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aux occupations d’artisan; s’il lui arrivait de respirera l’aise , c’est lorsqu’il en avait fini avec le conseil et pouvait gagner le petit escalier qui conduisait à sa forge. 11 y trouvait son compagnon de travail, le serrurier Gamin, dont il subissait les familiarités. Louis XVI aimait à transporter lui-même dans les combles du palais, où il travaillait, son enclume et ses lourds ustensiles. Il soumettait sa constitution robuste à toutes ces opérations, et comme en lui touttendaità descendre, son plus grand amour-propre était peut-être d’y exceller^ i Mais ces meeurs d’artisan, dans la vie d’uu roi, n'étaient pas faites pour relever une royauté compromise. Pu moins Louis XV, en déshonorant la monarchie (i), était resté roi dans la représentation . Son successeur
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(I), « Les manières de Louis XV, dit madame Campait, ne se ressentaient nullement de ses sentiments et de ses goûts. Sa démarche était aisée et noble ; il portait sa tête avec beaucoup de dignité, son regard , saus être sévère, était imposant. Il joignait à une attitude vraiment royale une grande politesse. »
Madame Campan dit, en parlant de Louis XVI : « Ses mains noircies par le travail furent plusieurs fois , en ma présence , un sujet de représentations et même de reproches assez graves de la part de la reine. » ( Mém . de madame Campan, p. 114.)
Nous pourrions ajoutera ces petits faits mille particularités que nous avons été à même de recueillir de la bouche des contemporains. Louis XVI, à la chapelle, chantait d'une voix si fausse et si retentissante que les courtisans ne cessaient de rire durant l'office. On dit encore qu’il ne se piquait pas d'observer, dans la chambre royale, lors des entrées, les plus simples prescriptions de la bienséance.
ternissait l’apparem'e , cette dernière fletir qui restait encore. Les traces qn’il gardait de ses occupations grossières , ses postures et ses formes pesantes , jtisqu’à son 1 énorme appétit, étaient im texte de moquerie pour la jeune cour ; on liait de lui tout liant dans le cercle intime de la reine ; et c’était pour cette Vénus le compliment ordinaire que d’appeler le roi son Vuleain (r). Louis XVI en s’abandonnant avec cette insouciance à sa pente naturelle, manquait à ses intérêts d’époux, comme il manquait» sa position.: Pauvre roi qui mettait son énergie dans ses mains ; à l’heure où la puissance appartenait aux idées , et qui savait si mal le prix du temps qfi’il dérobait h sa fonction. Louis XIII pouvait élever des faucons , et pour le reste se reposer sur Richelieu; mais pendant que Louis XVI s'efforcait sur son enclume, l’État croulait derrière lui. 11 n’était ee-
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(1) Le duc de Lauzun, qu’il ne faut citer qu’avec défiance , rapporte qu’il engageait la reine à témoigner au roi plus de considération. — Le baron de Besenval, l’un dés intimes du cercle de ta reine , se permet plus d’une fois dans ses Mémoires des insinuations malveillantes pour Louis XVI. « La troisième lettre de Pezay fut « plus heureuse , dit-il : il est vrai qu’il prit le roi par un endroit seu- « sible ; il commença par lui dire du mal de plusieurs personnes. » (T. I, p. 158.)
Madame Campan rapporte une facétie du roi , qui donnerait une triste idée du goût de ce prince: 1 la comtesse Diane de PolignaC manifestait, comme toutes tes femmes, de l’enthousiasme pour le sage de l’Amérique. Louis XVI fit peindre à Sèvres le médaillon de Franklin au fond d’uu vase de nuit, et envoya ce singulier présent à la comtesse. (A/ém..p. 177. )
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pendant point incapable de travail, d’application aux affaires; il était entré beaucoup défaits dans cet esprit consciencieux et lent; mais il y avait place surtout pour des détails d’adminisrraliotl, des chiffres de statistique, de géographie. Turgot trouva un jour Louis XVI méditant sur un projet de loi , et le rédigeant lui-même ; l’intention était excellente, mais l'ordonnance avait trait aux lapins, . , , . : , i, ; ,
Nous allons citer pourtant une lettre inédite, d’un ton viril et très-décidé , qui pourra étonner un peu , venant de Louis XVI; il s’agit d’une question plus grave que celle des lapins : l’extinction delà mendicité. Cette lettre, que nous transcrivons fidèlement sur l’original même, est de la main du roi , adressée à son ministre Amelot :
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* Versailles, le 8 juin 1 Î7 1.
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« Les dernières fois que je me suis promènera pied j’ai été vivement afflige, Monsieur, de la grande quantité de mendiants dont les rues tle Paris et de Versailles sont remplies, nonobsta'nt les mesures que j’ai ordonnées depuis plusieurs années à l’effet de faire cesser cette plaie. Demander ait lieutenant général de police et à l’intendant de Paris des mémoires tant sur l’établissement des atteliersde cliarité ouverts pour occuper les pauvres validesque sur les secours à fournir aux paroisses et aux hôpitaux pour les faire travailler, et pour facilitercn même temps l’admission des infirmes. Je. veux savoir comment
il est pourvu à l’entretien de ces établissements. La création de nouveaux impôts me répugne; où serait le bienfait pour le peuple s’il y trouvait une charge nouvelle? Il y aurait des mesures tout à la fois d’humanité et de rigueur à prendre pour, d’un côté, secourir la misère réelle, et détruire de l’autre la mendicité effrontée et paresseuse, source de crimes et de scandales. La base de tout règlement devrait estreque tout mendiant se retirast dans le lieu de sa naissance, à moins qu’il ne prist un état qui pût le faire vivre sans aumosnes, la surveillance serait hien plus efficace et la répression plus sûre. 11 ne faut pas non plus souffrir que les mendiants aillent quester et mendier dans l’intérieur des églises, ni aux portes des maisons, cela trouble le service divin, nuit au recueillement des fidels et amène des vols. Ce point est très-important, n’y aiant rien qui fist plus d’honneur à une administration que l’extirpation de la mendicité. Aux valides le travail, aux invalides les hôpitaux, et les maisons de force à tous ceux qui résistent aux bienfaits de la loy. Tenez la main à l’exécution des règlements qui existent et recoinmendez à Lenoir la sévérité. Si ces règlements son insuffisants, il faut que mon conseil y pourvoit et completter ce service par une ordonnance.
a Louis (1). »
(I) Nous devons à l’obligeance de RI. Dentu la communication de eett# pièce remarquable qui fait partie de sa Collection d’auto-