‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 16 sur 264 · LIVRE PREMIER. — VERSAILLES · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — VERSAILLES

ques années qu'elle n'est plus avec ma fille; mais avec un petit {garçon elle n'a point d'inconvénient; du reste elle est très-fidèle et même un peu sévère avec l'enfant.

• Madame de Villefort est tout le contraire, car elle le gâte ; elle a au moins aussi mauvais ton et plus même que les autres. Celle-ci n'est pas aimée des autres, mais à l'extérieur toutes sont bien ensemble.

» Les deux premières femmes toutes deux fort attachées à l'enfant, mais madame Lemoine une caillette et bavarde insoutenable, contant tout ce qu'elle sait dans la chambre, devant Tenfont ou non, cela est égal.

» Madame Neuville a un extérieur agréable, de l'esprit, de l'honnêteté , mais on la dit dominée par sa mère , qui est très-intrigante.

» Brunier le médecin a ma grande confiance toutes les fois que les enfants sont malades, mais hors de là il faut le tenir à sa place; il est familier, humoriste et clabaudenr.

» L'abbé d'Avaux peut être fort bon pour apprendre les lettres à mon fils, mais du reste il n'a ni le ton ni même ce qu'il faudroit pour être auprès de mes enfants , c'est ce qui m'a décidée dans ce moment-ci à lui retirer ma fille. Il faut bien prendre garde qu'il ne s'établisse hors des heures de leçons chez mon fils : c'est une des choses qui a donné le plus de peine à madame de Polignac , et encore n'en venoitelle pas toujours à bout, car c'étoit la société des sous-gouvernantes; depuis dix jours j'ai appris des propos d'ingratitude de cet abbé qui m'ont fort déplu.

• Mon fils a huit femmes de chambre', elles le servent avec zèle , mais je ne peux pas compter beaucoup sur elles : dans ces derniers temps , il s'est tenu beaucoup de mauvais propos dans la chambre , mais je ne saurois pas dire exactement par qui. Il y a pourtant une madame Belliard qui ne se

1 Meflclame* Rambaiid, MUsclicr, Le Knrts, de Saînt-Rrice, Relliard, de Cermé; mesdemoUclles vavi niarcnhcr|«he et Thouîn.

cache pas sur ses sentiments, et sans soupçonner personne^

qn peut s'en méfier.

» Tout son service en hommes ' est fidèle, attaché et tranquille. Ma fille a à elle deux premières femmes et sept femmes de chambre. Madame Brunier, fenune du médecin , est à elle depuis sa naissance, la sert avec zèle, mais san» avoir rien de personnel k lui reprocher, je ne la chargerai jamaiit que de son service, elle tient du caractère de son mari ; de plus, elle est avare et avide des petits gains qu'il y a à iiiir& dans la chambre,

» Sa fille madame Fréuiinville est une personne d'un vrai mérite : quoique âgée seulement de vingt-sept ans, elle a toutes les qualités d'un âge mûr, elle est à ma fille depuis sa naissance t>t je ne l'ai pas perdue de vue; je l'ai mariée, et le temps qu'elle n'est pas avec ma fille elle l'occupe en entier à l'éducation de ses trois petites filles; elle a un caractère doux et Hant, est fort instniite, et c'est elle que je désire charger de continuer les leçons à la place de l'abbé d'Avaux. Elle en est fort en état; et, puisque j'ai le bonheur d'en être sûre, je trouve qu'elle est préférable ù tout; ou reste ma fille l'aime beaucoup et y a confiance.

» Les sept autres femmes sont de bons sujets, et cette chambre est beaucoup plus tranquille que l'autre. Il y a deux très-jeunes personnes; mais elles sont surveillées par leurs mères, l'une à ma fille, l'autre près madame Lemoine.

n Les hommes sont à elle depuis sa naissance, ce sont des êtres absolument insignifiants, mais comme ils n'ont rien à fairq que le service, et qu'ils ne restent point dans la chambre par delà, cela est assex égal. »

Puisque nous sommes encore à Versailles , hâtons-nous de tracer une esquisse du portrait de la Reine dans ses derniers beaux jours , car les beaux jours de cette reine tant calom-

^ Deux valets de chambre, les sieurs Villetle et Gléry; Un TaUt de ckambJte barbier, le sieur Garpentier; Deux garçons de chambre, les sieurs Fontaine et AUard.

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