FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE DU JOURNAL-MÉMOIRES
ENFANTS LÉGITIMES DE LOUIS XV
(l)DeCatherine-Félicité-Marie Lesczinska, fille de Stanislas, roi de Pologne, et de Catherine Opalinska; née le 28 juin 1708, mariée le 5 septembre 1725; morle à Versailles le 24 juin 1768; le roi Louis XV, troisième fils du duc de Bourgogne petit-fils de Louis XIV, et de Marie- Adélaïde de Savoie, né à Versailles le 5 février 1710 « à huit heures trois minutes, trois secondes du matin », roi, sous le Régent le i"septembre 1715, lorsque mourut Louis XIV; sacré le 26 octobre 1722; déclaré majeur le 16 février 1728, mort à Versailles le 10 mai 1774; de Marie Lesczinska, Louis XV eut :
1° et 2° Marie-Louise-Elisabeth, née le 14 août 1727 ; mariée à Philippe de Bourbon, fille de Philippe V, roi d'Espagne, arrière-petit-fils de Louis XIV, morte à Versailles le 6 décembre 1759. — « Le 1 4 août 1727, la déception fut grande parce que la reine mettait au monde deux princesses jumelles (la 2* était Anne-
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Henriette^ morte le lo février 1752). Par contre, le roi se montrait ému, enchanté. Il était allé chez la reine, en robe de chambre, dès l'annonce des premières douleurs et, pour ne la point quitter, il s'était fait habiller dans l'antichambre II assistait aus cérémonies de l'ondoiement, eut un mot gaillard sur la double naissance qui certifiait son aptitude à la paternité, approuvait le choix des nourrices; le jour même, envoyait un de ses gentilshommes à Chambord, mandant au cardinal de Noailles, archevêque de Paris : « Mon cousin, il plut à Dieu de commencer à bénir mon mariage par la naissance de deux filles, dont la Reine, ma très chère épouse et compagne, a été heiu'eusement délivrée. J'espère de ses bontés Tentier accomplissement de mes vœux et de ceux de mon peuple, par la naissance d'un Dauphin. C'est pour le lui demander et le remercier que je vous fais cette lettre, pour dire que mon intention est que vous fassiez chanter le Te Deum dans l'église métropolitaine de ma bonne ville de Paris. » Ce Te Deum fut chanté en présence du Parlement et de tous les Corps, invités de la part du roi. Le peuple eut les feux de joie, les illuminations et les fontaines de vin. A celle occasion, les « Comédiens français » inaugurèrent un usage qui devait durer. Voulant célébrer à leur façon l'heureux accouchement de la reine, ils donnèrent gratis la comédie : Le Festin de Pierre « à une très grande foule de spectateurs iqui, à l'incommodité près d'être fort serrés, furent très contents ». Les
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comédiens italiens, l'Académie royale de musique suivirent l'exemple, et aussi l'Opéra-Comique sur son théâtre de la Foire Saint-Laurent, et cette nouveauté attirait, tant du faubourg que de la ville, une multitude de peuple, braves gens qui furent aisément consolés de n'avoir pas un Dauphin. Puis le roi de Pologne écrivait, le 21 août, à son ami : « Quoique je sois persuadé que vous savez que la Reine avec ses deux poupées se porte en merveille et que le Roi témoigne une grande tendresse à la Reine, aussi bien qu'à Mesdames ses filles, que toute la France contente de la fécondité de la Reine espère plus que jamais bientôt un Dauphin, cependant il m'est doux de vous mander tous les sujets de ma joie, ne pouvant mieux les reposer qu'au fond de votre bon cœur. >> Il allait, d'ailleurs, à Versailles pour voir ses petites-fdles et se « refaire du bong sang ». Le voyage terminé, il racontait « que le contentement qu'il avait eu de son séjour à Versailles allait toujours en augmentant depuis son retour ». Voir P. DE NoLHAc;MaWe Lecz/ns/ca. P. Calman-Lévy,
Paris, 1902.
30 Louise-Marie, née le 28 juillet 1728, morte le 19 février lySS. « On fut d'un très grand chagrin à Versailles; cependant le roi a très bien pris la chose, disant à la Reine qu'il fallait prendre parole avec Pérard, son accoucheur, pour l'année prochaine, en vue d'un garçon. Journal de Barbier. » Cette fois, il n'y eut ni Te Deum ni feux de joie ni réjouissances publiques. Le roi Stanislas écrivait : « Dieu
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rende nos espérances manquées assurées pour l'avenir : adorons sa sainte volonté », et la Reine mandait au maréchal du Bourg : « Que Dieu me fasse bientôt la grâce d'être dans l'état où je souhaite toujours d'être : j'espère que Dieu exaucera les vœux de nos bons sujets pour moi, et je mourrai contente si je leur laisse cette consolation; on n'a jamais aimé comme j'aime le roi. » Quant à Louis XV, s'il n'en est plus à se dire, comme aux temps de sa « lune de miel », alors qu'on lui vantait quelques beautés de la cour : « la reine est encore plus belle », il est évident que celle-ci lui suffît encore. Les principes religieux que lui avait inculqués Fleury,le dominent toujours, et ses seuls plaisirs sont les voyages et la chasse. Voir Nolhac, ouvrage cité.
4° Louis, né à Versailles le 4 septembre 1729, mort à Fontainebleau le 20 décembre 1766, marié en premières noces à Marie-Thérèse, fille de Philippe V, roi d'Espagne, morte en 1748; en secondes noces, le 9 février 1747, à Marie-Josèphe de Saxe dont il eut huit enfants, parmi lesquels les rois Louis XVI, Louis XVIII, Charles X et Elisabeth- Philippine-Marie-Hélène-Thérèse, dite Madame Elisabeth, guillotinée en 1794, le 10 mai — Voir, outre BEAucHESNE,Madame Elisabeth, le fort intéressant volume de Savine : Madame Elisabeth et ses amies y Michaud, Paris, 1910.
5" Philippe, duc d'Anjou, né le 3o août 1780, mort trois ans plus tard.
6° Marie- Adélaïde, née à Versailles le 3 mai 1782, morte à Trieste, en 1800.
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7<* Victoire-Louise-Marie-Thérèse, née à Versailles le 11 mai 1738, morte à Trieste le 7 juin 1799.
8** Sophie-Philippine-Elisabeth-Justine, née le 27 juillet 1734, morte le 3 mai 1782.
9° Thérèse-Félicité, 1786-1744.
10° Louise-Marie, née le 5 juillet 1787 ; morte en 1787 aux Carmélites de Saint-Denis.