LIVRE X
la bataille de Pavi» envipt la CharLreusE de toutes paris, 'il: dj irrita point la sérénité & Chartreux.
Le rci Francs I, ayant été pris prc-:he d:S mars de leur fut conduit par use h*Le dans kur^lse. Là. s'était mis à : r.cax devant le (jrad autel, dans le Imi: que les ::il;i ux i L n: au chœur, et qu'ils chnlihr.t le psaurna 118, après qu'ils •".j-nt a:h;vé le verset 70 et fait la pause nèrassajre . le rai les prévit et ait par cœut à haute voix le verset suivant, qui sa renccntrait s; à propos pour sa cendatien:
Bcnura mih: quia brouasli ne. ut discam justification* tuas.
Semeur, il m'a été très-utile que vous m'ayez humilié, afin que l'apprenne vos commanlements.
lacquee-Auguete de i bou.
Le roi n'est plus ! l'homme seul reste sous nos yeux ,
l'épreuve décisive commence , les prestiges d'emprunt ont
disparu , la force ou la faiblesse se montrent dans leur
sincérité, et cette épreuve est le triomphe de Louis XVI.
L'homme chrétien survit au monarque, et, débarrassé
de la couronne qui le gênait , son front se trouve à l'aise
sous l'auréole : les mêmes rayons éclairent l'extrémité de
sa carrière et la candeur de sa jeunesse. S'isolant dans le palais de Louis XV, il avait maintenu intact le trésor des vertus dédaignées; aujourd'hui ce sont les mêmes vertus méconnues, aux prises avec la corruption populaire. Jeune et solitaire, jadis, dans un pavillon de Versailles, il voyait passer, joyeusement, la luxure et l'ironie : roi délaissé aujourd'hui , il a pour demeure une petite tour de quelques pieds carrés , où la révolution apparaît à travers les grilles avec des têtes au bout des piques. " Etait -il sans grandeur et sans fermeté, le prince que la prospérité ne put séduire , que l'infortune ne put vaincre !
La famille royale arriva au Temple après avoir vu la statue de Louis XIV renversée de son piédestal , et la foule qui criait : « Ainsi sont traités les tyrans !» Le palais du Temple avait appartenu à l'ordre de Malte, et contenait des appartements assez commodes. Cest là d'abord que descendirent les captifs ; mais Manuel , procureur de la commune , vint pendant leur souper les prévenir qu'ils n'y devaient pas demeurer j on leur avait assigné pour prison la tour qui servait aux archives de l'ordre '.
On envoya aussitôt les deux valets de chambre du roi ,
« Il est inutile d'indiquer à chaque page les détails puisés dans Cléry, Hue ou l'abbé Edgeworth. Les guillemets indiqueront seulement les passages copiés textuellement.
Hue et Chamilly, pour y préparer les lits; un municipal portant une lanterne les précédait ; ils baissèrent la téte sous une porte étroite et basse . montèrent un escalier tournant , et entrèrent dans une chambre pourvue de trois chaises et d'un lit malpropre . sur lequel le municipal jeta une paire de draps. M. Hue ne pouvant cacher son mécontentement , le municipal lui répondit : « Ton maitre était accoutumé aux dorures : eh bien! il verra comment on loge les assassins du peuple. >» Le roi entra bientôt; il ne témoigna ni surprise ni humeur; il regarda quelques gravures restées sur la muraille et dont les sujets ne lui convenaient pas; il les ôta lui -même en disant : « Je ne veux pas laisser cela sous les yeux de ma fille ; ■> puis il se mit en prières. Les factionnaires , posés à sa porte , étaient relevés d'heure en heure , et chaque jour on changeait les municipaux de garde.
Dès son entrée au Temple , le roi se traça un règlement de vie dont il ne s'écarta plus. Lorsqu'il était habillé . il passait dans une tourelle attenant à sa chambre , s'y enfermait , récitait ses prières , et lisait jusqu'au moment du déjeuner. Alors, il se réunissait à sa famille; après le souper il remontait dans sa chambre , rentrait dans la tourelle, et reprenait , jusqu'à onze heures du soir, ses occupations de la matinée. Ce cabinet avait pour tous meubles quelques chaises et un guéridon sur lequel le roi plaçait ses livres habituels, entre autres l'Imitation de Jésui-Chritt , qu'il lisait soir et matin.
loi (s \\ I.
On iortitia la tour, on abattu les édifices qui l'environnaient , on creusa les fosses et on éleva les murs d'enceinte. Ces mesures touchaient peu le roi : on voulut le frapper à un endroit plus sensible : deux officiers municipaux vinrent lui annoncer qu'en vertu d'un arrêté de la commune , toutes les personnes de service entrées dans la tour avec Sa Majesté allaient sortir du Temple sous bonne garde m Messieurs , c'est en vertu d'un ordre du inaire que ces personnes m'ont suivi. — N'importe, répondirent-ils; la commune choisira d'autres personnes pour vous servir. » Le roi reprit : « Si l'on persiste dans le dessein d'éloigner de nous les seuls serviteurs qui nous restent ici , je déclare que ma famille et moi , nous nous servirons nous-mêmes. Qu'on ne nous présente donc qui que ce soit. » Les municipaux se retirèrent pour aller porter cette réponse au conseil de la commune. Vers cinq heures, Manuel vint au Temple, et, sensible malgré lui au chagrin que lui témoignèrent la reine et madame Elisabeth , il promit de faire suspendre l'exécucution de l'arrêté.
Mais, dès la nuit du 29 août , ces projets furent repris. Le roi était couché; Hue et Cbamilly venaient de se jeter sur le matelas qui leur servait de lit commun. A minuit.
1 Ces personnes étaient : la princesse de Lamballe , madame et mademoiselle de Tourzel , mesdames Thibault Saint-Brice et Bazire , MM. HiicetChamilly.
deux commissaires de la municipalité entrèrent. « Ètesvous les deux valets de chambre de Louis? » demandèrentils. Sur leur réponse affirmative , ils leur ordonnèrent de se lever et de les suivre. Descendus dans l'antichambre de la reine ^ ils y trouvèrent la princesse de Lamballe et madame de Tourzel déjà prêtes à partir, « leurs bras étaient enlacés avec ceux de la reine , de ses enfants, de madame Elisabeth : elles en recevaient de tendres et déchirants adieux. » La porte de la tour s'ouvrit; on appela tous ceux qui avaient accompagné la famille royale ; on les fit monter dans des voitures de place , des officiers municipaux y entrèrent avec eux, des gendarmes les escortèrent. En proie aux idées les plus sinistres , ils avançaient «ans savoir où on les conduisait.
M. Hue fut emmené à l'Hôtel-de- Ville , subit un interrogatoire , et obtint la permission de reprendre son service. « Quel fut mon bonheur de rentrer au Temple! dit-il . Je courus à la chambre du roi , déjà levé et habillé ; ce prince faisait, dans la petite tour, ses lecture» accoutumées ; dès qu'il me vit , l'empressement de connaître ce qui s'était passé , le fit avancer vers moi ; mais la présence des officiers municipaux s'opposa à tout entretien J'indiquai des yeux que pour l'instant la prudence me défendait de m'expliquer. Le roi , qui sentait comme moi la nécessité du silence , reprit sa lecture , et attendit un moment plus opportun. »» Ce ne fut qu'au bout de plusieurs jours que M. Hue put instruire brièvement le roi
des questions qui lui ayaient été adressées et de ses réponses. Quant à ses compagnons , il en avait été séparé à l'Hôtel-de-Ville , et il ignorait absolument leur sort.
Dans l'après-midi, vers six heures, Manuel se présenta. « Que sont devenus les amis que vous m'avez enlevés? s'écria le roi en l'apercevant. — Ils sont prisonniers à l'hôtel de la Force, répondit Manuel. — Que ferez-vous du moins du dernier serviteur qui me reste ici? — La commune vous le laisse; mais comme il ne pourrait suffire à votre service, on enverra des gens pour l'aider. — Je n'en veux pas, dit le roi ; ce qu'il ne pourra pas faire, nous y suppléerons. A Dieu ne plaise que nous donnions volontairement aux personnes qu'on nous enlève le chagrin de se voir remplacer par d'autres. »
Madame Elisabeth quitta alors son premier logement, qui était l'ancienne cuisine de la tour, et vint s'établir dans celui de madame de Tourzel; le jeune dauphin coucha dans la chambre de la reine, et Madame royale auprès de madame Elisabeth. Le rez-de-chaussée fut destiné à l'usage des municipaux; le premier étage servait de corps-de-garde; le roi occupait le second; la famille royale le troisième. Chargé du service des princesses, comme.de celui du roi, M. Hue montait à huit heures chez la reine ; il la trouvait levée ainsi que M. le dauphin. Elle ne pouvait disposer avec liberté que des instants qui
s'écoulaient depuis 8on lever jusqu'au moment où il se présentait; avec lui entraient, pour le reste du jour, les municipaux constitués de garde par la commune. Ils passaient la journée dans la chambre même de la reine, et la nuit dans une petite pièce qui séparait son logement de celui de madame Elisabeth. L'occupation des princesses, quand la nécessité ne les forçait pas à raccommoder leurs vêtements et ceux du roi, était un ouvrage de tapisserie.
Le roi continuait l'éducation de son fils. N'ayant pu obtenir de cartes de géographie, il traçait sur du papier les points limitatifs des provinces, la position des mon • tagnes, le cours des fleuves; à ce cadre ainsi préparé, M. le dauphin adaptait les noms. La reine enseignait en même temps à Madame royale tous les talents qu'elle possédait. Elle avait obtenu , pour les leçons de dessin , quelques modèles de têtes antiques ; un municipal s'imagina reconnaître les portraits des rois coalisés contre la France ; peu s'en fallut qu'il ne rédigeât une dénonciation. Pour apprendre l'arithmétique au dauphin , Louis XVI avait composé une table de multiplication; un municipal prétendit qu'il montrait à son fils à écrire en chiffres, et il fallut renoncer à ce genre de leçons.
La bibliothèque de l'ordre de Malte était restée à sa place, et le roi put y choisir des livres. Pour le distraire de ses lectures et de son travail , la reine et madame Elisabeth faisaient avec lui une partie de piquet ou de iric-