‹ Louis XV, et le renversement des alliancesChapitre 89 sur 249 · DE WESTMINSTER. IMPRESSION PRODUITE PAR CE TRAITÉ · texte numérisé non relu

DE WESTMINSTER. IMPRESSION PRODUITE PAR CE TRAITÉ

NEUTRALITÉ DE LA HOLLANDE. RÉQUISITOIRE FRAN- ÇAIS A LA COUR DE LONDRES.

Pour juger de la véracité et de la sincérité des déclarations du roi de Prusse au sujet de ses relations avec l'Angleterre, il faut nous rendre compte des phases que traversa la négociation avec cette puissance , et pour cela remonter à la fin du printemps de 1755, à l'époque du séjour que fit le roi George à son château de Herrenhausen.

En très mauvais termes avec son oncle depuis quelques années, sur le point d'en venir aux mains avec lui en 1753, à l'occasion de l'affaire des prises et du refus de payer les intérêts de la dette de Silésie (1) , Frédéric s'était cependant rapproché de l'Angleterre vers la fin de 175i, lors des incidents causés par la conversion au catholicisme du prince héritier de Hesse-Gassel. Cet événement avait vivement inquiété les protestants allemands; le vieux land-

(1) Frédéric, mécontent de ne pouvoir obtenir une indemnité de l'Angleterre pour la capture de navires prussiens pendant la dernière guerre, avait suspendu le payement des intérêts de la dette de Silésie, dont les titres étaient entre les mains des banquiers de Londres.

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grave , adhérent zélé de la doctrine réformée , avait exigé de son fils l'engagement de laisser élever ses enfants dans la religion nationale, de respecter la foi de ses futurs sujets et de ne porter aucune atteinte à l'exercice de leur culte. Pour plus de sûreté, il avait fait garantir cette promesse par les principales puissances protestantes , l'Angleterre, la Prusse, la Suède et le Danemark.

L'action commune des cours de Londres et de Berlin dans cette circonstance avait donné lieu à un échange de politesses, dont, de part et d'autre, on avait depuis longtemps perdu l'habitude.

Un voyage que fit le roi de Prusse dans l'Allemagne du Nord et dans ses États rhénans, vers la fin de mai 1755, fut l'occasion d'une nouvelle tentative de réconciliation. Le programme de l'excursion comprenait un séjour à Brunswick, et l'itinéraire à suivre s'éloignait peu de la ville de Hanovre et du château de Herrenhausen , où le roi George se trouvait en villégiature depuis quelques semaines. Les liens de parenté qui existaient entre les deux monarques, les égards que se doivent les têtes couronnées, semblaient indiquer la convenance d'une démarche dont le voisinage fournirait le prétexte. S'il faut s'en rapporter à l'historien Koser (1), à la demande formulée par l'intermédiaire de la cour de Brunswick de traverser le territoire de l'électorat, les ministres hanovriens auraient répondu en promettant l'accueil le plus aimable à l'illustre voyageur. Ce dernier se serait retranché derrière son incognito pour décliner toute espèce de réception et d'honneurs officiels.

Le récit que nous empruntons à la correspondance intime de Holdernesse avec Newcastle donne de l'incident une version très différente. Suivant le ministre anglais, ce fut le roi de Prusse qui fit les premiers pas, et le roi d'Angleterre qui ne voulut pas voir son neveu.

(1) Koser, le Roi Frédéric le Grand, vol. I, p. 577.

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