‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 238 sur 264 · LIVRE X. — LE RÉGICIDE · texte numérisé non relu

LIVRE X. — LE RÉGICIDE

ment, et qui, Tayant contre- signé, le remit au conseil général de la Commune ' . S'adressant ensuite à un autre municipal' : « Remettez, je vous prie, ce papier à ma femme , vous pouvez en prendre lecture , il y a des dispositions que je désire que la Commune .connaisse. »

' Cléry était derrière le Roi près de la cheminée , le Prince se retournant, Cléry lui présenta sa redingote : « Je n'en ai pas besoin , dit Loui^ XVI ; donnez-moi seulement mon chapeau. » Cléry le lui remet; la main du Roi rencontre celle de son serviteur, qu'il serre pour la dernière fois : a Messieurs, dit-il en s'adressant aux municipaux , je recommande aussi à la Commune Cléry, mon valet.de chambre, des services duquel je n'ai qu'à me louer. On aura soin de lui donner ma montre et tous mes efFets, tant ceux que j'ai ici que ceux qui ont été déposés à la Commune. Je désirerais que Cléry restât près de mon fils, qui. est accoutumé à ses soins; j'espère qu'en récompense de l'attachement qu'il m'a montré, on le laissera à la disposition de la Reine... de ma femme, ajoute-t-il avec précipitation. Je recommande aussi à la Commune mes anciens serviteurs de Versailles et des Tuileries. » Personne ne répondant, le Roi regarde Santerre et dit d'un ton ferme : « Partons ! »

A ce mot , le dernier qu'il ait prononcé dans son appartement, on se met en marche. A l'entrée de l'escalier Louis XVI rencontre Mathey et lui dit : « J'ai eu un peu de vivacité avant-hier envers vous , ne m'en voulez pas. >» Mathey détourne la tête, ne répond rien , et affecte même de se retirer au moment où le Roi lui parle.

On descend. Santerre et les municipaux environnent le

^ Ainsi que l*éublidseiit les registres du conaeil général.

^ Cléry lui donne le nom de Gobeau ; ce nom ne se trouve pas sur la lisd; des commÎMaires nommés pour le service du Temple les 10 et 20 janvier; Ich registres de la Commune nous fournissent les indications suivantes pour le samedi 19 : Pelletier, Merccrcau, Minier^ Randrais, CailliMix, Turlut; pour le dimanche 20 : Gilet Marie, Dôme, Ion, Grouvelle, Dourdirr, Destournolles.

Toutefois, Gobeau, venu le 19 au Temple, chargé, comme nous Tavons dit, d'une mission spéciale, s'y trouvait sans doute encore.

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Roi ; son confesseur le suit ; les gendarmes défilent. Le roulement des tambours annonce le départ. Louis traverse à pied la première cour au milieu d*une haie épaisse de piques et de baïonnettes ; il se retourne par deux fois vers la tour pour dire adieu a tout ce qu'il laisse de cher en ce monde , et , au mouvement qu'il fait , on voit qu'il rappelle sa force et son courage.

A l'entrée de la seconde cour se trouve une voiture ', dont

' Le bourreau, qui, dis la veille, avait reçu Tordre de m tenir prêt, n'avait point été informé de quelle manière devaient s'accomplir les préliminaires d'un meurtre ai exceptionnel. Dans son trouble, il s'adressa au substitut du procureur général pour obtenir les renseignements dont il avait besoin. Voici sa lettre, que noiû sommes parvenus à retrouver :

« Au citoyen supiéant pour le procureur générai sindic du département»

■ CiTOYK!! ,

» Je viens de recevoir les ordres que vous m'avéa adressez. Je vas prendre » toutes les mesures pour qu'il n'arive aucun retards k ce qnils prescrivent. » Le charpentier est avertit pour la pose de la machine, laquelle sera mise eu

■ place à l'endroit indiqué.

• Il est absolument nécessaire que je sache comment Louis partira du Tem-

■ pie. Aura-t-il une voiture? ou sy ce sera dans la voiture ordinaire aux exé- » entions de ce genre?

» Après l'exécution, que deviendra le corps du justicié?

• Faut-il que, moi et mes commis, nous nous trouvions au Temple à huit

■ heures, comme le porte l'onlre?

• Dans le cas où ce ne serois pas moi qui l'emmènerois du Temple, à quelle

■ place et à quel endroit faut-il que je me trouve?

«Toutes ces choses n'étants pas détaillées dans l'ordre, il seroit à propos • que le citoyen supléant procureur sindic du dé|>artement voulu bien me » faire passer le plus tôt possible ces renseignements , pendant que je suis » occupé à donner tons les ordres nécessaires pour que tout soit ponctuelle- » ment exécuté.

• Le citoyen Sassor , « Exécuteur des jugeiaeiito crimindt.

« Paris, ce SO janvier 1703, l'an U« de la République française. •

Le Conseil exécutif statua lui -môme en ces termes sur les réponses que cette lettre réclamait :

Aux citoyens administrateurs du département de police»

• Paria , le 90 janvter I79S, Taa II* de la R^oblitpie frsnçaiae. n Citoyens,

« Lecture f;iite de voire délibération datée de ce jour, à onze heures du soir, et de la lettre de l'exécuteur de la justice, qui s'y trouve jointe, le Cou-

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