PROPOSITIONS DE STAHREMBERG
aussi formelle et étendue que dous l'avions demandée, on offrait d'insérer, dans le traité à conclure, un article arrêtant que les cessions à faire, de la part de Sa Majesté l'Impératrice-reine , n'auront lieu qu'après le recouvrement de toute la Silésie et du comté de Glatz , et lorsque L. M. I. seront parvenues à la possession tranquille et avouée des dits États. »
On batailla longtemps sur le texte : Stahremberg aurait voulu le rédiger de manière à y comprendre les subsides à verser par la France , et éviter un remboursement auquel cette dernière n'entendait renoncer que dans le cas du succès. Battu sur ce point, l'ambassadeur autrichien fait réserver la question, et abordant enfin le fond du débat, formule au nom de sa cour les quatre propositions suivantes :
1" Consentement formel de Sa Majesté Très Chrétienne, non seulement à la conquête de toute la Silésie et du comté de Glatz, mais aussi à « un affaiblissement bien plus considérable encore » de la puissance du roi de Prusse;
2° Coopération du roi à ce projet par la mise à la disposition de l'impératrice d'un corps de troupes important;
3° Concours financier du roi, les avances à faire devant être « exposées aux mêmes risques que toute l'entreprise », et ne devant être ni remboursées, ni compensées par un abandon de territoire ;
k° Cession à l'infant don Philippe de tous les Pays-Bas autrichiens, à l'exception du duché de Luxembourg, de Chimay et de Beaumont attribués à la France. Retour à l'Autriche des duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, et renonciation de l'infant à ses droits de succession au trône de Naples.
Stahremberg s'efforce de tirer le meilleur parti possible de la situation. « Votre Excellence verra, écrit-il (1) à
(1) stahremberg à Kaunilz, 18 juillet 1756.
Vienne, que j'ai porté toutes mes demandes au plus haut, et en partie même au-delà de ce que j'en avais eu l'ordre. L'abbé de Bernis n'a pas paru effrayé ni étonné de l'étendue de nos demandes et du peu que nous avons offert à la France en comparaison de ce qu'il espérait obtenir... J'insisterai toujours fortement sur la première condition , qui est celle du plus grand affaiblissement du roi de Prusse. C'est un point sur lequel il m'a paru, depuis le commencement de notre négociation, que nous ne pouvions pas nous relâcher, et je crois qu'il voudrait mieux ne rien conclure que de ne pas nous assurer de cette condition.
« Nous n'obtiendrons jamais la seconde, ou du moins ce ne sera qu'avec de bien grandes restrictions. On ne veut absolument pas entrer directement en guerre avec le roi de Prusse ; peut-être s'y trouvera-t-on insensiblement engagé malgré soi-même et sans savoir comment. Je n'ose même promettre d'obtenir que l'on mette dès à présent une armée en campagne pour empêcher les secours de l'Angleterre et des puissances protestantes. Si l'on s'y détermine, ce sera, pour autant que je puis juger, dans le dessein d'attaquer l'électorat de Hanovre. Je ne sais trop si cela pourrait nous convenir. »
Dans un dernier P. S., ajouté à la dépèche du 3 juillet, l'ambassadeur avait résumé en quelques mots la pensée qu'il attribuait à la cour de France. « Elle croit que le projet peut réussir, sans qu'elle soit obligée à prendre part directement à la guerre contre le roi de Prusse, elle voudrait s'en dispenser. Elle espère pouvoir obtenir sinon la totalité, du moins la plus grande partie des Pays-Bas. Elle ne voudrait pas lâcher cet avantage. »
Vers la fin de juillet, Stahremberg suivit la cour à Compiègne. Il se servit des facilités qu'offraient les relations presque quotidiennes avec les ministres pour activer la négociation. Les conversations particulières qu'il a eues « avec M""" de Pompadour et avec chaque individu du mi-