‹ Louis XV, et le renversement des alliancesChapitre 99 sur 249 · TRAITÉ DE WESTMINSTER · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE WESTMINSTER

tion proposée par le roi de Prusse , et la convention fut signée le 16 janvier 1756. Elle porta le nom de White- Hall, mais est généralement connue dans l'histoire sous le nom de Westminster, appellation qui appartient plus proprement au traité de 1744, conclu également entre les mêmes gouvernements.

La pièce diplomatique ne contenait que quatre articles, dont un secret. Les deux puissances contractantes affirmaient leur résolution de maintenir la paix en Allemagne, et de s'opposer à l'entrée ou au passage dans l'empire de toutes armées étrangères; elles se renouvelaient la garantie réciproque de leurs possessions. L'article secret était relatif à l'exclusion des Pays-Bas autrichiens du bénéfice des arrangements stipulés.

Il fut impossible de garder longtemps le silence, et quelques heures après l'échange des signatures, la nouvelle fut annoncée à tous les cabinets de l'Europe.

Dès le 2 janvier, M. Alt, représentant du landgrave de Hesse, signalait (1) à sa cour les entrevues fréquentes du chargé d'affaires de Prusse avec les ministres anglais; il supposait qu'il s'agissait d'une déclaration à. faire à la France par le roi Frédéric, « qu'il ne voulait pas de troupes étrangères dans le Saint-Empire pour y troubler le repos ».

Le jour même de la signature, M. d'Abreu, ambassadeur d'Espagne à Londres (2) , communiqua à son collègue M. Grimaldi , ministre à La Haye , les principales clauses de la convention. M. Wiedmarckter, ministre de Saxe, écrit au comte de Brûhl (3) : « M. Miche 11 a signé, le 16, un traité entre Sa Majesté Britannique et le roi de Prusse. Jamais

(1) Alt au landgrave de Hesse, 2 janvier 1756. Con/idential Miscellaiieous. Record Office.

(2) Abreu à Grimaldi, 16 janvier 1757. Ce ministre était au courant des négociations dès la fin de décembre (Fox à Newcastle, 26 décembre 1755). Coiifidential Miscellaneous. Record Office. Londres.

(3) Wiedmarckter àBriihl, 20 janvier 175G. Confidential Miscellaneous.

événement n'a été si peu attendu ; ce ne fut que dimanche le 18, que la plupart des ministres étrangers l'apprirent à la cour. Si cette importante nouvelle surprit tout le monde, le comte de CoUoredo en est dans une consternation extrême. »

Auprès du public anglais , le traité de Westminster rencontra l'approbation générale. Peu disposée à s'imposer des charges pour la défense du Hanovre , la Chambre des communes avait, en dépit de l'autorité presque despotique qu'exerçait le ministère, assez mal accueilli la convention avec la Russie qui, d'après les orateurs de l'opposition, semblait viser le roi de Prusse. C'est en vain qu'Holdernesse et Fox avaient répliqué en insistant, comme preuve de leurs sentiments amicaux pour ce prince, sur la communication qui lui avait été faite. Il restait dans les esprits un malaise que vint augmenter la présentation dans les premiers jours de 1756 de l'ultimatum du gouvernement français. Aussi la satisfaction fut-elle grande quand on apprit que le monarque considéré jusqu'alors comme le principal appui de la France , non seulement ne lui prêterait pas son concours, mais garantirait les Etats allemands du roi George contre une attaque de sa part. « La joie est générale dans la nation, écrit l'envoyé saxon (1); on regarde la paix sur le continent comme assurée; et, ajoutet-il avec une pointe de mélancolie, on n'aura plus besoin de voter des subsides aux princes d'Allemagne. »

Dans les cercles officiels, jusqu'aux derniers jours qui précédèrent la terminaison , on était moins optimiste. La correspondance des ministres indique peu de confiance dans leur nouvel allié : « Je connais trop, écrit Newcastle (2), le caractère du roi de Prusse, pour me fier entièrement aux apparences favorables ; mais notre devoir nous oblige

(1) Wiedmarckter à Briihl, 20 janvier 1756. Confidential Miscellaneous.

(2) Newcastle à Miinchhausen, 23 décembre 1755. Newcastle Papers.

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