de cabinet secret , M. Dutheil , avait toujours été : « Q«e la paix de TEiirope viendrait par la médiation
de la Hollande. » Tout en faisant la guerre active PrOTÎnces-Unies et en menaçant Amsterdam et Haye, le roi n'avait pas cessé un moment de négocier avec elles ; l'abbé de Lavllle, ministre plénipotentiaire à La liaye ne quitta même pas son poste, et cVst peulêlre le premier exemple d'un ambassadeur restant auprès du gouvernement en guerre avec le prince qui l'avait accrédité. L'abbé de Lnville avait pris pour prétexte des négociations commerciales , et la considération personnelle dont il jouissait inspirait confiance autour de lui. M. Dulheil lui écrivait : h Remontrez à la Hollande qu'elle joue un rôle de dupe avec l'Angleterre et PAIlemagne. Nous sommes ses amis naturels '. »
De leur côté, les États-Généraux avaient saisi toutes les occasions d'envoyer des négociateurs auprès de Louis XV; à cbaque ville prise, à cbaque bataille gagnée par le roi, on voyait arriver sous les tentes un membre des États , quelque bourgmestre ou quelque noble, qui, sous prétexte de réclamations, prétait
' L'abbé de LsviUc, ministre deLouisXV k La Haye, litpréseï
aui Elats-GénéraujE (17 avril ITtT) une déclaration portant en sLince i que de la même manière qu'en 1741 ils ont envojii les plaines de Lille c( de Cisoing, sur le territoire de France, 40,000 bommes de leurs troupes, sans prétendre faire la guérie au roi, S. M. se trouvant forcée par les circonstances et pour la, sûreté des conquêtes qu'elle a faites sur la reine de Hongrie , Ht-î (aire entrer ses troupes sur les terres de la république, n'i
rcille aux ouvertures de la France pour la pais. C'est qu'en effet tout le poids de la guerre était tombé sur la Hollande; depuis Touverture des trois campagues la France avait fait 55,000 prisonniers hollandais, et les cartels d'échange servaient de prétexte à des négociations plus intimes. Le roi Louis XV, fatigué de la guerre, ne demandait pas mieux que d'y mettre un terme par un traité, il eu manifestait haut l'intention, et la médiation de la Hollande lui paraissait un moyen efficace pour arriver au but désiré; on pouvait dire en quelque sorte que la France abîmait la Hollande, afin de la forcer à intervenir pour assurer la paix '. Les États-Généraux se divisaient alors en deux partis; l'un voulant conserver le gouvernement pur et républicain, l'autre cherchant à créer une dictature en faveur d'une famille qui avait rendu de grands services à la Hollande ; le stalhoudérat n'était à vrai dire qu'une fonction militaire, la suprématie d'un soldat ; par cela seul, la puissance républicaine s'abdiquait ; on avait vu déjà des stathouders sous te règne
point inteniion de rompre avec elle, mais seulement de prévenir les daDgcreui effets de lu protection que la république accorde aut troupcK de la reine de Hongrie, leur promettint de ne regarder Ica pays et les places que les troapcs de 5. M. seraient forcées d'occuper pour leur propre sftreté, que comme un dépôt qu'elle s'engage e rcstilucr aussitôt que les Provinces-Unies ne loumiront plus de rs k SCS ennemis. ■
s Hollandais dépuiËienl à Veri^ailles le coiiitc de Wasse-
de Louis XIV j Guillaume 111, qui monta sui d'Anglelerre, le chef de la maison d'Orange, pas simple slatlioudcr des Pays-Bas ? L'Angleterre poussait à la constitution d'une dictature , par le motif qu'intimement alliée de la maison de Nassau, elle pourrait plus facilement dominer les Ëlats-Généraui par le stathouder même ; et puis la dictature devait donner plus de force, plus d'énei^ie, au principe du gouvernement au moment des crises. La système anglais prévalut un moment à La Haye , et le prince Maurice de Nassau fui élu stalbouder des Provinces- Unies. Mais telles étaient la fatigue de guerre, les plaiotes des marchands , l'insistance des bourgmestres, que Maurice de Nassau fut obligé lui-même de se rapprocher du cabinet de Versailles et d'offrir cette grande médiation que Louis XV désirait avec ardeur pour avancer l'œuvre de la paix.
Dès l'origine des hostilités quelques plans préparatoires avalent été proposés par la France h la Hollande, afin d'en finir avec une guerre trop prolongée. M. de Puysieux reçut une mission officielle pour La Haye et
naer, en qualité de ministre plénipoientiaire. D était chargé ie déposer dans le sein de S. M. Jeur douleur, leur crainte et leur confiance. Il eut audience le 27 (ëvrier 174(1 j il reçnl de nouvelle» assurances des bonnes Inlentians du vainqueur, mais il n'obtint aucun changement au plan d'opérations formé. Le 20 avril, M. (^lk*i autre député de la république, pour de nouvelles instances et 4 nouvelles propositions, n'eut pas plus de crédit, n