INVASION DE LA SAXE
troisième démarche que Klinggraeffen dut faire auprès de la cour d'Autriche. Frédéric , sous prétexte que Timpératrice, dans sa note, n'avait pas fait allusion à la promesse qu'il exigeait d'elle de ne pas l'attaquer pendant deux ans, chargea son représentant de renouveler la demande ; il s'engagerait à retirer ses troupes et à « remettre toutes choses dans l'état où elles doivent l'être » , si l'assurance lui était donnée. Dans le cas où un refus ou une fin de non recevoir serait opposée à la requête , Klinggraeffen devait quitter Vienne sans prendre congé.
Quand l'envoyé prussien se présenta chez Kaunitz, on avait déjà appris à la cour impériale l'invasion de la Saxe et la marche contre la Bohême. Aussi, se borna-t-on à lui faire savoir que (1) : « Après une agression aussi marquée, il ne saurait être plus question d'aucune autre réponse que de celle que Sa Majesté pourra juger à propos de faire en son temps au dit manifeste. La dernière qu'elle a fait connaître à M. de Klinggraeffen portant tout ce qui peut être combinable avec sa dignité à faire déclarer, et la proposition de laisser convertir en trêve la paix subsistant, et fondée sur des traités solennels, n'étant naturellement susceptible d'aucune déclaration , c'est ce qu'on a ordre de faire connaître en réponse à M. de Klinggraeffen. »
La dernière sommation à l'Autriche avait évidemment pour but, en affichant les intentions pacifiques qu'affectait encore Frédéric, d'intervertir les rôles aux yeux de l'Europe, et d'attribuer à l'impératrice le caractère d'agresseur. Ce fut la même pensée qui dicta la publication du mémoire par lequel le cabinet de Berlin riposta au manifeste de Marie-Thérèse.
(1) Réponse de l'Impératrice-reine. Vienne, 27 septembre 1756.