‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 161 sur 264 · LIVRE Vil. — LA RÉPUBLIQUE PROCLAMÉE. 3i · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. — LA RÉPUBLIQUE PROCLAMÉE. 3i

hairs de la Franoe, les brochures, les pamphlets qui pervertissaient la conscience populaire; mais l'injure, la menace, la calomnie, adressées directement aux Gapets, servaient quelquefois de pasae-port aux journaux dans ce lazaret politique et moral, où la royauté prolongeait sans fin sa douloureuse quarantaine, et dans lequel on ne laissait entrer que ce qui pouvait ajouter aux tortures du présent les appréhen<> sions d'un plus sinistre avenir. Ces feuilles odieuses , on les plaçait à dessein sur la cheminée ou sur la commode du Aoi ou de la Reine; Louis XYI y lut un jour la réclamation d'un canonnier, qui demandait « la tête du tyran Louis XVI, pour €fi charger sa pièce et l'envoyer à l'ennemi. » Une autre gazette, en versant l'outrage à pleins flots sur Madame Elisa* beth, cherchait à détruire l'admiration qu'inspiraient au public se^ vertus et son dévouement fraternel; une troisième disait qu'il fallait étoufler les deux petits louveteaux qui étaient dans la tour, désignant ainsi les enfants du Roi. Il est bien peu de ces articles qui aient échappé à Louis XVI ; il ne s'en montrait affecté que pour l'honneur de la nation. Le lundi 15 octobre, le Roi chargea Cléry de demander un second vêtement pour son fils. La Reine voulut profiter de cette occasion pour renvoyer à lady Sutherland le linge et quelques autres efFels qui lui appartenaient; et, privée à cette époque de papier et d'encre , elle pria Cléry d'écrire à Tambassadrice pour la remercier. Les municipaux autorisèrent la demande du Roi ', mais ils s'opposèrent à celle de la Reine, et gardèrent le linge et les effets. Il n'est pas pour l'homme de position si déplorable où certain amour-propre

' « Louis Capet demande pour son fils une redÎDgote die drap, et une pour le matin en taffetas de Florence.

Ce 15 octobre 1792, l'an I*^ de la BépubUqufl française.

> Cléry, de service à la tour, m

• Vu la demande ci-dessus, nous, membres du conseil général de la Commune^ de service au Temple, autorisons à fournir les objets dont il s'agit. » Ce 15 octobre 1792, l'an I«' de la République française.

» ViscKXT, — Destour VBLLE8. »

étroit ne trouve encore à se glisser; jaloux de la confiance que Marie- Antoinette semblait, à son exclusion, accorder à Gléry, Tison représenta à la Beine que, dans celte dernière . occasion , il n'eût pas été un agent plus malheureux que son collègue. Une sorte de conflit d'attributions s'éleva entre ces deux serviteurs si différents par le cœur; et leurs prétentions, jointes à l'habitude que prenait individuellement chaque membre de la famille royale de s'adresser, pour un service quelconque , au commissaire qu'il croyait le mieux disposé en sa faveur, firent rendre au conseil du Temple un arrêté pour réglementer la manière dont la famille royale ferait désormais par%*enir ses demandes au conseil *. Le municipal James, qui protégeait Tison , lui dit en lui commu-niquant le résultat de la délibération du conseil : « Sois content; le ministère est formé : tu as le département des femmes. » La séparation complète de la famille royale était pressentie dans cet arrêté. Trois jours après, le vendredi 86 octobre, pendant le diner de la fisunille royale, un municipal entra, accompagné d'un greffier et d'un huissier,

^ Exîrait du registre det délibérations du conseil de service au Temple, datées des 23 et 27 présent,

m Le conseil, aprèi avoir délibéré, a arrêté que, pour réformer tous les abus qui pourraient résulter des différentes demandes faites par la famille détenue, il ne sera fait à compter dndit jour (23 octobre) droit aux demandes de Louis Ga^iet que lorsqu'elles seront faites par le citoyen Géry , et qu*il en sera de môme pour toutes celles du fils.

« Que le citoyen Tison présentera de même celles faites de la part des femmes, mère, tante et fille Gapct.

9 Toutes lesquelles demandes ne seront reçues par le conseil qu'après avoir été préalablement inscrites sur les registres pour ce destinés.

9 Arrête en outre que le présent arrêté sera communiqué aux prisonnters et aux citoyens Cléry et Tison.

Signé : Davray, Jouhhat, Barillox et Jamss, et par suite, le 27 octobre dit, CocHOia, Rocas.

» Pour extrait copie conforme auzdits an-êtés délivrés au citoyen CSéry pour par lui s'y conformer en son contenu.

» Le 27 octobre 1792 , l'an l*' de la République française.

• RocBK, commissaire municipal^ président de sei-vicc au Temple;

• GocHoiS, ségrétèrc. »

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