‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 88 sur 114 · LOUIS XY · texte numérisé non relu

LOUIS XY

Cependant, au mois d'octobre 4748 , les bases définitives furent posées à Âix-la^-Ghape!le dans on traité solennel^ : T Angleterre et la France restituaient toutes leurs conquêtes, les deux puissances se remettaient dans la position où elles étaient anie bMum : ainsi les cqlonies conquises par TAngleterre étaient rendues t la France et à TEspagne ; seulement on renou?eiiit les traités de commerce qui assuraient à la Grande- Bretagne une partie des débouchés des colonies eqM« gnôles. L'infant don Philippe acquérait les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla ; le duc de Modène éitH rétabli dans ses états, avec ses droits et ses prérogati?es ; le roi de Sardaigne voyait s'agrandir tout ee que le traité de Worms lui avait cédé ; Gènes revenait non seulement lu souveraineté sur la ville, mais encore sur tous les territoires qui en dépendaient anciennement. Le roi de Prusse s'assurait la Silésie et le comté de Glatz. Telles étaient les stipulations territoriales et matérielles. Ensuite venaient les garanties morales que donnait chaque puissance pour le maintien de l'hérédité successoriale dans chacune des lignes; la France, l'Autriche, la Prusse et la Hollande garantissaient à la maison de Hanovre la légitime succession au trône d'Angleterre. La conséquence de cette clause était l'abandon absolu de la maison des Stuarts, stipulé dans deux articles secrets : par le

^ CoUection diplomatique des traités (1748).

TRAITÉ d'A[X-LA-CHAPELLB (OCTOBRE 1748). 295

premier, la Franco sViigageah à expulser le prince Edouard non seulement de Paris, mais encore de son territoire , de manière à ce qu'il ne pût troubler la paix de l'Angleterre, et cela dans les trois mois. La seconde clause inséri::e dans le traité d'Aix-la-Cliapelte, c'était la reconnaissance du g^rand-duc de Toscane comme empereur d'ÂlIema^^ne, conjointement avec Marie-Thérèse; et pour cela la Prusse, la Saxe, la liavière assuraient leur concours ; et afin qu'il n'y eut plus rien de douteux, le roi Louis X.V derait écrire une lettre autographe à l'empereur et à l'impératrice, en leur donnant te titre de majestés impériales ; il écrirait aussi une lettre de félicitations à Georges II , roi d'Angleterre, afin qu'il fût bien constaté que toutes les illusions du prétendant étaient anéanties. Ces bases préliminaires d'Aix-la-Chapelle , converties en traité définitif, devinrent comme des additions au traité de Vienne. Elles mettaient un à la guerre opiniâtre, acharnée, qui avait usé successivement toutes les forces de l'Europe.

Ed examinant avec quelque attention ce traité d'Aix-la-Chapelle, on voit qu'il changeait peu la circonscription lerriloriale de l'Europe. Après tant de sang et de trésors répandus, chacun rentrait dans ses limites, sauf la Prusse, la Sdrdaigne et l'Espagne, qui acquéraient quelques territoires. Mais un grand nombre de questions morales étaient décidées: d'abord, la chute irrévocable des Stuarb; il n'y avait

plus (le destinée pour le noble Charles-ËIdoDard ; maison de Hanovre régnait paisible. Ensuite l'avénement de la maison de Lorraine à Tempire mettait un aux prétentions de Félecteur de Bavière sur la couronne impériale. De tout cela il résultait un chanjrement immense dans la position des alliances françaises j le roi Louis XV s'assurait le concours et l'appui d'utiles auxiliaires, car il avait fait tout pour euxj le traité d'Âix-la-Chapelle glorifiait la maison de Bourbon, élevée à son plus haut degré de puissance- il jetait là les semences de l'alliance autrîchienne- celle alliance, en donnant à la France un appui sur le continent, devait raffermir la sécurité de 1b pais ; elle pouvait désormais lui permettre de donner toute son attention h la marine pour engager une grande lutte avec l'Angleterre, ainsi que cela se vit sous Louis XVI,

ECOLE ECONCOllSTB {1740-1750}. 397.

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