‹ Louis XV [microform]: ses maitresses, le Parc aux Cerfs, d'après le Journal-Mémoires de d'Argenson, les chansons du temps et les mémoires du Duc de RichelieuChapitre 83 sur 145 · LE ROI RENTRE A PARIS · texte numérisé non relu

LE ROI RENTRE A PARIS

« Le roi parce qu'il s'emparait de plusieurs places fortes, en personne, fit oublier le sérail de Choisy ; il ne fut plus que le Libérateur des Français. De toutes parts on disait que, s'il était malade, c'est parcequ'il avait voulu nous défendre. La maladie du roi frappa tous les Français de la même terreur que l'annonce d'une grande calamité. Le peuple consterné s'attroupait autour de l'hôtel de la poste et obhgeaitles commis de lui donner des nouvelles du roi. Tout homme à cheval qui avait l'air d'un courrier était arrêté. Nuit et jour les églises étaient fréquentées ; celle de la patronne si vénérée de Paris, si puissante aux yeux du peuple ne désemplissait pas. Celui qui avait dix sous les portait au sacristain, afin que fussent dites des messes pour la guérisondu roi. On ne l'appela plus que le bien aimé et ce nom lui resta. Le roi rentrant à Paris, l'enthousiasme recommençait. Les entrées des empereurs

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victorieux dans la capitale du monde n'offrent rien de comparable à l'ivresse du peuple qui jouissait de son roi. Les arbres ployaient sous la charge du peuple spectateur. Les toits en parurent couverts. On sortit les grands carrosses du sacre. De superbes chevaux de parade, la tête haute, semblaient sentir ce qu'ils traînaient. Toute la pompe royale fut offerte aux yeux du peuple attendri , qui pleurait de joie ou €jui s exstasiait à le contempler. On jetait des pièces d'argent et on ne les relevait pas. La vue d'un beau roi, d'un roi vainqueur de la France, était plus attrayante que cet appas. On contemplait avec délices le roi bien rétabli de sa maladie, âgé de trente-quatre ans, redevenu beau comme Apollon. Sa marche lente et majestueuse permettait à tous les yeux de le fixer, de se reposer sur lui ; tant on se croyait heureux de sentir qu'on le possédait enfin, sain et sauf dans la capitale... »

Dans la foule se trouvait Mme de Châteaurouxfière, heureuse d'assister, mais discrètement, au triomphe de Louis XV. Elle écrivait à Richelieu, alors à Montpellier ; mais quelle est l'authenticité de cette lettre? Ne fut-elle pas imaginée ou arrangée, par Soùlavie le rédacteur des Mémoires de Richelieu, mémoires que, cependant l'on peut suivre, mais avec certaine prudence, sinon dans tous les détails précis, du moins dans l'ensemble ?

« ...Il est venu à Paris et je ne puis vous dire l'i- « vresse des bons Parisiens. Toutinjustes qu'ilssoient « pour moi, je ne puis m'empêcher de 1«9 aimer à

Bibl. Xnt.

Château de Marly vers lyaa.

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