‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 25 sur 264 · LIVRE II. — LES TUILERIES · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LES TUILERIES

députaUon de la municipalité , conduite par le maire de Paris, vint même proposer au Roi de reprendre l'exercice de la chasse, dont une longue habitude avait dû lui faii'e comme an besoin. « C'était pour moi, répondit Louis XVI, moins un plaisir qu'un ré{pme dont l'efFçt m'était salutaire. Aujourd'hui la gravité des aflaires publiques ne m'en laisse pas même la pensée et ne m'en permet pas le rejpret. »

Qaoique les moteurs des événements des 5* et 6 octobre soient à peu près connus, et que leur impunité soit certaine, la commune de Paris fait des recherches sur les coupables, et envoie une députation près de la Reine pour solliciter des renseignements. «Non, jamais, répond-elle, je ne serai la délatrice de sujets du Roi.» — Le Châtelet, de son côté, instruit l'affaire, et nomme des commissaires pour informer. Ceux-ci se présentent chez la Reine pour recevoir sa déposition sur les attentats commis dans la matinée du 6. La Reine leur répond : « J'ai tout vu, j'ai tout su, et j'ai tout . oublié. »

Il fallait un nouvel aliment aux agitations des esprits. Le livre rouge est découvert et exploité. Qe fameux registre des dépenses secrètes (qui était entre les mains du contrôleur général des finances) est livré par sa nature même au vague indéfini des suppositions mensongères et h l'imagination satirique des pamphlétaires, qpi supposent tout ce qu'ils ne savent pas, et disent tout ce qu'ils supposent. L'Assemblée nationale demande à; grands cris l'examen de ce livre; elle en ordonne l'impression. Le public lit avidement, mais il ne r^onnalt plus guère cet abime où les trésors de la France allaient s'engloutir.

Cependant l'anarchie parcourait les provinces ; les propriétés étaient dévastées, les châteaux brûlés; lés lois étaient sans force , les magistrats sans autorité. A Paris , les approvisionnements étaient arrêtés par les factieux; le pain ne suffisait plus au besoin journalier. Une insurrection générale est projetée pour le 19 octobre; séduits ou intimidés, la

plupart des boulang^ers se soumettent aux manœuvres des «g[itateur6, et ne font point cuire de pain dans la nuit rprëcédente. Quelques-uns désobéissent à Tordre : leur boutique est assaillie et pillée. Un d'entre eux, nommé Fran* ^joisy est flétri du nom d'aristocrate et pendu h un réverbcre par la populace, qui, quelques jours après, exige la condamnation .et le supplice du marquis de Favras, accusé de connivences contre-révolutionnaires avec Monsieur, comte de Provence.

Les désordres de cette journée révèlent à tous les pouvoirs les dangers des fureurs anarchiques. L'Assemblée nationale pi*opose la loi martiale : malgré une vive opposition , la priesure est adoptée. L'eflepvescence populaire s'apaise encore un instant. Leretour des subsistances, des actes réitérés de la bienveillance royale, semblent ramener le peuple a* de meilleurs sentiments. L'Assemblée nationale, cédant ellemême a l'opinion du moment, croit devoir offirtr au Roi et à la Reine un témoignage public de respect. Sans être conviée ni attendue, elle parait spontanément au. château des Tuileries, conduite par M« Preteau, son '])résident. Le Roi, qui n'est point averti de cette démarche, s'y montre extrêmement sensible. De l'appartement du Roi, l'Assembléepasse dans cebii de la Reine. « Madame, lui dit le président, le premier désir de l'Assemblée nationale, a son arrivée dans la capitale, a été de présenter au Roi le tribut de son respect et de son amour ; elle n'a pu résistera l'occasion si naturelle de vous offrir sesseâtimeilts et ses vœux. Recevez-les, Madame, tels que. nous les formons, vi£s, empressés et sincèr^. Ce serait avec une véritable satisfaction qoe T Assemblée nationale contemplerait dans vos bras cet illustre enfant, le rejeton de tant de Rois tendrement chéris de leurs ipeuples, l'héritier de Louis. IX, de Henri .IV, de cehiiidont les vertus sont l'espoir de la France. Jamais. ni lui ni les auteurs xle ses jours ne jouiront d'autant de prospérités que > nous leur en souhaitons, m

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