‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 207 sur 264 · LIVRE IX. — PROCÈS DU ROI · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — PROCÈS DU ROI

M. de Sèze et le tint étroitement embrassé; puis, lui rendant les soins d'un ami y il s'informa s'il n'y avait pas moyen de le faire changer. « Il est tout en nage, dit-il; ne serait-il pas possible de lui procurer tout de suite du linge? » M. de Sèze entra dans le cabinet voisin , où il passa' une chemise que le Roi avait chaufiee lui-même ' . ^

La municipalité vint prendre Louis XVI pour le ramener au Temple. Laissons parler Goulombeau : «Nous sommes remontés en voiture; il a conservé le même calme, la même sérénité que s'il eût été dans une position ordinaire. En passant devant le dépôt des ci-devant gardes françaises , il a remarqué avec beaucoup d'étonnement la superbe maison que l'on bâtit sur cet emplacement *.

» Qn peu plus loin , il me dit en plaisantant de ce que j'avais mon chapeau sur la tête : « La dernière fois que vous » êtes venu, vous aviez oublié votre chapeau; vous avez été M plus soigneux aujourd'hui. » Peut-être m'a-t-il fait cette observation sans dessein particulier; peut-être aussi, se rappelant ses anciennes prérogatives, a-t-il voulu me témoigner que, dans son système, je devais tenir chapeau bas devant lui. Ghaumette m'a fait signe du coude 'a cette remarque, en faisant peut-être la même réflexion que moi.

» A propos de l'indisposition du procureur de la Commune , la conversation est tombée sur les hôpitaux de Paris , il a fait des réflexions sur la dépense de ces maisons ; il a dit qu'il serait utile d'en instituer dans chaque section, que les pauvres en seraient bien mieux soignés et plus soulagés. Il a fait ensuite diverses questions à Ghaumette; il a demandé de quel pays il était, quelles étaient ses occupations ; il a même porté la curiosité jusqu'à lui demander des détails de sa famille.

1 Ce détail, donné par M. Hue ^fiernières années de Louis AT/, p. 394 )y in*a été confirmé par Balza, haÎMÎer adjoint atuché i la Convention nationale, qui était présent, et a apporté la chemise.

' Entre la Cbaunée d'Antiii et la me dit Helder. Elle fait le coin du boulevard et de la rue du Mont- Diane, où elle porte le n» 2.

JM» LOUIS XVII.

» Puis y comnie en allant je saluai plusieurs de mes camarades qiie je reconnaissais, il m'a dit : « Ces personnes que » vous saluez sont-elles de votre section? — Non, ce sont » des membres de l'ancien conseil général , que je vois avec « plaisir s'occuper du soin de maintenir Tordre. » Là-dessus il m'a dit qu'il y en avait un d*enire eux qui n'était pas reété longtemps : il voulait parler de Lemeuniél « Lorsqu'il » était de service au Temple, lû'a-t-il dit» il lui est souv^it » é€hiq>pé des mouvements de trouble en entendant tir«r des » coups de fusil; il paraît qu'il les crai^ait beaucoup. « Je lui ai répondu que c'était moins un efitat de la crainte, que de la surprise de voir que l'arvàlé du conseil qui défendait de tirer des coups de fusil dans la rue n'était point exécuté. « 11 » est mort bien mallieureusement, » m'a-4-il répliqué. J'ignDre qui l'instruit si bien, mais, comme vous voyes, il sait presque toutes les particularités arrivées aux membres du conseil.

» Il a pris ensuite la boite du maire; il lui a demondé si ce portrait qm était gravé d'un côté était celui de sa fenune; mais avant que le maire put lui répondre, la conversation a été coupée par des cris de : Fermez le» fenêtres I fermez les fenêtres! Sur cela il a dit : « C'est abominable! — C'est » une mesure de sûreté que l'on a prise, lui a répondu » Chaumette; l'on a défendu d'ouvrir les fenêtres. — Je » croyais que l'on criait : Vive la Fayette! ce serait imfe » sottise. 9 Sans doute que Louis Gapet s'occupait en cet instant de la différence qu'il y avait entre la garde brillante de la Fayette et celle qui l'escortait, composée en grande partie de sans-culottes ' . »

Il était cinq heures quand la voiture rentrait au Temple. Les officiers municipaux qui avaient accompagné le prisonnier à 1^ barre le remirent entre les mains des commissaires de service, en prirent décharge , puis se retirèrent.

1 Rapport fak à la GomiiMuie le 27 décembre. -—Voyes Hisloire du. dernier règne de la monarchie, totte If page 265.

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