‹ Louis XV, et le renversement des alliancesChapitre 147 sur 249 · RESCRIT IMPÉRIAL DU 27 MARS · texte numérisé non relu

RESCRIT IMPÉRIAL DU 27 MARS

droiture , dont la cour impériale aimait à parer ses notes diplomatiques, percent l'inquiétude causée par les lenteurs de la négociation, le doute sur les intentions de la France et le vif désir de lier cette puissance par une convention, dont la signature, plus encore que les stipulations, serait de la plus haute importance.

Avant tout, il fallait mettre fin à l'alliance prussienne (1) : « Que ceci te serve de règle de conduite générale, écrivait-on de Vienne, que notre désir le. plus cher, le but vers lequel nous portons de préférence tous nos efforts , est d'empêcher autant que possible le renouvellement du traité entre la France et la Prusse. Si ceci arrivait même , il est vrai que notre traité pourrait encore se faire , et le traité défensif prussien avec la France subsister en même temps; mais ce serait perdre tout espoir, quant à l'heureuse réalisation de nos desseins secrets , non seulement pour les temps présents, mais encore pour les temps futurs. »

Le rescrit passe en revue les points les plus essentiels du projet primitif, qu'on est heureux de voir remettre sur le tapis, mais dont on ne se dissimule pas les difficultés. Sur la subordination des avantages accordés à la France au recouvrement antérieur de la Silésie , Marie-Thérèse tient le langage le plus explicite : « 11 faut s'efforcer au plus tôt de faire disparaître, pour l'intelligence exacte de l'équivalent de nos cessions consenties , toute ambiguïté et tout malentendu, et d'ajouter la condition expresse que non seulement nos engagements n'auront ni force , ni effet, mais encore devront être considérés comme n'ayant pas été pris, si nous ne parvenons pas, dans et par le traité de paix prochain, à être mis en réelle possession de la Silésie et de Glatz. Dans ce cas, il faudrait que tu fisses une déclaration préalable et formelle à Sa Majesté le Roi Très Chrétien. »

(1) Rescrit impérial 27 mars 1756. Archives de Vienne.

Les bénéfices que la France devait tirer de l'action commune contre Frédéric consistaient, on le sait : 1** dans l'échange, au profit de l'infant don Philippe, de la presque totalité des Pays-Bas autrichiens contre les duchés de Parme , Plaisance et Guastalla , qui faisaient retour à l'Autriche ; 2° dans l'abandon à la France de quelques cantons frontière, détachés du nouvel État.

Comme compensation à ces avantages, on demandait au gouvernement de Louis XV de faire participer ses armées à la lutte contre le roi de Prusse , de prêter son concours financier à l'Autriche et à ses alliés , d'empêcher les Puissances maritimes (et notamment l'Angleterre) de secourir le roi Frédéric. Une opération des troupes françaises contre le Hanovre n'entrait pas dans les plans de la cour de Vienne; aussi objecte-t-elle les complications qu'entrainerait cette entreprise. « Si ladite couronne voulait opérer en même temps en ennemie du côté de la terre et envahir le Hanovre sans autre motif, ce ne fait pas l'ombre d'un doute que le Danemark et les autres cours protestantes ne le toléreraient pas , que la Russie même serait capable de faire valoir ses conventions actuelles en ce qui concerne le Hanovre. »

En résumé, Stahremberg, tout en ne perdant pas de vue les visées ultérieures de l'impératrice, devait poursuivre activement la conclusion de la convention de neutralité et du traité défensif ; pour hâter le dénouement, il devait se servir, auprès des ministres français, des tentatives d'accommodement qui étaient annoncées de la part de l'Angleterre. « Nous devons nous attendre, lui écrivait-on , à voir cette puissance faire tous ses efforts auprès des cours d'Espagne , de Sardaigne , de Saxe et de Russie pour arriver avec nous à une réconciliation et reprendre nos relations d'autrefois, ce à quoi elle est activement poussée d'ailleurs par certaines de ces cours ; et , bien que nous ayons repoussé les représentations qu'elle nous a

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