LIVRE X LE RÉGICIDE. 47T
deux gendarmes tiennent la portière ; à l'approche du Roi , Tun d'eux y entre le premier, et se place sur le devant. Louis Xyi pensait jusqu'à ce moment que l'assistance de son confesseur se terminerait à sa sortie du Temple ; il voit avec un ëtonnement qui devient une consolation , qu'on ne songe pas à le lui enlever ; il monte dans la voiture et s'assied au fond avec l'abbé Edgeworth ; le second gendarme monte le dernier, prend place auprès de son camarade et ferme la portière. On a assuré que ces deux hommes avaient ordre d'assassiner le Roi , au moindre mouvement qu'ils remar*
seîl arrête les réponses suivantes aux observations contenues dans cette lettre : ' •
• i® La voiture du maire amènera Louis Capet du Temple au lieu de Vexé" cution ;
« fp Sur les soins relatifs à la sépulture , le curé de la Madeleine la VillerÉvéque doit se concerter avec le suppléant du procureur général syndic du département, d'après la résolution du Conseil, dont il a été donné copie au curé, et dont le citoyen Lefèvre a connaissance.
» 3^ L*exécuteur et ses commis devront se trouver seulement au lieu de l'exécution.
« Il paraît que les difficultés se trouveront ainsi levées.
i> Le Conseil exécutif provisoire , n Lr Bruk, président.
• Par le Conseil, • Grocvelle. n
Nous devons, afin de conserver aux moindres faits leur vérité tout entière, consigner ici l'infraction qui fîit faite à cet ordre. Ce ne liit pas la voiture du maire qui amena Louis XVI au lieu de l'exécution; ce ne fut pas non plus une voiture de place, comme on l'a prétendu. Des assertions positives émanées de M. Gonrel, conseiller référendaire à la cour des comptes, et qui était, en 1793, secrétaire de M. Clavière, ministre des finances, attestent que la Commune de Paris avait refusé le carrosse du maire; que les membres du Conseil exécutif s'en étaient singulièrement émus, Lebrun et Clavière surtout, et que ce dernier avait prêté sa voiture.
NoTà. — L'article relatif k la voiture inspira 2i Prudkomme les réflexions suivantes :
• Capet vint à téchafaud dans un^carrosse^ Avant lui les erimineb jr étaient eonduiii en charrette. Dorénavant y tans doute, on abolira tout à fait cet an~ cien usage, afin qu'il ne soit pas dit quon a marqué plus d'égards à celui qui en méritait le moins. •
{Révolutions de Paris, I5« trimestre, page 203.)
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queraient dans le peuple ; on a prétendu aiis«i que Tun d'eux était un prêtre déguisé : c'est une version que rien n'autorise * .
Au i^ste, cette crainte d'un mouvement a quelque chose de fondé. Un grand nombre de personnes dévouées ont formé le dessein d'arracher de vive force le Roi aux maios de ses bourreaux. L'àme du complot, le baron de Batz, rentré en France depuis peu de jours, ayant reconau l'impossilMiité de tenter, au Temple, la délivrance de la femille royale, a employé une incroyable activité à organiser une association de toutes lés personnes prêtes à sacrifier leur vie pour sauver celle du Roi. Le descendant de ce glorieux compagnon de Henri lY, Mnnaud de Batz, qui sauva la vie de soft maître à la prise d'Eauze , et ne le quitta dans les combats de Cahors et de Goutras que de la longueur de sa hallebarde, veut renouveler l'exemple du dévouement de son aïeul en sauvant le descendant de ce bon roi. Un appel secret a été foit dans toutes les sections de Paris aux jeunes gens ennemis de la Convention ; M. de Batz compte sur quinze cents à deux mille d'entre eux; il pense, d'ailleurs, qu'une force bien moindre doit suffire pour entraîner, par un généreux exemple , une population facile à émouvoir, mise malgré elle sous les armeç, et témoin malgré elle d'un Forfait dont on veut qu'elle paraisse complice. Dans le long trajet qui sépare le Temple de la place Louis XY, désignée pour l'immolation royale , il a cherché le lieu le plus favorable à Faccomplissement de son projet. Il sait que, quelque nombreuse que soit l'escorte , les régicides redouteront le passage par les rues , et préféreront les boulevards, comme cela avait eu lieu les deux fois que Louis XYI avait été conduit à la Convention , et qu'ainsi le cortège aura à remonter de la porte Saint- Denis au boulevard Bonne-Nouvelle. Là, l'espace s'élargit
1 L'autre s'appelait Jean-Maurice-Françoia LebrasM ; il était lieuteoant de gendarmerie près les tribunaux, lorsque, le 24 germinal an II (13 arril 1794), il fiit guillotiné avec Arthur Dilloo, Chaumette, Gobel^ Duret, Beysser, etc., etc.