‹ Louis XVI et sa courChapitre 48 sur 172 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

étroitement l'ennemi dans la ville. Malgré son désir d'attaquer, il ne voulait pas faire courir les cliances d’un bombardement et d’un assaut à une ville américaine ; mais ses opérations furent si bien conduites , que les Anglais capitulèrent sous condition que l’armée américaine n’inquiéterait pas leur embarquement. Cette reprise de Boston était un événement considérable cpii ajoutait encore à l’effet produit par les succès de Lexington et tle Bruuker’shill. 11 atténuait ce qu 'avait de fâcheux pour la, cause de l’Amérique le seul fait de ce temps qui ait mêlé quelque tristesse à ces joies viriles des premiers jours de l’indépendance : l’expédition du Canada (1775) tentée }>ar le colonel Arnold avec le courage le plus brillant et le moins heureux ; car le Canada , qu’Arnold voulait insurger, resta fidèle à l’Angleterre.

C’était donc dans des circonstances très-favorables que le nouveau congrès s’assembla (4 juillet 1776). Franklin assistait à ce congrès; ce grand esprit scientifique, qui étaitaussi un esprit pratique du premier ordre, revenait alors d’Angleterre, où il avait été chargé de représenter les intérêts de son pays. 11 les y avait soutenus avec une grande noblesse et une profonde habileté. Il y avait donné bien des embarras aux ministres : il y avait semé et recueilli bien des sympathies pour la cause de l’indépendance américaine. C’était un de ces rares diplomates qui savent s’arrêter dans la finesse assez à temps pour que la hauteur du caractère n'en souffre pas.

C’ctail lin beau vieillard sur la tête de qui les cheveux blancs

semblaient avoir été mis pour entraîner par le respect et par la confiance. Franklinavait parfaitement réussi à tenir ses compatriotes au courant de la politique anglaise. C’était lui qui leur avait conseillé à temps de déclarer leur indépendance. 11 craignait les projets de conciliation a ppuyqs d’une armée : « Il n’y a qu’un moyen, répétait-il sans cesse, de n’être pas pris pour des rebelles, c’est de se déclarer indépendants. » 11 ne se trompait pas; dans dé certaines circonstances, les mots sont des choses. Le congrès vit le sens de ce qu’il disait, et la déclaration d’indépendance fut résolue; les rédacteurs en furent Franklin lui-même, Jefferson et Adams. Dès qu’elle fut proclamée, on l’envoya à Washington, qui la lut publiquement et solennellement à son armée. « Dans « celte déclaration, dit l’auteur américain de la Vie de « // as/iinglon, avec une simplicité qui ne manque pas « de grandeur, lescolonies de l’Amérique septentrionale « furent déclarées Etats libres et indépendants, et depuis

’ * il . .

« lors le mol colonies ne se trouve plus dans leur his- « toire. »

Cette déclaration eut un effet immense, et justifia la pensée de Franklin. On peut dire cpie le monde l’accueillit avec un applaudissement unanime. La cause était si belle et l’effort si grand, qu’il n’y eut pas un doute, jxas une hésitation dans les sentiments du monde entier, et que les gouvernements, les chefs des États eurent fa gloire

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