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LES SCULPTEUaS ET LOS PEINTRSS iSl
plus jolies images du peintre. Elle mourut à vingtquatre ans, ■ trop belle, disait Boucher inconsolable, pour vivre longtemps sous le ciel de Paris. ■
Moins de dix-sept ans après son mariage , Boucher maria ses filles à deux peintres qui n'Étaient pas de soD école, Deshays, qui eut presque du génie, et Baudouin, qui eût été le La Fontaine de la peinture, si la naïveté ne lui eût fait trop souvent défaut. Madame Boucher et ses deux filles passèrent leur vie dans l'éclat du monde et dans les larmes. Toutes belles et toutes charmantes qu'elles étaient, elles se virent souvent délaissées pour des filles d'Opéra ou d'autres femmes de hasard. Boucher, Deshays et Baudouin avaient mordu à la grappe amère des mauvaises passions; ils ne furent qu'un instant sensibles à la grâce et à la vertu de l'épouse ; le chaste parfum du foyer ne tint point leur cœur sous Le charme : ÎL fallait une plus folle ivresse à ces âmes perdues, il ^lait une coupe moins pure à ces lèvres souillées. Ce n'était point assez des cheveux odorants de l'épouse pour enchaîner leur amour ; ils recherchaient les bras lascifs, les étreintes mortelles, toutes les chaînes aiguës de la volupté. lia en moururent tous les trois en même temps, en moins d'une année, le plus jeune le premier, Boucher le dernier, après avoir été témoin du désespoir de ses complices. Deshays était doué. 11 avait, en lySo, le sentiment de ta beauté et de la grandeur. Aussi Boucher, homme de bon sens quelquefois , voyant un pareil élève dans son atelier, se garda bien de lui. donner des leçons ; il se contenta de lui donner sa fille , .lui disant dans sa gaieté : * Étudie avec elle. • Pour Baudouin*, c'était Greuze et Boucher en minia-
* Baudouin, dans ses gouaches, a continua Klinsgteth. On pourrait dire que c'étail^Greuze et Boucher en miniature^ en
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ture, ou, selon Diderot, i du Fonteuelle brouillé avec du ThéOcrite. >
Boucher poursuivit donc sa carrière dans la même voie fatale où il s'était perdu sur tes pas de son maître. Malgré tout l'argefat qu'il gagnait et toutes les glorioles de chaque jour, il ne fut jamais heureux : il lui a tou- - jours manqué la conscience du cœur et celle du talent; il avait trop bien le sentiment de ses &utes d'homme ec de ses âutes de peintre ; il comprenait qu'il gaspillait en vaines étincelles le peu de feu sacré que le ciel avait allumé dans son âme aux beaux jours de sa jeunesse ; it pressentait que son œuvre périrait avec lut. Pour se distraire, il épuisa toutes les distractions. Sur la fin de sa vie, il se rapprocha un peu de la nature : il lui fit bâtir, comme pour faire amende honorable, une espice de temple, c'esc-à-dire un cabinet d'histoire naturelle, où Bufibn a plxts d'une fois étudié ".
Il ae cessait pas d'aller dans le monde. Madame
effet, OD retrouve dons Baudouin de petits auges libertins, des cruches cau^, des vierges coquettes. Tout cela était destiné au boudoir de la petite-maîtresse, à la petite maison des roués. Il se fit surtout remarque'r en peignant les aujets des Contes de La Fontaine ; il finit par créer luimême ses sujets. C'était le plus souvent des paysanneries amoureuses. Baudouin.nétrop Ikiblepour s'élever au-dessu* du goût de son temps, se contenta d'fire, comme tous les autres, un mauvais peintre plein de séductions. Dans ce temps où la peinture manquait de mceurs, on ne s'étonnait pas qu'un artiste comme lui osât peindre la vie des saints du même pinceau qui avait servi à reproduire les Contes de La Fontaine. On lui trouva même un bon sentiment religieux : l'archevêque de Paris fit graver, pour un missel, ses huit tableaux de la vie de la Vierge.
* A sa mort, ce cabioet fut vendu cent mille livres. Ce fut tout ce que Boucher laissa d'une graode fortune. C'était, di- •ail-il, pour payer son enterrement. ■