LIVUE IX. — PROCES DU ROI
chercher pour le conduira à la Convention , en vertu d'un décret dont le secrétaire de la Commune allait lui faire lecture. Coulombeau lut le décret. Â cette expression : Louis Capet sera traduit, etc., « Gapet n'est pas mon nom, dit le Roi ; un de mes ancêtres l'a porté , .mais ce n'est pas celui de ma famille. » Puis, s'adressant à Chambon : « J'aurais désiré , monsieur, ajouta-t-il , que les commissaires m'eussent laissé mon fils pendant les deux heures que j'ai passées à vous attendre; au reste, ce traitement est une suite de ceux que j'épropve ici depuis quatre mois. Je vais vous suivre, non pour obéir a la Convention , mais parce que mes ennemis ont la force en main. » Ayant dit ces mots, il prit des mains de Cléry sa redîng^ote et son chapeau , et il suivit le maire de Paris. Une escorte nombreuse l'attendait au pied de la tour, et au dehors de l'enceinte du Temple une multitude innombrable. Il monta dans la voiture du maire avec Chambon, Chaumette et Coulombeau. Dans le trajet il parla peu , et n'articula pas un mot relatif à son procès. Il regardait d'un œil tranquille les personnes qui se trouvaient sur son passage. Un grand déploiement de forces avait été ordonné'; trente municipaux, décorés de leur écharpe,
1 Ordre pour la marche et Vescorte de Louis Capet depuis le Temple jusqu'à la Convention nationale»
« On pauera par la me du Temple, les boulevards, la rue Neuve des Capucines, la place Vendôme et la cour des FeulUanU. »
^- L*ordre commence par la désignation des postes que doivent occuper les légions :
« Chaque section gardera deux cents hommes de réserve. Il y aura en outre deux cents hommes à chaque prison et à chaque place publique, et autres dépôts ou magasins, etc.
• Pour Vescorte, Chaque légion fournira une pièce de canon, ce qui formera trois pièces en avant et trois pièces en arrière, rendues à huit heures précises au Temple. Il y aura deux caissons, un devant et un derrière. Chaque légion fournira deux capitaines, quatre lieutenants, quatre sous-lieutenants et cent hommes armés de Âisils et munis chacun de seize cartouches, sachant bien manoeuvrer; ils se rendront au Temple à huit heures avec la liste de leurs noms; ce qui formera un corps de six cents hommes, lesquels, sur trois de hauteur, borderont la haie des deux côtés de la voiture.
» La gendarmerie fournira quarante -huit cavaliers les plus instruits pour former Tavant-garde.
» La cavalerie de TÉcole militaire fournira également quarante-huit cava-
entonraient la voiture': la {jarde nationale , rangée sur le passage, tenait les armes renversées; les- fenêtres des maisons étaient fermées; le peuple paraissait morne et dans la stupeur. Ayant remarqué que Goulombeeu saluait un grand nombre de gens au moment où la voiture tournait à gauche sur le boulevard, Louis XVI lui demanda s'ils étaient tons de ses amis : « Ce sont, répondit Gonlombean, de braves citoyens du 10 août, que je ne vois jamais sans beaucoup de joie. » Â quelques pas plus loin, Ib voiture fut arrêtée par un petit mouvement provoqué par les paroles d'un grenadier
liera sachant |>arraiteinent manoeuvrer, |K>ur faire Parrière - garde ; le tout devra être rendu À huit beureu précises au Temple.
» II y aura dans le jardin des Tuileries deux réserves : la première, prè» du château, sera de deux cents hommes d'infanterie; la seconde, près du pont tournant, sera munie de six canons foamis par la sixième division, hait canonniers, quarante^hnit fusiliers par chaque lépon^ et on caisson; le tout sera éfral(*ment rendu à huit heures.
» Une troisième réserve sera composée do biitaillon de» piqitiers, et sera placée dans les cours des Tuileries.
• La garde descendante du Temple restera à son poste avec la garde montante jii3qa*aprè8 la séance de la Convention.
» Tous les iMStes, dans toute la ville, seront doublés.
• La garde du Temple montera à huit heures du matin. L*appel se fera dlieure en heure dans les postes; quiconque 9 absentera sans permission sera pont.
• Les ordres qui défendent dv tirer aucune arme k feu seront exécutés strictement.
« Chaque légion fournira huit oetKMiniers et huit fusiliers pour Tescorte des canons, lesquels auront chacun une carte qui les nomme et désigne, signée des pi-éâidents et commandants de leurs sections; le tout rendu à huit heures au Temple. » (Archives de l'Empire, Bfi., n^ 52.)
• Après avoir entendu la lecture du pian pour la sûreté générale de Paris dans le moment critique oà nous nous trouvons, lequel a été envoyé à la Commune jiar le conseil exécutif, le conseil général Fa approuvé par acclamation, et a arrêté que mention honorable en serait £»ite au procès-verbal. •
(Archives de THôtel de ville.) ^ Le conseil général arrête que trente de ses membres accompagneront à cbeval la voitum de Louis Capet, lorsqu'il se rendra à la Convention nationale et lors de son retour au T«aii»le. Les commissaires nommés à cet effet flODt les oitoyena ;
DHSTOrilNELLHS, ROMID, DU RomË, BiQHJIIItt, JaLLIBB, BoDTBT, VlGDlBB, CAVAtO!fAC, PaF, AvRfL, LiOR, GaRIIOT, DcMOKVIBR, VbHOK, LfieUKORB,
LEGENDn& or LocvHR, Travbiisb, Moicllb, Lafissb, CuACuar, Tovlav, FeiiBiènB, Retocuvat, Lauvi:!, LEVASftBim, Fallbt, Bbrtholo!(, Micno?(is, CiiESEAUX, Étiknnk, Sedmai'/b, Jossh et Gbouveixe. ( Séance dà dimancke fà décembre 171^1.)