LIVRE V
Ta demandes la court, mon ûlz, et tu la déesses deffcr : Ta me diz quelque (oiz que c'est l'escoile de louis hecesîtté : il est vrai qu'elle est pleins de gens ressemblants bons et \m:iH. et que c'est ur.g lieu remply de gens expérimentez à Lier, et mal. La court apprend à se vestir konnestemenl , parler ckincternd. rre sûrement, dormir k/erement, escouter tous vents vanter sans murmure ; mais le tout est fait par vaine gloire, ad:.:;:: ou ypccrisie. Les honnesîement vestus sent en dedans pleins k mosque-ne et ïriision , et iLv.st- :.t de chacun; les peu parlants sent envieux, sondeurs de mailiccs, inventeurs de trahisens, ceulx qui dorment légèrement veillent jour et nuit à supplanter leurs ocmpaignons et faire quelques monopolles.
La court esl une humilité ambicieuse, une chasteté lubrique, une mcè'raticn furieuse, une amour ennuyeuse, une justice corrompue, une halcnduiice a!iamée, une haultesse misérable, ung estât sans seur^.é , ung comtemptemenl de vertus, une exaltation de v.:s, une mourante vie, et un] mort vivante: Les plus hault iàm sont en plus grand danger que les bas assis : car Fortune ne se nt fors le trelacheinent des grands.
\.i :Yii:ricl!i::. i ^or. fiL.
Le vieil arbre de la royauté avait poussé de trop profondes racines dans le sol de France pour céder aux premiers efforts : un long ébranlement devait précéder sa chute. Si un homme étranger à notre pays, à nos mrrurs, à notre religion, se rencontre en position de porter les coups, celui-là doit porter aveuglément les
un
plus décisifs. Genevois, républicain el calviniste, M. Nccker sera cet homme.
Simple commis dans la maison de M. Télusson , il avait su en peu de temps élever sa propre fortune au niveau des plus considérables d'alors, et conquérir une haute renommée de capacité financière. Madame Necker aussi apportait sa part d'habileté . et ne se laissait pas oublier dans la réputation de son mari. Elle s'occupait activement de l'amélioration des hôpitaux . y contribuait par des dons éclatants , et se lia avec ceux des gens de lettres qui s'étaient institués dispensateurs de toute popularité. Elle encouragea même M. Necker à donner par quelques titres littéraires un lustre indispensable à ses succès. Il publia d'abord un Éloge de Colbert , dans lequel il développa l'appareil de ses connaissances sur le crédit et le commerce, puis un ouvrage sur la législation des blés où il attaquait Turgot. Malgré ses défauts, peut-être même à cause de ses défauts alors fort en vogue, l'enflure et la fausse philanthropie, cet écrit produisit une grande sensation. La mode était de populariser les sciences : les mathématiques . l'astronomie, la physique occupaient les esprits sous les formes les plus superficielles. La philosophie se distribuait en vers et en prose , sur le théâtre et dans les romans ; les finances seules restaient dans le domaine poudreux des anciennes études. M. Necker fut proclamé l'heureux génie qui devait initier la nation aux vieux arcanes du Trésor, et prêter aux chiffres une élo-