‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 172 sur 264 · LIVRE VIII. — LA GROSSE TOUR DU TEMPLE · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — LA GROSSE TOUR DU TEMPLE

1 sous-adjudant général, 1 adjudant-major, 1 porte-drapeau, 20 artilleurs, 2 pièces de canon, et formait, avec les gardes nationaux, e^ y comprenant les officiers et sous-officiers, un effectif de deux cent quatre-vingt-sept hommes. Cette garde était fournie, chaque jour, au Temple tour à tour par les huit divisions de la garde nationale parisienne. Après la mort du Roi , cet effectif fut réduit à deux cent huit hommes, y compris quatorze canonniers.

On entrait au jardin par l'intérieur du château : ce fut pour obvier à cet inconvénient que, d'après l'ombrageuse inspiration de la Commune et sous sa surveillance sévère, le patriote Palioy (on ne le nommait jamais sans cette qualification) éleva plus tard , au milieu de l'espace qui séparait le château deja tour, un gros mur qui forma ainsi une nouvelle cour entre le château et le jardin.

Ce nouveau mur avait deux portes, l'une charretière, fermée par ime forte cloison de chêne, garnie de barres de fer et de verrous, et que l'on ne pouvait ouvrir sans le concours de deux guichetiers, possesseurs chacun d'une clef différente.

La seconde porte, à droite et tout à côté de la première, consistait en un guichet étroit ; deux clefs étaient également nécessaires pour en opérer l'ouverture ; ces clefs étaient aux

menu, qui tous étaient imputés sur le fonds de 500,000 francs décrété le iS août 1702 pour la dépense du Roi et de sa famille, furent réduits; les abus qui s*étaient glissés dans une première oi^ganisation furent redressés par l'autorité; plusieurs employés furent destitués, d'autres remplacés. C'est ainsi que, dès le 12 décembre 1702, Roches et Risbey furent renvoyés; que Guillot, Adrien et Fontaine furent remplacés par Caron, Lermutcanx et Vandebourg; que plus tard, le 13 octobre 1703, Turgy, Chrétien et Marchand furent congédiés, que Coru, l'économe qui avait pris la place de Jubaud, fut contraint de la donner à Lelièvre ; et que celui-ci, compromis par des dénonciations, la perdit un instant, la reprit, et finit par la céder à Liénard. C'est sous ce dernier, en fructidor an II , que les grandes réformes furent opérées. Liénard en donna lui-même l'eiemple, ^ proposant de restreindre son propre traitement i 3,000 francs. Gagnié fut remercié et remplacé par Meunier. Un document indique aussi que Monnier, porte -clef en chef de la tour (qui ne fut, à ce qu'il semble, employé que peu de jours en cette qualité, car son nom ne figure \Hnnt sur les contrôles que j'ai eus entre les mains), avait été, sur la proposition de l'économe Lelièvre, remplacé par Gourlet, le l*** ventôse an II.

su LOUIS XVII.

mains de deux hommes dont les loges étaient situées à c6\é de ces deux portes, l'une en dedans, l'autre en dehors. Un fil de fer et une double sonnette ralliaient ces deux cases à travers le mur. Les deux guichetiers passaient là les jours et les npîts sans interruption aucune, dérangés à toute minute, dépendant Tua de Tautre, et condamnés, comme Sisyphe, à une action continuelle. L*un de oes suppliciés s'appelait Richard , l'autre Mancel.

Dès qu'on avait Franchi ces portes, tous les bàtimotits contigus à la tour ayant été démolis, le sombre édifice, dépo* sitaire des débris de la royauté , apparaissait dans sa libre tristesse, dégagé de toutes paiis, et renfermé, avec quelques boaquets d'arbres, entre quatre murailles nues. Son complet isolement lui imprimait encore un caractère plus religieux et plus redoutable. Â ses angles, quatre tourelles rondes élançaient leurs toits aigus, que dominait de sa masse imposante le pignon également aigu du donjon. L'œil ne retrouvait dans leurs girouettes découpées a jour aucune trace d'armoiries; aucun cartouche de pierre n'indiquait non plus, au-dessus de la porte d'entrée, la féodalité des âges de foi : le passage des Templiers n'y était pas inscrit ; les écussons des grands maîtres n'étalaient point leurs émaux sur un portail guilloché. Tout le monument était grave et empreint de la physionomie des temps guerriers, mais n'ayant rien d'épique ni de romanesque dans son architecture simple et sévère, dépouillée de ces belles fantaisies, de ces images capricieuses que le moyen âge taillait dans la pierre.

Depuis que, veuf de ses nobles hôtes, veuf aussi de son arsenal et de ses trophées, il avait, silencieux, servi d'asile à de poudreuses archives, une sombre mélancolie planait sur lui et semblait annoncer qu'il devait un jour servir de prison. On sentait, en effet, en le regardant, qu'absente à l'extérieur, la gaieté ne pouvait habiter le dedans , et que la main de l'adversité devait seule pousser des habitants dans une telle demeure. Théâtre parfaitement approprié à la ter-

1 Histoire

1 Porte du Tcmnle.

S Cour du Palais du grand Prieur.

3 Palais du grand Prieur.

4 Seconde cour.

5 Nouveau mur d'enceinte, clevc par le patriote Palloy.

6 Logement de deui guichetiers, servant aussi de corps de garde.

7 Petite porte.

8 Porte charretière.

9 Jardin.

10 Petite tour.

1 1 Grosse tour.

12 Bâtiment légèrement construit, qui servit quelque temps de corps de garde.

18 Anciennes écuries du palais :

c'est par la porte de ces écuries que la femme Simon, ainsi que la mère et^ la belle-mère de Garnie , s'introduisaient dans Ta seconde cour du Temple, et en sortaient par les moyens expliqués dans l'acte daté du 80 prairial an II (18 juin 1794), t. Il, livre xii, Simon instituteur.

14 Anciennes cuisines dd palais, servant la table de la Famille royale et celle des commissaires.

16 Fontaine du palais du Temple, où fut lavé le cadavre de la Princesse de Lamballe.

16 Boucherie.

17 Porte de l'enclos du Temple.

18 Bâtiment ancien, ayant servi de demeure aux chevaliers de l'ordre de Saint-Jean.

10 Parties restantes de l'ancien cloître.

20 Tour Carrée, dite Tour de César.

21 Cul-de-sac du Chameau.

22 Rotonde, dont la construction, arrêtée dès 1781 par le bailli de Crussol , sur les dessins de Pérand de Montreuil, architecte du grand Prieuré, fut terminée seulement en 1790.

28 Bue de la Botonde.

24 Hôtel du Bel-Air.

26 Cour de la Corderie.

20 Hôtel du Prince de Conti.

27 Hôtel ou le prince de Conti tenait sa trésorerie.

28 Hôtel de Boufllers et ses jardins.

20 Hôtel de Guise, où naquit mademoiselle de Guise, mariée en 1734 au maréchal de Richelieu.

80 Hôtel de Bois-Boudran , ou mourut l'abbé de Chaulieu ; habité, à l'époque de la révolution , par madame de Courville, amie du Prince de Montbarey , ancien ministre de la guerre.

81 Fontainç de Bois-Boudran.

32 Maison et jardin des bains.

38 Hôtel désigné dans les titres

sous le nom d'hôtel Poirier. 84 Bâtiment élevé en 1730, par r«rcbitecte Cendrier, sur rempUcemcnt du mur à créneaux qui donnait »ar la rue du Temple.

Page 1