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phe par excellence sous le règne de la philosophie, il a magnifiquemeni exposé les harmonies de Dieu et de l'univers.
Quand Tui^ot écrivit dans l'Encyclopédie, Rivarol le peignit d'un seul mot : « C'est un nuage qui écrit sur le soleii. > Oui, Turgot fut un nuage dans le ciel orageux du dix-huitième siècle, mais un nuage qui marchait avec le soleil et qui devait féconder un champ. Voltaire disait de Turgot qu'il avait trois choses terribles contre iui : les financiers , les fripons et la goutte. Aussi succomba - 1 - il contre ces trois adversaires ; mais, avant de succomber, il avait eu le temps de moatrer la France iuture à la France dégénérée.
Ce grand citoyen était un sage : il disait que la Emilie est un sanctuaire dans le temple de la société, et il vivait seul , n'ayant pu saintement entrer dans le mariage. C'était plus qu'un sage, c'était plus qu'un citoyen, c'était plus qu'un philosophe, c'était un homme. Quand il tomba du ministère, Voltaire lui écrivit une épitre sous ce mot éloquent : A un homme'.
Mais ie ne dirai pas le génie, l'héroïsme et la folie de tous ces vaillants et téméraires soldats de la pensée. Je passe devant la science de Condorcet, l'athéisme de d'Holbach et l'esprit sans spiritualisme d'Helvétîus. Je vais droit à l'œuvre.
Dans cette grande expédition à la recherche de la vérité, la science ouvre la marche. Jusqu'au dis-septième siècle , la science était l'humble servante de la théologie. Çà et là, les hommes avaient osé démentir les opinions reçues, mais leur voix s'étaient éteintes dans la torture ou dans les ilammes du bûcher. Maintenant le bûcher ne fait plus peur : la lumière en sort.
Coo'ilc —
lO LE DIX-HDITièllE SIÈCLE
D'Alembert appuie l'échelle des mathématiques sur l'édifice du dogme. Désormais la conscience individuelle est la base de la certitude ; le calcul en est la démonstration, les chiffres prouvent et démontrent tout, et c'est Tessaim nouveau que la main du philosophe ISche comme une volée de sauterelles sur le champ des anciennes croyances. A la philosophie de l'autorité se substitue la philosophie de la raison. Tous les phéno* mènes du monde physique sont ramenés à des causes naturelles ; le merveilleux est détrôné ; ii n'y a plus qu'un miracle, la vie universelle. Les cieux sont ouverts; les espaces étoiles que traverse la pensée humaine s'étonnent de recevoir des lois. L'homme commande à la création, i Voilà ce que tu es, dit-il à l'univers, et je te défends d'être autre chose, n Antée sera quelquefois renversé dans sa lutte -sublime et terrible avec l'inconnu : que lui importe ? A chaque fois il louche la terre, c'est-à-dire la base matérielle des sciences, et ses forces renaissent. Pauvre enfant perdu ou trouvé, d'Alemberta sucé la mamelle sèche de l'infortune. Souffrir, c'est aimer; aimer c'est apprendre, Sa mère est la pauvre femme d'un vitrier, son amante est l'algèbre. Mais ce volcan sous la neige a des clartés qui étonnent. Sa raison s'échauffe par moment et s'élève jusqu'à la sympathie universelle. Mathématicien panthéiste, il trouve Dieu au bout de ses calculs ; il le trouve partout et toujours ; il le découvre dans l'odre immuable de la nature, dans les progrès de la raison humaine, dans l'immensité de l'invisible, comme dans les abîmes du monde microscopique. Le chiffre est la clef avec laquelle il ouvre la porte du temple nouveau, et ce temple c'est l'infini,
D'Alembert a pris d'assaut le monde physique ; il a même élevé les mathématiques jusqu'à la découverte des lois morales. Diderot va découvrir l'homme. La physiologie est son domaine. « Connais-toi toi-même!»