‹ Louis XVI et sa courChapitre 81 sur 172 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

même moment, venait <le contraindre /’ Annibal, de cinquante canons, à amener. Enfin, après avoir dé|>assé Madras, il s était battu encore parle travers de Sadras (ic) février), et il avait commencé d’inspirer aux Anglais cette haute estime d’ennemi que depuis ils ne cessèrent de lui porter.

Arrivé à Porto-Novo, l’amiral ne voulut point se rendre à terre qu’il n’eût conclu et signé un traité avec les envoyés d’IIÿder-Aly, traité excessivement avantageux à celte armée de deux mille hommes qu’il débarqua , et qui, aux ordres de Tippoo-Saéb et de M. de liussy, allait faire, comme Suffren sur la mer, de l’héroïsme sans résultat qui fût proportionné aux talents etau courage déployés dans cette guerre. Sir Edward Hugues, l’amiral anglais, quittait alors Triaquemale (i); Suffren alla à sa rencontre. Pendant trois jours, sir Edward- Hugues chercha à éviter le combat; mais Suffren sut enfin l’y contraindre, car il avait le veut pour lui , et d’ailleurs il manœuvrait avec tant d’empire qu’il était impossible de se soustraire à l’ascendant de ses évolutions. Jamais, dans cette partie du monde, combat plus long et plus sanglant ne s’était livré ; il dura cinq heures et demie, par le travers «le Provédien (19 août), dont il a pris le nom (2). C’était un de « es combats si tenaces

(1) Voir Barchou de Penhoën, Histoire de l’établissement anr/lais dans les Indes , t. III, p. 310

(2) Voir la Biographie universelle , art. Sul'tren, t. XI,1 V, p. Isa

et si meurtriers des deux parts , que toute la victoire ne consiste qu’en une moindre perte: à ce compte, les Français étaient vainqueurs; mais ils étaient tellement maltraités qu’ils passèrent sept jours à réparer leurs avaries, ayant l’ennemi à portée de boulet. Au bout de ce temps , le bailli , avec cette profonde ardeur qui ne s’éteignait jamais en lui, offrit de nouveau la bataille, mais ne put la faire accepter.

Suffren avait relâché dans le port hollandais de Batacolo. Pendant ce temps, Hyder-Aly et son héroïque fils Tippoo , ce Mysoréen si chevalier pour un barbare , avaient remporté, par la rapidité de leurs marches , des avantages sur le commandant anglais, sir Eyrc Coote. Tlyder, octogénaire et mourant, avait fait quarante-cinq milles en deux jours; il avait tenu assez en respect les troupes anglaises pour permettre à Tippoo de renforcer la garnison d’Arnec. Ce fut alors que Suffren conseilla au nabab indien la reprise de Négapatam , et tous les préparatifs en furent faits par l’amiral avec cette puissance de volonté qu’il mettait à tout ; mais son plan, qui ne put être exécuté, ne fut pour lui que l’occasion d’une de ses plus magnifiques batailles. 11 la donna le G juillet : Suffren montait le Héros , et l’amiral anglais le Superbe, deux beaux vaisseaux, qui disaient assez par leurs noms ce qu’ils portaient. Tout le temps que dura l’action, ces deux vaisseaux luttèrent comme deux hommes, et pendant une heure et demie, le feu, la hache , le courage.

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