‹ Louis XVI et sa courChapitre 14 sur 172 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

alors celle du commerce des blés; Machaut en avait rendu la circulation libre entre les provinces. Terray l'avait abolie dans l’intérêt d’une spéculation odieuse dontLouisXV tenait les fdsdansses mains, et qu’on désignait du nom de pacte de famine. Turgot rétablit la liberté du commerce des grains à l’intérieur. Les traces qu’ilavait pu saisir dans les papiers de Terray des odieuses manœuvres favorisées par ces entraves durent l’affermir encore dans scs principes favoris.

Mais la grande question qui restait pendante était celle des parlements. Il y avait sur ce point deux partis à la cour et dans le ministère ; le public était presque unanime, et se déclarait très-haut pour les anciens magistrats; le comte de Maurepas étudiait la cour, et ménageait les dispositions du roi. Il se donnait auprès de l’opinion comme un partisan du rappel. Il alla se montrer à l’Opéra, et y fut applaudi; puis il accourut à Versailles , et fit passer son petit triomphe pour le symptôme éclatant d’un sentiment général. Louis XVI était prévenu contre l’esprit des parlements , par les instructions du Dauphin son père et de ses gouverneurs. U fut ébranlé par ces manifestations publiques dont on l’entretenait; la jeune reine agissait sur lui dans ce

« de la dette constituée, vingt-huit millions d'anticipations. « Il a donc « diminué les dettes de l'État de cent douze millions... Il a laissé « les revenus publics excédant de près de quatre titillions les dé- « penses » (OEuo. de Turgot. Notice de Dupont de Nemours, t. I, p. 300.)

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sens, poussée par Choiscul, l’allié de la magistrature. Au sein de la famille royale, le rappel avait pour adversaires les tantes du roi, qui étaient à la merci du parti dévot (t), et M. le comte de Provence; les premiers pas de ce prince dans la vie politique ne faisaient pas prévoir la position qu’il prendrait plus tard. Monsieur, voué dès le jeune âge à la vie de cabinet, homme d’études un peu frivole , mais réfléchi dans sa conduite , rédigea ou autorisa de son nom un Mémoire sur la question des parlements, et dont cette phrase résume l’esprit : « Le parlement actuel a remis sur la tête .du roi la couronne que le parlement en exil lui avait ôtée, et M. de Maupeou, que vous avez exilé, a fait gagner au roi le procès que les rois ses aïeux soutenaient contre les parlements depuis deux siècles; le procès était jugé, et vous, mon frère , vous cassez, le jugement pour recommencer la procédure. » Les princes de Coudé, représentantsde l’esprit militaire et des idées de monarchie absolue, se prononçaient aussi contre le parlement. De l’autre part venaient la reine et le jeune comte d’Artois, frère du roi. De même que le comte de Provence, ce prince débuta par des idées dont il dévia beauc oup dans la suite : les deux frères changèrent de

(I) « Mesdames tantes se rendirent dtez le roi sans être attendues ni annoncées ; elles se jetèrent toutes trois à ses pieds, le suppliant de ne pas déshonorer la mémoire de leur père, en rétablissant une magistrature criminelle qu’il avait humiliée. •> ( Soiilanc, Stèm. du régne de JUttiix X! 7, t. H, p. 194. ) ..... .!• .•>:

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