‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 110 sur 264 · LIVRE V. — JOURNÉE DU 10 AOUT. tSti · texte numérisé non relu

LIVRE V. — JOURNÉE DU 10 AOUT. tSti

cela arrive toujours, se déciaraîent déjà contre la royauté qu'ils voyaient faible, en faveur de la révolution qu'ils sentaient victorieuse. En effet, de la cohue tumultueuse qui s'ouvre à peine sur les instances de Rœderer pour donner passage au Roi et à sa famille, on n'entend sortir que des injures et des menaces. Quelques membres de l'Assemblée qui viennent au-devant du monlarque ne peuvent fendre les flots épais de la foule; sur la terrasse des Feuillants les cris redoublent avec Inrenr : A èas le tyran ! la mort ! la mort ! « N'ayez pas peur, dit au petit Prince le grenadier qui le porte, ils ne vous (feront pas de mal. — A moi , non, dit le Dauphin , mais à mon père! » Et ses larmes filiales coulaient. Tant ^e les jours de son père n'avaient point ^té menacés, il y avait eu comme une auFéole de j^ à l'entour du front insouciant de cet enfant. MaiintenaAt il trasible et il â peur. Le malheureux père, lui-même, se sent un instant*les yeux humides. — «<^'ai-je donc fait à mxm pei^le? » dit le Christ de la royauté en s'acheminant vers Ponce Pilatc. Il faut une demi-heure penr tFaverser, êous urne pluie d'invectives et d'outrag[es, cette courte distance qui sépare le palais de l'asile où l'on entraine la fiimille royale. Dans le plan que nous donnons au revers êe cçtte page, le lecteur peurra suivre la marche du triste cortège depuis le château jusqu'au Manège , où siégeait FAssemblée nationale , et se rendre compte de la physicmoiùie de ces lieux où s'élevaient alors le couvent des Feuillants et le local des séances dorit il ne reste plus nulle trace, le quartier Bivoli ayant tout «ffacé. Jamais roi de France, jamais roi fTaucnn peuple, jamais homme, depuis les stations de l'homnoe-Dieu sur la route du Calvaire, n'avsut fait un voyage si douloureux.

Aux portes du manège les cris redoublent : le procureur général harangue la populace et la calme; mais dans le couloir étroit et obstrué par la cohue un mouvement irrésistible sépare un instant les membres de la famille royale. La mère tremble pour son fils ; mais le grenadier qui s'était

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