‹ Louis XVIChapitre 47 sur 53 · LETTRE ADRESSÉE AU R«N · texte numérisé non relu

LETTRE ADRESSÉE AU R«N

Sire , il est à craindre que la convention nationale se décide à Caire le procès à Votre Majesté. Si Votre Majesté croit que , sans trahir l'indépendance de la couronne qu'elle a reçue de ses ancêtres , il lui est permis d'avouer la juridiction de la convention nationale en se défendant devant son tribunal , j'ose la supplier de me choisir pour son défenseur.

A peine connu de Votre Majesté , et n'en ayant reçu aucune grâce , mon amour pour elle ne peut être que l'effet de l'amour que je porte à la monarchie, que la suite nécessaire de ce sentiment profond qui lie tout homme de bien au gouvernement de son pays ; et peut-être que cette circonstance , malheureuse dans tout autre temps , me rend plus propre qu'un autre à défendre, par de grandes raisons d'intérêt et de bonheur public , dans la personne de Votre Majesté, la cause de tous les rois.

On ne manquera pas de dire à Votre Majesté qu'ayant été constamment dans des principes opposés à ceux de la révolution , il est à craindre que je ne jette sur sa cause la défaveur attachée à ma personne. Mais . si Votre Majesté daigne se souvenir que j'ai défendu tous les droits de son trône , sans que nul ait osé me soupçonner de ne pas aimer la liberté ; que , dans ces temps de malheur et de haine , où les

PIÈCES JUSTIFICATIVES

serviteurs de Votre Majesté, ou ceux restés lidèles au gouvernement de leurs pères, ont été livrés à toutes sortes d'outrages et de diffamations , je suis le seul contre lequel aucune haine publique ou particulière n'a été dirigée ; Votre Majesté pourra croire que je suis aussi le seul A qui il soit permis de la dérendre avec quelque succès.

La grâce que je demande à Votre Majesté me sera plus précieuse que toutes celles qu'elle eût pu m'accorder dans la toute-puissance dont elle a joui; elle sera la plus haute récompense que je puisse recevoir de la constante fldélité que je lui ai gardée; et plus j'y pense , moins je puis croire que mes efforts et mon zèle soient entièrement inutiles au succès de sa cause.

Je suis avec le plus profond respect , Sire,

De Votre Majesté, Le très-humble, très-obéissant et très-fldèle serviteur et sujet,

Cazales.

s.NiUhWoM . ce 30 uuvembre 17*1.

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