‹ Louis XVI et sa courChapitre 69 sur 172 · CHAPITRE fil · texte numérisé non relu

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scs embarras semblaient s’accroître. Elle pouvait se rassurer, d’ailleurs, lorsqu’elle voyait ses ennemis engager leurs forces et les perdre dans des tentatives aussi vaines que le siège de Gibraltar.

Ce fut la plus bizarre aventure de l’époque ; le blocus de Gibraltar avait été le premier acte d’hostilité de. l’Esjiagne contre l’Angleterre. Il fallait une grande confiance en soi-même pour penser qu’on viendrait à bout de cette prodigieuse fortification , et que don Juan de Langaru pourrait, avec ses neuf vaisseaux de ligne, empêcher un marin delà force de Rodney de ravitailler la place. C’était , en effet , cet amiral , l’honneur de la marine anglaise, qui avait été chargé de cette tâche avant son départ pour les Antilles. Rodney avait donné à l’Angleterre, Saint- Vincent, laGrenade, Sainte- Lucie et Saint- Pierre. Son ambition , qui avait toute l’ardeur de son caractère, l’avait poussé à contracter des dettes énormes, car il avait voulu entrer à la chambre des Communes, et son élection l’avait ruiné. Obligé de fuir devant ses créanciers , d’autres dettes l’avaient fixé eu France. Le duc de Biron les paya, par chevalerie romanesque, et pour montrer que la France ne craignait pas un ennemi de plus. Rodney, renvoyé à son pays, fut mis à la tête d’une flotte de vingt et une voiles , et son premier fait d’armes put faire repentir M. de Biron de son intempestive générosité. Il enleva l’immense convoi dirigé sur Gibraltar, et plusieurs jours après, il battit com-

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plébeinent don Juan de Langara, qui sc fit blesser avant de se rendre. C’était donc une victoire navale dans celte guerre d’engagements et de résistances. Mais la fortune, longtemps suspendue , et qui semblait revenir au génie de l’ Angleterre , recommença le partage de ses faveurs. Un ennemi plus digne de Rodney l’attendait dans les Antilles; le comte de Guichen avait succédé à d’Estaing , et les vingt-deux vaisseaux qu’il commandait avaient mouillé devant Sainte-Lucie. Le i3 avril, il fit tête à Rodney, qui l’attaqua avant qu’il eût rallié ses forces, et qui avait l’avantage du vent. L’habileté de Guichen, la bravoure de ses marins, rétablirent un équilibre rompu un moment par surprise. La fureur du combat se porta au centre : ce fut là que les deux amiraux se touchèrent, et se livrèrent un assaut terrible, qui ne troubla pas le regard ferme de Guichen. Rodney manœuvra de manière à s’élancer sur l’avant-garde; mais l’amiral français, entraînant toutes ses forces, l’y poursuivit et garda l’honneur de la journée. Plus ardent que jamais dansses desseins sur Sainte-Lucie, il se distingua encore (i 5 et 1 9 mai) par deux engagements d’un beau feu et de trèshabiles manœuvres.

Ces succès réels et d’un grand éclat militaire ne firent pas en Amérique l’impression qu’ils causèrent en France. Ici , la nouvelle en fut reçue avec allégresse , mais en Amérique on ne trouva pas ces succès assez américains. Tout ce qui ne venait pas directement, et, pour ainsi

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