PREMIKRE RENCONTRE AVEC M"» DE POMPADOUR
aanjue décida, que Mme d'Élioles serait installée et reconnue maîtresse, la senr-aine de Pâques. Grand émoi à la cour I Une bourgeoise allait succéder aux (je Nesles, un des grands noms de la monarchie. Et quelle bourgeoisie! —Voir Soulavie : Mémoires hislonijues. — J. ïÎERVEZ : les Maîtresses de Louis XV. — Mémoires du duc de Bichelieu.
A la date d'avril 1745 voici comment Barbier nous présente la nouvelle favorite.
u Mme d'Étiolés a vingt et un ans. Elle est bien [aile, extrêmement jolie, chante parfaitement, sait cent petites chansons amusantes, monte merveilleusement à cheval, eut toute la meilleure éducation possible. Sa mère est une Mme Poisson, encore plus belle, fille d'un seigneur de la Motte, entrepreneur des provisions des Invalides, qui la mariait au sieur Poisson, lequel était un intrigant. Un jour M. Le Blanc, secrétaire d'État de la guerre, étant aux Invalides et attendant le sieur de la Motte dans son appartement aperçut un portrait qui le frappa. On lui répondit que c'était la fille du sieur de la Moite mariée au sieur Poisson. Il dit à la Moite de la lui présenter, en devint amoureux, et elle fui quelque temps sa maîtresse. Elle fut ensuite à uii ambassadeur et enfin, elle fit connaissance avec M. Le Norraant fermier général dont elle a toujours été amie, même jusqu'à présent. C'est depuis cette coninissance qu'est née Mme d'Étiolés, que M. Le Noi-mant eut toujours chez lui avec sa mère, qu'il regardait comme sa fille luij^aisant donner une édu-
cation recherchée. M. Le Normant n'ayant point d^enfants forçait M. Le Normant son neveu, à épouser Mlle Poi.sonâgée de dix-hu,t ans, et belle personne. 11 leur donnait en mariage la terre d Etioles. lis lo- .eai.nt chez l'oncle, défrayés de tout, jouissant de quarante milles livres de rente, avec Tespé.an.e d'une succession opulente. Elle était adorée de l'oncle, maîtresse absolue de la maison. Question de savoir si cet état n'était point préférable, pour une bourc^eoise de cette espèce, à la qualité de maîtresse du ro\ au milieu de la cour. C'est bien flatteur pour la vanité, mais sujet à bien des inconvénients! Son mari, M. d'Élioles, est associé à la place de fermier Général de son oncle ; il a été député pour faire sa tournée en Provence. Cet éloignement de Pans semble durer quelque temps. »
En Provence, ou dans cet exil, il fui la victime d'un quiproquo, qu'il ne trouva pas amusant. In vieux gentilhomme campagnard donnait un repas auquel il avait convié toute la noblesse du pays. In des convives affectant « pour s^en faire accroire » de bien connaître la cour, et ne pouvant mettre aucnn nom sur la figure de M. d'Étiolés demanda qui d était - « C'est le mari de la marquise de Ponv padour », lui fut-il répondu. U retint le nom, pnis au moment des toast, levant son verre : « M- le marquis de Pompadour, dit-il, voulez-vous bieu me permettre d'avoir Thonneur de saluer votre ^anté'^ >> Et tout le monde de rire excepté, natu.x.- 'ement. M. d'Étiolés dont venait de se rouvrir,
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cruellement, la blessure, non encore cicatrisée. Il est certain qu'après Mmes de Mailly, de Lauraguais, de Vintimille, de Châteauronx, Louis XV ne pouvait longtemps garder un cœur inoccupé. Mme Le Normant d'Étiolés (depuis Mme de Pompadour), s'en emparait après dix-huit mois de ces poursuites que l'Espion c/i//io/s nous décrit si vivement en ces termes.
« 11 courait dernièrement un bruit que l'esclave favorite (Mme de Mailly) était disgraciée, et qu'il y avait une place vacante dans les appartements de Versailles. Aussitôt toutes les jolies femmes de Paris se mirent en campagne et parurent sur les rangs. Le nombre des postulantes fut considérable. Tout ce que la nature et l'arl peuvent employer tour à tour dans le sexe, pour piquer le goût de l'autre, fut mis en usage. Il y eut de quoi travailler pour tout le monde ; les marchands de modes, les coiffeurs, les agrémanistes passèrent les nuits. On ne vendit jamais tant d'étoffes, de dentelles, de pompons. On dit que toutes les femmes étaient veuves et qu'elles se préparaient à passer en secondes noces. On prit des bains et on se parfuma, à tout événement. De la parure elles passèrent à ce qui fait quelles plaisent. Avant qu'on eût appris la disparition de cette favorite toutes les femmes de Paris se portaient à merveille. A cette nouvelle, elles se trouvèrent toutes attaquées d'une migraine affreuse, et la plupart se rendironi a Versailles pour changer d'air. Le point princ;, ; était d'être vu du monarque et de lui parler. Un
n, LOmS X., SES M.ÎTBE.SVS, LE PABC AUX CERFS
cation recherchée. M. Le Norman! n'ayant point
d^enfants forçait M. Le Normant son neveu, à épouser
Mlle Poi.sonâgée de dix-huH ans, ^t 1-1^7--;-
11 leur donnait en mariage la terre d'LUoles. 11 1 -
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d'une succession opulente. Elle élad adorée de
l'oncle, maîtresse absolue de la maison. Question de
savoir si cet état n'était point préférable, pour une
bourgeoise de cette espèce, à la qualité de maîtresse
du roi, au milieu de la cour. C'est bien flatteur pour
la vanité, mais sujet à bien des inconvénients! Son
Lri, M. d'Étiolés, est associé à la place de fermier
Général de son oncle ; il a été député pour fan. sa
fournée en Provence. Cet éloignement de Pans
semble durer quelque temps. » , . ,.
En Provence, ou dans cet exiU il fui la victime d'un quiproquo, qu'il ne trouva pas amusant. In vieux gentilhomme campagnard donnait un repa> auquel il avait convié toute la noblesse du pays. In des convives affectant « pour s'en faire accroire » d. bien connaître la cour, et ne pouvant mettre aucun nom sur la figure de M. d'Étiolés demanda qui d était - « C'est le mari de la marquise de Pompadour », lui fut-il répondu. 11 retint le nom, pu. au moment des toast, levant son verre : « NL marquis de Pompadour, dit-il, voulez-vous b^i me permettre d'avoir l'honneur de saluer oUe .-inté^ >> Et tout le monde de rire excepté, naturel- V.ment M. d'Étiolés dont venait de se rouvrir,
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cruellement, la blessure, non encore cicatrisée. 11 est certain qu'après Mmes de Mailly, de Lauraguais, de Vintimille, de Châteauroux, Louis XV ne pouvait longtemps garder un cœur inoccupé. Mme Le Normant d'Étiolés (depuis Mme de Pompadour), s'en emparait après dix-huit mois de ces poursuites que r Espion c/i//2o/s nous décrit si vivement en ces termes.
« 11 courait dernièrement un bruit que l'esclave favorite (Mme de Mailly) était disgraciée, et qu'il y avait une place vacante dans les appartements de Versailles. Aussitôt toutes les jolies femmes de Paris se mirent en campagne et parurent sur les rangs. Le nombre des postulantes fut considérable. Tout ce que la nature et l'arl peuvent employer tour à tour dans le sexe, pour piquer le goût de l'autre, fut mis en usage. Il y eut de quoi travailler pour tout le monde ; les marchands de modes, les coiffeurs, les agrémanistes passèrent les nuits. On ne vendit jamais tant d'étoffes, de dentelles, de pompons. On dit que toutes les femmes étaient veuves et qu elles se préparaient à passer en secondes noces. On prit des bains et on se parfuma, à tout événement. De la parure elles passèrent à ce qui fait qu'elles plaisent. Avant qu'on eût appris la dispariiion decette favoriie toutes les femmes de Paris se portaient à merveille. A cette nouvelle, elles se trouvèrent toutes attaquées d une migraine affreuse, et la plupart se rendiro^i a Versailles pour changer d'air. Le point princi, .1 était d'être vu du monarque et de lui parler. On
employa la ressource ordinaire des mémoires. Le stratagème avait réussi sous le régne précédent ; un mémoire adressé au roi par une veuve, qui lui demandait une pension de i.5oo livres, lui avait valu la couronne de France. Les nombreux billets doux qui furent donc écrits au prince, commençaient ainsi : « Supplions humblement Votre Majesté... »
Jeanne Antoinette Poisson, née à Paris le 22 décembre 1721, morte à Versailles le i5 avril 1764. Son père Antoine Poisson fut premier commis dans les bureaux des frères Paris, et sa mère vécut publiquement avec Le Normand de Tourneheim un des syndics de la ferme générale, qui lui fit épouser en 1741 son neveu Le Normand d'Étiolés. C'est en 1745 qu'elle devint officiellement la maîtresse du roi et qu'elle recevait en apanage, avec le litre de marquise, le petit village de Pompadour, dans la Corrèze, un petit hameau d'environ quatre cents habitants etaujourd hui — quelle épigramme involontaire — «haras national ! »
Un pastel de Latour — peut-être est-il au Louvre — représente Mme de Pompadour dans tout l'éclat de sa tyrannie, de sa beauté. La marquise est assise près d'une table couverte de livres, où l'on distingue L'esprit des lois et V Encyclopédie : ces deux œuvres monumentales qui parurent sous son règne. La marquise est coiffée de ses cheveux légèrement poudrés ; elle est vêtue d'une robe ouverte, à grand* i carnages ; elle est chaussée de mules à talons dignes d'un pied oriental. Elle a le cou fièrement attaché ;