‹ Louis XV, et le renversement des alliancesChapitre 218 sur 249 · POINTS D'ACCORD · texte numérisé non relu

POINTS D'ACCORD

de préciser l'état des pourparlers. L'accord existait sur les articles suivants :

1° Engagement par la France de continuer les hostilités contre l'Angleterre pendant le cours de l'entreprise projetée contre la Prusse, et d'empêcher toute diversion en faveur de cette puissance ;

2" Promesse par la France d'entretenir à la disposition de l'impératrice un corps auxiliaire de 25 à 30,000 Allemands , et de fournir des avances annuelles fixées à douze millions de florins, non remboursables en cas de succès;

3" Cession à l'infant Philippe, en échange de ses possessions italiennes, des Pays-Bas autrichiens, à l'exception d'un territoire à déterminer qui serait acquis à la France ;

4." Action commune des deux couronnes pour l'élection du roi de Pologne après la mort du roi Auguste (1), et pour la succession de Naples après celle du roi Ferdinand d'Espagne ;

5° Subordination des arrangements des Pays-Bas au recouvrement préalable , et à l'attribution à l'Autriche , par un traité de paix, de la Silésie et de Glatz.

Par contre, les diplomates n'avaient pu s'entendre, sur l'entrée en ligne d'un corps d'armée français que l'Autriche aurait voulu joindre aux auxiliaires allemands déjà accordés, sur le remboursement partiel ou intégral des subsides français en cas d'insuccès , sur la désignation des

(1) La cour de France avait accepté l'idée d'assurer la succession à un fils du roi Auguste : « Ils (M'"'= de Pompadour et Bernis) m'ont dit tous deux, que le prince de Conti faisait depuis longtemps des démarches pour se faire élire roi de Pologne, que môme le roi avait paru s'y prêter, mais que jamais ce n'avait été une intention bien décidée.... que môme on ne sait pas comment le prince de Conti pourrait soutenir la dignité royale, que c'était sa chimère et qu'on la lui avait laissée; qu'il y avait des gens qu'il était bon de tenir occupés, que c'était un os qu'on lui avait donné à ronger qui l'empêchait de mordre à autre chose; et en un mot qu'on me parlerait sur cet objet un langage si clair et si positif qu'il ne resterait plus aucun doute. Je n'en ai pas demandé davantage. »

villes OU cantons (1) à céder à la France et sur l'accession au traité de l'empereur en sa qualité de g-rand-duc de Toscane.

La grosse question du partage ultérieur des États du roi de Prusse n'avait pas été tranchée par un texte positif. « Il m'a paru, écrit Stahremberg (2), qu'aux termes où les choses en sont actuellement, le meilleur parti que nous puissions prendre est de nous désister de la demande d'un consentement formel de la France au plus grand affaiblissement du roi de Prusse. Ce qui nous importe est que cet affaiblissement ait lieu, qu'il nous soit assuré, et devienne pour ainsi dire immanquable; et je crois que nous parviendrons beaucoup mieux à cet objet au moyen d'un consentement tacite et indirect de la France, qu'en lui demandant un consentement formel qu'elle ne nous accordera jamais qu'à des conditions auxquelles il ne nous serait pas possible de nous prêter. »

D'après l'ambassadeur, le refus de mettre en campagne contre Frédéric des forces plus considérables était motivé par la répugnance de Louis XV à agir offensivement contre son ancien allié, « à moins que ce prince ns fût le premier agresseur » , et par la difficulté de faire face à la fois aux charges de la guerre de mer et de terre contre l'Angleterre et la Prusse, et aux subsides promis à l'impératrice.

A ces raisons fort plausibles, s'ajoutait le danger de voir s'accroître, en cas d'hostilités, l'autorité du comte d'Argenson. Ce sentiment de jalousie auquel Knyphausen et Stahremberg font si souvent allusion , était décidément un gros facteur de la politique étrangère de la cour de Versailles. « L'abbé de Bernis et M"° de Pompadour, dit

(1) L'Autriche offrait les duchés de Luxembourg, Chimay et Beaumont , tandis que le gouvernement de Louis XV demandait les villes de Mons, Ypres, Furnes, Ostende, Nieuport et le fort de laKnocque avec leur banlieue immédiate, ainsi que la démolition des fortifications de Luxembourg.

(2) Stahremberg à Kaunitz, 20 août 1756.

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