‹ Louis XVI et sa courChapitre 127 sur 172 · C H A P I TU K V · texte numérisé non relu

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disaient bien haut qu elle l'était. Elle avait à sou service tout ce qui produit l'action la plus décisive sur un homme continent!, honnête et faillie. Elle savait s’éplorer à propos, et enlever d’assaut par ses larmes tout ce qui résistait à ses emportements. Elle avait prise sur le roi jiar tous les genres d’ascendant; qui pouvait lutter contre sou effort ? Elle avait pleuré et éclaté contre Galonné quand il s'était agi de renvoyer Breteuil , et c’était Galonné, lui-même, qui avait été renvoyé. Elle voulait pour ministre Loménie. dejlrienne; il était certain qu’elle l'obtiendrait. Cependant M j deMonttnorin fit une nouvelle tentative : le nouveau garde des sceaux, Lamoignon, s'unit .à ilui pour décider le rappel de Necker. On dit que sans lirqtetiil , le prcte-npmde la reine dans le conseil, Louis XVI mit cédé à Lamoignon età Monlmorin, qui insistèrent avec une forte conviction sur l’ urgence du retour de Neckcr. « Eh bien ! il, n’y a qu’à le rappc- 1er, «dd Louis XVI, avec cette lassitude mêlée do colère d'un homme (|ui veut ses aises avant tout. Mais au moment de. clore la séance, le baron de Itreteuil intervint, et dit qu’il serait funeste à l'autorité de faire ministre un hoiUMue qui arrivait .àpeine au lieu de son exil; çt il vanta les talents de Itrienne , et son influence sur l’assemblétsn des Notables. Connue il avait cédé pour Ncckcr (|u’il détestait, Louis XVI céda pour lîrienne qu’il méprisait. H ne caclin pas même sou mépris pour lui tout eu l’acceptant. Puis il lomlia dans cet aeyablemcnl et-

froyablé , suite ordinaire de ce grand désordre d’un esprit qui juge et d’une volonté qui agit contrairement à l’esprit. • • • ■ • •• ■

De ce jour, tout fut dit pour Louis XVI : jusque-là ce n’avait été qu’un roi faible, mais à partir de ces deux nominations contraires et données coup sur coup, Louis XVI sentit son néant, et s’y soumit. Les dernières résistances de la pensée expirèrent , et il s’affaissa. La reine était puissante déjà ; elle le devint davantage : avec Breteuil , avec Brien ne , le commandement allait partir désormais de Trianon ( i). Le peuple le savait, et s’en indignait, car il ne croyait pas que Marie-Antoinette fût loyalement reine de France ; pour lui, elle n’é-

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(1) Madame Campan rapporte que la reine lui dit un jour en soupirant : « Ah! il n’ y a plus de bonheur pour moi depuis qu’ils m'ont faite intrigante. » Je me récriai sur ce mot. « Oui , repritlâ reine, c’est bien le mot propre; toute femme qui se mêle d'affaires au-dessus de ses connaissances et hors des bornes de son devoir n'est qu’une intrigante; vous vous souviendrez au moins que je ne nie gâte pas et que c’est avec regret que je me donne à moi- meme on pareil titre; les reines de France ne sont heureuses qu'en ne se mêlant de rien... Savez-vous, ajouta cette excellente princesse que sa conduite plaçait malgré elle en contradiction avec ses principes, savez-vous ce qui m’est arrivé dernièrement ? Depuis que je vais à des comités particuliers , j'ai entendu , pendant que je traversais POEil-de-Bceuf, un des musiciens de la chapelle dire assez haut pour que je n’en aie pas perdu une seule parole : ( ne reine qui fait son devoir reste dans ses appartements à faire du filet. J’ai dit en moi-même : Malheureux , tu as raison , mais tu ne connais pas ma position :je cède à la nécessité de ma destinée. » ( Métn . de madame Campan, p. 224 .) ■ v a, a- ,-ai

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