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flelonr délivré, I Inde défendue, six combats glorieux. » Mai .s, comme on le voit flans cette noble nomenclature, ces succès-là ne réparaient pas , pour la France, ce qu’elle avait successivement perdu : c’était pour elle plus d’éclat que de profit. A partir de 1778, elle ne possédait presque plus rien sur la côte de Coromandel ; Pondichéry avait été pris par les Anglais. Le gouvernement français ne soutenait point Hyder-Aly, ce grand politique que ne comprenaient pas les politiques de Versailles, lui qui, à l’àgcdeMaurepas, à quatre-vingts ans, et le dos dévoré par un cancer, gagnait encore des batailles avec quelques-uns de nos artilleurs. Il aurait pu devenir 1111 instrument si fort dans des mains habiles! Cependant Hvdcr avait eu aussi son tour de défaite : les Hollandais succombaient; leur meilleure part était tombée déjà dans les mains de l’Angleterre (1781); leurs possessions de Sumatra, Négapatam, Trinquemale, une partie de Cevlan, étaient conquis. Après de tels désastres, en face de l’organisation anglaise dans les Indes, devant un homme de la force de Hastings , qui ajoutait le génie du mal à cette colossale organisation, que pouvait faire un simple commandeur de Malte, qui se trouvait être, par hasard, un homme supérieur? Ce Suffren, qui n’avait que onze vaisseaux , quand de Grasse en avait trentetrois pour se faire battre, quand d’Orvilliers en avait commandé soixante-huit pour rentrer, ses canons nets, dans le port de Brest, Suffren, sans un seul port dans les
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mère de l’Inde, où il n’avait à jeter l’ancre que bord à bord avec l’ennemi, pouvait-il replacer la France au rang où Dupleix l’avait un moment élevée, et d’où elle était tombée, en roulant de faute en faute, pendant que l’Angleterre s’élevait , de calcul en calcul , à un degré de puissance qui , peut-être , ne se reverra jamais?
Mais tout ce que peut la force d’un homme, réduite malheureusement à elle-même, SufFren le fit, et le fit en maître. Les quatre batailles qu’il livra en cette année 1782 resteront des modèles à étudier pour tous les hommes qui pensent sur cette science difficile de la guerre maritime. Quand Suffren parut dans les mers de l’Inde (1), il avait déjà livré combat sur son chemin. Il avait aperçu dans la baiedcPraya des vaisseaux anglais de l’amiral Johnston , et il avait fondu dessus; il s’était engagé là un feu terrible; Suffren s’était lancé si impétueusement sur l’ennemi qu’il se vit coupé de son escadre contrariée par les courants. L’ennemi fut protégé par sa position; mais si Suffren se retira, il ne s’éloigna du moins que couvert par les plus fières volées de ses canons. Il avait empêché , en jetant des troupes sur ce point, l’expédition des Anglais contre le cap de Bonne-Espérance. A l’ile de France, il avait fait sa jonction avec l’amiral d’Orves, qui mourut sur mer, et lui remit le commandement de la flotte. Suffren , au
(I) Voir la Biographie universelle, art. Suffren, t. XLlV,p, 159.