‹ Louis XVI et sa courChapitre 46 sur 172 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ne l’est jamais, fut celui de son intérêt commercial, pour lequel elle avait trop durement, trop exclusivement stipulé. En effet, elle avait entravé par des taxes, par des prohibitions de toute sorte , le commerce des Américains. Déjà , en i , un impôt sur le timbre avait excité leurs réclamations. Un homme dont la générosité politique fut du génie dans la question américaine, le premier Pitt , depuis lord Chatam , avait épousé leur querelle, et fait révoquer (en mars 1766), à force d’éloqnence, l’impôt contre lequel ils avaient élevé la voix. Pitt, en récompense, avait été appelé encore une fois au gouvernement de son pays; mais, alors accablé d’infirmités cruelles, il 11’avait pu porter ce lourd fardeau. L’administration, abandonnée à elle-même , retomba dans la faute commise, et reprit l’imprudent et avide système de taxation qui devait faire tout perdreà l’Angleterre, en voulant lui tout conserver.

Ce fut en 1 774 que des navires chargés de thé arri vèrent (levant Boston et firent éclater une dernière fois l’esprit de résistance des Américains contre le système fiscal de l’Angleterre. A la nouvelle de l’arrivée de ccs vaisseaux, chargés d’une denrée soumise à un impôt arbitraire, les Bostoniens se levèrent eu masse, coururent aux navires, et, sous les yeux et malgré les efforts d’une garnison anglaise , jetèrent plus de trois cents balles de thé à la mer. Immédiatement après cet acte de rébellion , qui commençait une rupture qu’on voulait éter-

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nelle, l’insurrection fut proclamée : coup de foudre qui mit toute l’ Amérique debout. On improvisa dans chaque province des assemblées qui remplacèrent les délégués du gouvernement britannique. Les mesures de rigueur que prit lord Nortli , alors au ministère, précisèrent le caractère de celle révolution. 11 avait ordonné que le port de Boston fut fermé, et que le Massachusets, dont cette ville est la capitale, fût privé du droit d’élire ses magistrats. A cette nouvelle, l’agitation fut au comble : onsc préparai» la lutte armée; et, prenant l’initiative dont les événements lui avaient offert l’occasion , l’assemblée de Massachusets ordonna une levée de douze mille hommes. Bientôt ( le 4 septeinble 17*74) on vit s’ouvrir à Philadelphie ce fameux congrès d’oii sortit la déclaration des droits, et qui présenta le beau spectacle d’hommes résolus et calmes, délibérant dans une pensée commune avec des opinions contraires, et finissant par s’entendre à force de dévouement à la chose publique. Ce congrès envoya une adresse au roi d’Angleterre et une autre au peuple anglais, avant de se séparer, puis arrêta qu’un nouveau congrès aurait lieu et s’assemblerait le 10 mai 177 5 .

Georges III était alors sur le trône d’Angleterre : c’était un prince d’une grande bonté et qui aimait la justice ; mais, dans ce gouvernement anglais, conçu et réalisé en dehors des qualités personnelles d’un monarque, le prince 11e donne guère à son règne que son nom. l)e fait.

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