Croy, I
3i6 LES PETITS CABINETS DU ROI
plusieurs fois. M. de Marigny, averti par le contrôleur de Versailles, dut prendre des décisions à cet égard, le 21 octobre 1758 :
J'ai appris, monsieur, par votre lettre du i3 de ce mois, qu'une des portes de dégagement des petits-cabinets se trouvant presque toujours ouverte, quand le roi y mange, des personnes inconnues ont eu la facilité plusieurs fois de se procurer l'entrée de cet intérieur; qu'elles s'étaient même avancées jusque dans la pièce où était le roi1...
C'est la confirmation d'une anecdote des mémoires attribués à Mme du Hausset, où Ton voit Louis XV violemment effrayé par la présence, dans sa chambre à coucher, d'un homme en manches de chemise. Ce n'était qu'un inoffensif cuisinier, qui s'était trompé d'escalier et avait trouvé toutes les portes ouvertes. « Le Roi, disait Marigny à ce propos, pouvait être assassiné dans sa chambre sans que personne en eût connaissance et sans qu'on eût pu savoir par qui. »
1. Archives nationales, O1 1798. Cf. Mémoires de Mme du Hausset, p. 121. D'après une anecdote de 1746, rapportée par Luynes (VII, 207), deux visiteurs du château de Marly arrivent, sans s'en douter, devant la porte du cabinet du roi, qui travaille avec le contrôleur général et vient lui-même leur ouvrir la porte.