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craindre que dans l'excès de la frénésie son mari ne se portât à quelque extravagance, il fut le premier contre qui elle exerça son pouvoir en le faisant exiler. Ce comble de cruauté lui causa une maladie grave, qui le conduisit aux portes du tombeau, mais qui produisit enfin TelTet heureux de lui dessiller les yeux, et il recouvra à la fois la santé et la paix. Tels étaient les intrigues et les événements de l'intérieur du palais de Versailles durant l'hiver, tandis que la politique en faisait naître d'autres. » {Vie privée de
Il est intéressant de préciser, par quelques détails — sont-ils toujours exacts — d'après les contemporains, ces « premiers rapports», que nous raconte La vie PRIVÉE DE Louis XV de Mme d'Étiolés avec
le roi.
Ayant vu celle qui devait être bientôt sa favorite il n eut point la force de cacher ses sentiments. Un soir, se couchant, il aurait dit à Binet qu'il était faliirué de voir si souvent de nouveaux visages sans trouver une femme qui le fixât, lui <lemandant s'il en connaissait une qui répondît à ses désirs. « J'en connais une, Sire, dont vous serez charmé. Elle vous aime, depuis qu'elle eut le bonheur de vous rencontrer pour la première fois. Elle est quelque peu ma parenir. — Ah ! et quel est son nom ? » Binet lui rappelait qu'il l'avait vueà Senart, dans diverses chasses et qu'il s'étr.it informé d'elle. Le roi s'en ressouvenait parfait -ment. Il avoua qu'elle lui avait plu autant qu'il esl possible de plaire, malgré le lien qui
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l'atlachail alors à Mme de Châleauroux, ajoulanlque volontiers il aurait unenlrelien particulier a-ec cetle dame: Biuet comprit, voyait Mme d'Élioles, et tout fut vile refilé pour que Mme d'Éliolesdécoucliât sans que M. d'Élioles en prît ombrage. Cette première liuit ne fut, paraît-il, heureuse ni pour l'un ni pour l'autre. Mme d'Étiolés, ambitieuse, aurait trop oublié qu'elle ne devait être en ce moment qu'une femme simplement « amoureuse «. Un mois après Louis XV demandait à Binet : « Que faites-vous de de votre parente ? — Je dirai à Votre Majesté qu'elle ne cesse de pleurer — Ah! pleurerait- -^He son pécla; ? D'ailleurs, au fond elle ne m'a pas d^ du, et je voulais voir reflet que produiraient sur elle les maiques apparentes de mon dédain. » Une nouvelle l'ois Binel comprit, assurant au roi que Mme d'Etiolés ne l'aimait que pour « sa seule personne ». — « S'il on ett ainsi, répliqua Louis XV, je serai charmé de la revoir. Le 22 avril 1745 ils soupaient ensemble, en b-i; à-tète, et, après, n'eurent pour terminer la nu il, qu'un seul lit. Le roi fut « captivé » d'autant plus que Mme d'Étiolés jouant la femme apeurée, qui redoute son mari jaloux, obtenait d'être gardée dans l'ancien appartement de Mme de Mailly. Puis tous les jours elle voyait son royal amant, « rabreuvail d'amour, l'étourdissait de caresses » ; et l'amant promettait la déclaration publique de la liaison, l'exil du maii : tout ce que voululla séductrice. Et cumme pour narguerceuxquicensuraientses amours, comme |>our frapper le « parti dévot » du Dauphin surloul, le mo-
MADAME MARIE DUMESNIL de la Coméaie-Frnnçaiso 1711-1S03.)
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narque décida, que iMme d'Élioles serait installée et reconnue maîtresse, la senr*aine de Pâques. Grand émoi à la cour I Une bourgeoise allait succéder aux de Nesles, un des grands noms de la monarchie. Et quelle bourgeoisie I — Voir Soulavie : Mémoires historiques. — J. Ëervez : les Maîtresses de Louis XV. — Mémoires du duc de Bichelieu.
A la date d'avril 1745 voici comment Barbier nous présente la nouvelle favorite.
« Mme d'Étiolés a vingt et un ans. Elle est bieti faite, extrêmement jolie, chante parfaitement, sait cent petites chansons amusantes, monte meWeilleusement à cheval, eut toute la meilleure éducation possible. Sa mère est une Mme Poisson, encore plus belle, fille d'un seigneur de la Motte, entrepreneur des provisions des Invalides, qui la mariait au sieur Poisson, lequel était un intrigant. Un jour M. Le Blanc, secrétaire d'État de la guerre, élant aux Invalides et attendant le sieur de la Motte dahs son appartement aperçut un portrait qui le frappa. On lui répondit que c'était la fille du sieur de la Motte mariée au sieur Poisson. Il dit à la Moite de la lui présetiter, en devint amoureux, et elle fut quelque temps sa maîtresse. Elle fut ensuite à uti ambassadeur et enfin, elle fit connaissance avec M. Le Normant fermier général dont elle a toujours été amie, même jusqu'à présent. C*est depuis cette conmissarice qu'est née Mme d'Étiolés, que M. Le Nommant eut toujours chez lui avec sa mère, qu'il rè~ gardait comme sa fille luijraisant donner une édu-
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