TRAITÉ D'AIX-LA-ÇHAPELLE (OCTOBRE
eux. La rédaction définitive des actes fut confiée à M. Dutbeîl qui avait conquis sur le congrès une grande influence; ilcorrespondaitdirectementavecLouisXV; chaque dépêche lui était personnellement envoyée, et le roi, a son tour, annonçait lui-même h M. Dulheil le succtis de ses armes. Le congrès se tenait durant la campagne active, et dans ces sortes de négociations armées, tout événement heureux ou mallienreux de la campagne modifie les propositions des plénipolenliaires : chaque jour, c'était pour la France une ville |irise, une bataille gagnée ; pour TAnglelerre , une victoire navale ou unéchecdesvaisseausfrançaisdans les colonies; on était h l'affût de chaque nouvelle; l'espéditionderamiralAnson occupait tous lesesprits; liien que les colonies espagnoles se fussent vivement défendues, l'amiral anglais revenait avec un butin immense. Dupleix et La Bourdonnaye à leur tour avaient fait merveille dans rinde; les établissements français n'étaient pas en danger; loin de là, on avait menacé les comptoirs anglais; l'expédition sous pavillon britannique à rile Saint-Domingue s'était bornée h la prise de Porl-Louis; et chacune de ces nouvelles donnait plus ou moins de fierté aux plénipotentiaires.
beau qu'une tËtc couronnée puisse obtenir, et le seul qui pouvait manquer à votre gloire.
<r Mais aucun d'eut ne senlira mieux que moi le prix qae votre personne y ajoute, ni quel est le bonheur de vout devoir ce que tous s doivent désirer Je plus, iLaun. u
Cependant, au mois d'octobre '1748 , les bases déj nitives furent posées à A)x-la-Cbape!le dans un traité solennel' : l'Angleterre et ta France restituaient toutes leurs conquêtes, les deux puissances se remettaient dans la position où elles étaient ante beîtum : ainsi li?g colonies conquises par TÂngleterre étaient rendues à la France et à l'Espagne; seulement on renouvelait les traités de commerce qui assuraient à la Grande- Bretagne une partie des déboucbés des colonies espagnoles. L'infant don Philippe acquérait les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla ; le duc de Modène était rétabli dans ses états, avec ses droits et ses prérogatives; le roi de Sardaigne voyait s'agrandir tout ce que le traité de Worms lui avait cédé ; Gênes reprenait non seulement la souveraineté sur la ville, mais encore sur tous les territoires qui en dépendaient anciennement. Le roi de Prusse s'assurait la Silésie et le comté de Glalz. Telles e'taient les stipulations territoriales et matérielles. Ensuite venaient les garanties morales que donnait chaque puissance pour le maintien de l'hérédité suocessoriale dans chacune des lignes; la France, l'Autriche, la Prusse et la Hollande garantissaient à la maison de Hanovre la légitime succession au trône d'Angleterre. La conséquence de cette clause était l'abandon absolu de la maison des Stuarls, stipulé dans deux articles secrets : par te
' Collection diplomatique des traib!s (174B).
T8A1TÊ d'aix-la-chapelle (octobue 1748). 293
premier, la Franue s^eiigagealt à expulser le prince Edouard non seulement de Paris, mais encore de son terriloire, de manière à ce qu'il ne pût troubler la paix de FAngleterre, et cela dans les trois mois. La seconde clause insérée dans le traité d'Aix-la-Ciiapelle, c'était la recoanaissauce du grand-duc de Toscane comme empereur d'Allemagne, conjointement avec Morie-Tbérèse; et pour cela la Prusse, la Saïe, la Bavière assuraient leur concours ; et aûn qu'il o'y eût plus rien de douteux, le roi Louis XV devait écrire uoe lettre autographe à l'empereur et à l'impératrice , eu leur donnant le titre de majestés impériales ; il écrirait aussi une lettre de félicitations à Geoi^es II , roi d'Angleterre, afin qu'il fût bien constaté que toutes les illusions du prétendant étaient anéanties. Ces bases préliminaires d'Aix-la-Chapelle , converties en traité définitif, devinrent comme des additions au traité de Vienne. Elles mettaient fin à la guerre opiniâtre, acbarnée, qui avait usé successivement toutes les forces de l'Europe.
En examinant avec quelque attention ce traité d'Aix-la-Chapelle , on voit qu'il changeait peu la circonscription ternloriale de l'Europe. Après tant de sang et de trésors répandus , chacun rentrait dans ses limites, sauf la Prusse, la Sardaigne et l'Espagjie, qui acquéraient quelques territoires. Mais un grand nombre de questions morales étaient décidées : d'ubord, la cbutc irrévocable des Stuarts; il n'y avait