‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 177 sur 264 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

RROCÈS DU ROI.

2 décembre 1792— aOi janvier 1793.

SiliMtion det partis. — Cause du procès du Roi. ->- NouTelle municipalité. — Redoublemeot de précautions. — ^e Roi apprend qu'il sera jugé. — Arrêté de la Commme. — Fouille» pratiquées ait Temple. — Rodiez et Risbey congédiés. — Mesures de sûreté prises par Roland. — Le conseil exécutif, le département de Paris et la Commune en permanence. — Le Dauphin enlevé au Roi. — Le Roi devant la Convention. — Angoisses de la Reine et de Madame Elisabeth. — Le Roi ne peut plus voir sa famille. — Le Roi choisit ses conseils. — Malesherbes, Tronchet el Daiéu. — Le Boi préroit sa condaraontion. •• Commiasion de la Convention en^ voyée au Temple. — Louis XVI autorisé à voir set enfants à la condition qu'ils ne verront pas leur mîère. — Il refuse. — L'acte d'accusation et les pièces du procès communiqués au Roi. — Conférences de Louis XVI avec ses défenseurs. — M. Edgeworih de Firmont. — Secrète intelligence entre les deux étages de la tour. — Anniversaire de la naissance de Madame Royale. — Convenacion avec Malasherbes. — Desi'ze lit au Roi son plaidoyer. — Testament du Roi. — Le Roi de nouveau à la barre delà Convention. — Sa défense. — Ses paroles. — LcP' janvier 1193. • • Les journaux. — Manifestation de l'opinion au tbéâirç. — Maladie de Madame Royale. — VAmi des lois lu au Temple. — Le Roi déclaré coupable. — L'appel nominal. ^ Noaveaa message à M. de Firmont. — Condamnation du Boi. — Sca paroles. — Appel a la nation. — Adieux du Roi à Malesherbes. -- Inventaire fait an Temple.

. Depuis que la famille royale est enfermée au Temple, nous n*avons pas parié des événements qui se sont succédé, excepté quand leur retentissement lointain a pénétré dans cette sombre demeure. Pour rester dams les limites de notre sujets il ne nous convenait en effet de toucher a l'histoire générale de la révolution que lorsqu'elle se rattachait étroitement à l'histoire des malheurs et de la captivité de la famille royale. C'est à ce point de vue qu'il importe de dire ici quelques mots du mouvement qui emportait la Convention. Louis XVI et cette assemblée vont se trouver en présence. Il faut qu'on sache quelles* sont les causes qui ont amené cette suprême rencontre de la royauté et de U Révolution, et quel concours de circonstances a déterminé l'Assemblée à appeler le Roi à sa barre et à s'établir son juge.

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La Convention , on le sait , avait été élue dans un accès de fièvre révolutionnaire. Les événements allaient à Textréme ; il régnait une espèce de démence furieuse , dont ceux qui n'ont pas vécu dans les temps de crise sociale ne sauraient se faire une idée. Depuis l'origine de la révolution ,* il n*y avait plus guère qu'un moyen de gouvernement : c'était cette passion qu'on avait allumée dans les esprits et dans les cœurs contre le gouvernement royal. La Constituante, venue la première , s'en était prise h l'institution ; elle avait afiaibli et énervé la royauté , et elle avait profondément humilié le Roi. La Législative, venue la seconde, avait poussé les choses plus loin , parce qu'elle les avait reçues plus avancées ; et , en se retirant , elle avait laissé la royauté virtuellement abolie , et le Hoi prisonnier au Temple avec sa famille. Il était écrit que , la progression continuant , la Convention viendrait prendre et tuer le Roi.

C'était la seule cliose que les assemblées ses devancières lui eussent laissée à faire. De Versailles on pouvait conduire Louis XVI aux Tuileries, plus ou moins transformées en prison; des Tuileries, on pouvait le conduire au Temple, mais du Temple , on ne pouvait le conduire qu'à l'échafaud : c'était une progression fatale. La Convention , qui , comme la Constituante et la Législative , et plus que ses deux aînées, était obligée de vivre sur la passion révolutionnaire, n'avait plus que ce dernier et terrible aliment a lui jeter. Tout l'y poussait : la situation du dehors, celle du dedans, sa propre situation a elle-même.

La situation du dehors était pleine des fureurs et des défiances terribles de la guerre. La situation du dedans était* pleine de souffrances, de soupçons et de ces rages inextinguibles qui s'allument dans le sang et s'en abreuvent sans jamais se désaltérer : l'eau étanche et apaise la soif de l'eau; le sang enflamme la soif du sang. IL fallait un crime atroce, inouï, à cette population révolutionnaire que les derniers temps- de la Législative et les premiers ^ois de la

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