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manda par arrêté des garanties pour la liberté individuelle. Le roi et le Parlement s’entre-choquaient inces-
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somment sur les questions les plus fondamentales. Il ne s’agissait plus de prince ou de membres du Parlement, mais de trois citoyens français. Il s’agissait de droits et de devoirs, c’est-à-dire ce qui , une année plus tard, faisait la Révolution tout entière!
Certes, il faut penser à ce qui se fit l'année suivante, pour ne pas prendre en pitié eette guerre misérable, cette espèce de F ronde pire que la première, toutes ces divisions entre le Parlement et le roi. L’action judiciaire, l’action administrative, en étaient empêchées; les pouvoirs publics tombaient dans la déconsidération qui suit les combats sans victoire; car dans ce conflit de la royauté et des parlements il n’y avait point de résultat : tout consistait en un antagonisme perpétuel. On ordonnait d’une part, on protestait de l’autre, et on roulait sans fin dans ce cercle de contradictions. Aucun n’avait le mérite de persister dans les mesures prises; on ne savait même point les rapporter avec netteté. Ainsi le duc d’Orléans fut autorisé presque furtivement à se rapprocher de Paris; on changea l’emprisonnement de Fréteau et de Sabatier en un exil. De fait, le gouvernement n’existait plus ; seule, la personne du roi restait sauve encore du large mépris qui s’attachait aux institutions et à ceux qui ne pouvaient plus les défendre; mais la reine était détestée et honnie. Lorsque le Parlement exilé à Troyes rentra dans Paris, on vit la joie publique insulter Marie-Antoinette par son triomphe.
(.IIAIMTIIE V.
Son favori Breteuil cl la duchesse de Polignac, son amie, furent promenés en effigie au milieu des huées, et, sans l’intervention de la police, l’image de la reine aurait subi le même opprobre. Plus tard, le Parlement, dont les passions auraient dû montrer plus de retenue , accusait cette princesse dans ses remontrances au roi, sans la nommer, il est vrai, mais avec une évidence audacieuse •
Toute hostilité constitue un grand rôle : la reine, depuis qu’elle était en hutte à tant de haine, cherchait à se montrer au-dessus de celte haine et digne du gouvernement. Elle assistait au conseil et ne manquait pas un comité; elle avait de grands côtés comme souveraine; elle cachait du caractère, de liantes qualités sous ses formes frivoles, mais elle payait cher les fautes de son jugement : ni son amitié, ni sa faveur, ni sa confiance n’avaient fait un heureux choix. Quand, plus tard, dans une entrevue célèbre, Mirabeau la frappa et l’entraîna par la grande exposition de ses desseins, c’est que le tour de cet esprit puissant exerçait une prodigieuse action sur l’imagination d’une femme, et que d’ailleurs les périls étaient tels qu’on n’avait plus le libre choix d’un sauveur. Dans toutes les situations, «lu reste , elle n’eût pas échappé aux favoris; mais le «langer «le scs sentiments était d’autant plus grand que son éducation avait été plus imparfaite. Elle valait mieux, à coup sûr, que ceux qui la dominaient; mais ses sentiments bor-
liaient son regard étrangement. Elle s'était eruelleinent méprise sur ce que valait Brienne, et cette illusion durait toujours. Elle épousait les ressentiments et les colères de ce ministre contrarié dans ses plans. Comme talonne, il était malade de ses excès au moment où il fallait une grande liberté d’esprit et une grande force d’application pour suffira aux soins d’un gouvernement chaque jour plus difficile. Sa principale affaire était d'accumuler les bénéfices sur sa tête; il s’enrichissait avec une cvnique avidité, line volait pas, mais il se faisait donner; et comme il pouvait tout, son opulence était scandaleuse. Rien n’était plus propre à justifier l'indignation publique que cette convoitise qui semblait irritée parles ardeurs d’un sang corrompu (i).<
Enfin le moment arriva où Brierme eut la pensée d’en finir avec la magistrature. Dans la pauvreté de ses combinaisons, il pensa simplement a annuler l’édit de rappel des parlements. Toujours copiste , il se Contenta d’imiter Maupeou, et demanda au garde des sceaux un projet de réforme qui ressemblait fort à un projet dé suppression (a).
(1) « L’état d’irritation dans lequel il vivait brûlait son sang, vicié par la débauche; une dartre le dévorait... L’archevêque de Sens mourut, et il se fit donner sa riche dépouille : il se gorgeait de biens ecclésiastiques... l'ne seule coupe de bois dans une de ses abbayes lui valut 900,000 livres. >• (Droz, Nist. de Louis XI'!, t. II, p. 01 .)
(2) De nouvelles remontrances du Parlement sur l’enregistrement forcé des emprunts (T I avril ) achevèrent de ruiner le crédit; l’ein-