‹ Louis XVI et sa courChapitre 78 sur 172 · C. Il A P I T II E III · texte numérisé non relu

C. Il A P I T II E III

la pairie par son gouvernement. On sentait bien que ce n’était pas seulement un nom de plus qu’il avait écrit dans les victoires de sa patrie, mais qu’il avait ranimé la conviction expirante du monde qui avait longtemps cru l’Angleterre reine des mers : c’était l’empire pour longtemps encore.

T,a victoire de Rodney balança, dans le cœur des Anglais le regret des pertes qu’ils faisaient claque jour en Amérique. Le chevalier de Lapérouse , avec un vaisseau et deux frégates, venait de ravager sur l’Iludson un de leurs plus beaux établissements; mais avoir mis si bien le pied sur la marine de France, vengeait de ces petits désastres et faisait tout oublier.

Cependant elle n’était pas morte tout à fait encore cette marine; l’esprit public s’était montré dans d’ardentes et nombreuses souscriptions destiuées à réparer la perte des vaisseaux détruits. Lord Nortli était tombé, et l’esprit prudent dcsvvhigs, qui n’avaient point l’implacable haine de Chatam dans les entrailles, inclina visiblement à la paix. Rendons justice au gouvernement de Louis XVI : il n’eut pas, cette fois, la faiblesse d’écouter la bonne volonté des wliigs. Il comprit que le moment d’une si grande infortune était peu propre à modifier ces vieux traités de la défaite, qu’on avait essayé de briser par la guerre et par la victoire.

La guerre continua donc : le blocus de Gibraltar s’éternisait , et les Espagnols, dont l'amour-propre natio-

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