‹ Louis XVI et sa courChapitre 119 sur 172 · CH A IM T II K Y · texte numérisé non relu

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au prince d'appeler près de lui, les assemblées des Notables 11’avaient que voix consultative, mais elles ne décidaient de rien. biles étaient dans les coutumes de la monarchie , et quoiqu’on 11’en eût pas vu depuis Richelieu, il n’y avait pas de raison tirée de ce que l’institution de la monarchie absolue avait de plussévère , pour qu’on leslaissâl tomber en désuétude. Si donc, en 1787, leur convocation par Calonne produisit un grand effet, et pour certaines classes un si grand scandale, c’est que les pouvoirs mourants voient partout l’arrêt de leur perte; disons de plus qu’avec les idées anglaises qui entraient alors dans les esprits, toute réunion d’hommes assemblés pour délibérer sur les besoins publics semblait annoncer et présager un nouveau régime d’institutions.

f>a convocation des Notables n’était à proprement parler qu’une décoration pour les projets de Calonne. Poussé de faute en faute jusqu’à la limite la plus extrême , cherchant à faire ressource de tout , cet esprit qui savait si bien par quels moyens les hommes s’enlèvent , et quels spectacles il faut aux imaginations , avait cru que l’adhésion solennelle, éclatante, d’hommes choisis dans les divers ordres de l’Etat, donnerait à scs plans une grande influence. Quoi qu’il en pût être, il les avait arrêtés et soumis au roi, et Louis XVI avait pu y reconnaître des idées qu’il avait repoussées quand , pluspuresct mieux enchaînées, elles portaient lesnoms

de Machaut, «le Turgot, de Necker. En effet, avec cette audacieuse légèreté qui faisait le fond de son caractère , Galonné avait pris partout ce qu’il appelait son système. 11 voulait supprimer les vingtièmes, frapper toutes les terres d’une imposition égale , et créer des assemblées de province; de plus, il abolissait la corvée, diminuait la gabelle, établissait la liberté du commerce des grains, et parlait de vingt millions d’économie. Qu’étaient-ce «pie de telles réformes sinon ce qu’on avait essayé déjà, ce qu’on avait interrompu , soit à un temps, soit à un autre , et ce qu’on allait reprendre en sousœuvre, de guerre lasse, de désespoir, d’impuissance, avec un homme bien moins capable , bien moins convaincu que ceux que l’on avait renvoyés ? Disons-le hardiment, s’il y avait plus inconsistant que Galonné, c’était le cabinet , qu’il entraînait à la dérive de scs desseins!

La seule chose qui appartînt réellement à Galonné dans cette confusion des idées d’autrui qu’il prenait pour sa conception , c’était la pensée d’une convocation des Notables. 11 craignait les refus d’enregistrement de la part des parlements, et il avait raison de les craindre. Si ces refus avaient eu heu quand des hommes aussi considérés que Necker et Turgot étaient ministres , à «pioi ne devait pas s’attendre l’ancien procureur général dans l’affaire La Ghalotais, venant se faire aussi l’apôtre des réformes contre lesquelles les parlements s’étaient

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