‹ Louis XVIChapitre 21 sur 53 · AH · texte numérisé non relu

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de punir. Les négociations ne devaient-elles pas aussi profiter aux meneurs du tiers état. C«nt quaranteneuf députés ecclésiastiques, ayant à leur tête les archevêques de Vienne et de Bordeaux, vinrent grossir ses rangs dès le 22. Les députés de la noblesse du Dauphiné firent la même démarche; Bailly les accueillit tous avec les plus décevantes promesses.

Enfin, k séance royale s'ouvrit le 29 juin, à dix heures du matin. Les ministres étaient assis sur des tabourets au pied du trône; un seul siège était vide et fixait tous les regards , c'était celui de M. Necker Louis XVI prit la parole en ces termes :

« Messieurs,

« Je croyais avoir fait tout ce qui était en mon pouvoir « pour le bien de mes peuples, lorsque j'avais pris la ré- « solution de vous rassembler, lorsque j'avais surmonté « toutes les difficultés dont votre convocation était en-

< M. Necker, dont la défection paralysait le pouvoir dans le moment le plus critique , n'a laisse après lui qu'une incomplète justification.

« Sans doute la déclaration du 23 juin ressemblait au plan que j'avais donné, et le plus souvent elle en était une copie ou une imitation parfaite. Mais que signifie cette similitude partielle , quand il est question d'une organisation politique? »

Mémoires de M. Necker, tome IX, page 182.

« tourée, lorsque j'étais allé pour ainsi dire au-devant « des vœux de la nation, en manifestant à l'avance ce que « je voulais faire pour son bonheur.

m II me semblait que vous n'aviez qu'à finir mon ou- « vrage, et la nation attendait avec impatience le moment « où, par le concours des vues bienfaisantes de son sou- « verain et du zèle éclairé de ses représentants, elle allait « jouir des prospérités que cette union devait lui pré- <• parer.

« Les états généraux sont ouverts depuis plus de deux ■ moi., et il. n'ont point encore pn .'entendre .nr le. « préliminaires de leurs opérations. Une parfaite intelli- « gence aurait dû naître du seul amour de la patrie , et « une funeste division jette l'alarme dans tous les esprits. « Je veux le croire et j'aime à le penser, les Français ne « sont pas changés ; mais pour éviter de faire à aucun de « vous des reproches, je considère que le renouvellement « des états généraux, après un si long terme, l'agitation « qui l'a précédé, le but de cette convocation , si diffé- « rent de celui qui rassemblait vos ancêtres , les restric- « tions dans les pouvoirs, et plusieurs autrescirconstances, « ont dû nécessairement amener des oppositions, des dé- « bats et des prétentions exagérées.

« Je dois au bien commun de mon royaume , je me « dois à moi-même, de faire cesser ces funestes divisions :

« C'est dans cette résolution , Messieurs, que je vous ras- « semble de nouveau autour de moi; c'est comme le père « commun de tous mes sujets, c'est comme le défenseur « des lois de mon royaume, que je viens vous en retracer « le véritable esprit , et réprimer les atteintes qui ont pu « y être portées.

<« Mais, Messieurs, après avoir établi clairement les « droits respectifs des différents ordres , j'attends du zèle « des deux premiers ordres pour la patrie , j'attends de « leur attachement pour ma personne , j'attends de la « connaissance qu'ils ont des maux urgents de l'Etat , « que dans les affaires qui regardent le bien général , ils « seront les premiers à proposer une réunion d'avis et « de sentiments que je regarde comme nécessaire dans « la crise actuelle et qui doit opérer le salut de l'Etat. »

Un des ministres lit alors une déclaration qui annule , comme illégales et inconstitutionnelles , les résolutions prises jusque - là par l'ordre du tiers. Sa majesté autorisait cependant les trois ordres à délibérer en commun sur les affaires d'une utilité générale, et dans la vue de faciliter cette réunion, permettait que les délibérations, en pareil cas, passassent à la pluralité des deui tiers des voix.

Le roi continue ainsi :

«« J'ai voulu aussi, Messieurs, vous faire remettre sous

« les yeux les bienfaits que j'accorde à mes peuples. Ce « n'est pas pour circonscrire votre zèle dans le cercle que « je vais tracer ; car j'adopterai avec plaisir toute autre « vue de bien public qui sera proposée par tes états gé- « néraux. Je puis dire, sans me foire illusion, que jamais « roi n'en a fait autant pour aucune nation ; mais quelle « autre peut l'avoir mieux mérité par ses sentiments que « la nation française? Je ne craindrai pas de l'exprimer : « ceux qui , par des prétentions exagérées , ou par des « difficultés hors de propos , retarderaient encore l'effet « de nos intentions paternelles , se rendraient indignes « d'être regardés comme Français. »

On lut alors une seconde déclaration dont voici les dispositions principales :

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