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LE TRAITE DES BARRIERES

Unies de Hollande, alliées de l'Angleterre et participantes comme elle au traité des Barrières. Malheureusement, l'exécution de cet arrangement avait soulevé, depuis le traité d'Aix-la-Chapelle, des difficultés sérieuses, et donné lieu à un échange de notes, dont le ton, tout autant que le fond, avait singulièrement aigri les relations entre les gouvernements amis.

Dès la reprise de possession des Pays-Bas , qui suivit la paix de 1748, un différend s'éleva entre l'Impératrice-reine et les Puissances maritimes, au sujet de la reconstruction des forteresses de la frontière, que les Français avaient démolies pendant leur occupation. Le traité des Barrières, conclu en 1716 entre les trois pays, donnait, on le sait, à l'Angleterre et à la Hollande , le droit de fournir, comme garnison des places les plus rapprochées de la France, un corps de douze à seize mille hommes, dont les frais d'entretien étaient à la charge de l'Autriche ; cette dernière devait, en outre, verser aux États Généraux un subside annuel d'un demi million de thalers. D'autre part, des avantages commerciaux et maritimes étaient garantis aux Anglais et aux Hollandais, au préjudice des habitants des Pays-Bas.

On se mit bien vite d'accord sur la nécessité de rétablir les garnisons et de restaurer les fortifications; mais, le principe de la dépense admis, il fut impossible d'arriver à une entente sur sa répartition, et encore moins sur le régime commercial, dont les Puissances maritimes demandaient le maintien, tandis que l'Impératrice-reine réclamait la suppression des clauses désavantageuses pour ses sujets. Les citadelles ne furent pas réparées , et l'Autriche suspendit le paiement des sommes qu'elle devait à la caisse des États Généraux. Ce fut en vain que sir Hanbury Williams, alors ministre anglais à Dresde, fut dépêché en mission extraordinaire à Vienne, en juillet 1753; lorsqu'il s'efforça de rappeler à l'impératrice les obligations de la convention , Marie-Thérèse , tout en colère , ré-

pondit (1), « avec des éclats de voix qui purent être entendus dans la pièce voisine, qu'elle était souveraine des Pays-Bas, et que c'était son devoir de protéger ses sujets, qui depuis si longtemps étaient opprimés par les clauses du traité des Barrières , et qui étaient privés des avantages naturels dont jouissent toutes les autres nations ».

Les négociations interrompues furent reprises en août 1754 par le gouvernement anglais, sur la nouvelle des hostilités qui venaient d'éclater en Amérique. Fidèle aux traditions dont s'inspirait dès cette époque la politique de la Grande-Bretagne , lord Holdernesse (2), tout en insistant pour la mise en état des forteresses et pour le versement de l'arriéré dû à la Hollande , ne voulut rien céder sur la question des privilèges commerciaux. La réponse négative de la cour de Vienne ne se fit pas longtemps attendre. L'Impératrice et son premier ministre, le comte Kaunitz (3), se refusèrent à toute entente , tant que les Puissances maritimes n'auraient pas étendu aux Pays-Bas des faveurs équivalentes à celles accordées à leurs nationaux.

Selon son habitude, Newcastle prend la plume à son tour et fait part de ses préoccupations au ministre anglais accrédité à la cour impériale, M. Keith (4). « Si la cour de Vienne nous met au pied du mur, elle aura à supporter les conséquences de ses agissements... J'espère que l'Impératrice-reine saura discerner son intérêt; je ne veux pas désespérer (quoique je n'y compte guère) de voir Kaunitz prendre le même parti. Quelle figure fera ce ministre si bien intentionné, si, grâce à son entêtement, l'alliance de la maison d'Autriche et des Puissances maritimes est rompue? »

(1) Williams à Newcastle 15 juillet 1753.

(2) Holdernesse à Keith, 27 août 1754. Record Office.

(3) Keith à Holdernesse, 21 novembre 1754.

(4) Newcastle à Keith, 7 janvier 1755.

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