‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 26 sur 264 · LIVRE II. — LES TOILERIES. U · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LES TOILERIES. U

— « Je sois touchée , comme je dais l'être , répond Marie- Aatoisetle, des senlmEDeirts <f fie m exprime l'AssemUée na* iîonale. Si j'avais élé prév^ane Ae ses intentions, je r^orais reçue d'tme Maatàre plus digne d'elle. » Alors prenant dans ses bras l'héritier, du trène , elle le présente à l'Assemblée. Les cris de Vtve le Bml Vive im Reme ! Vive M Me Dattpfun ! répélés avec «ntboustasme , arrachent un instant la Reine an seatÂment de ses maikein's.

Cependant l'Assemblée nationale n'interrompt pas le trarvail de la Goaetitiitîon. Le 4 lévrier 1790, le Roi , d'après le conaeîl de M. Necber, se rend à l'Assemblée, et dans un disoonrsreaiarqusble, il réclame son ooaootirs, afin d 'éclairer la nation sur ses véritables intérêts. Voici quelques points de ce discours qui se rattachent an iMins indirectement à notre sujet : « J'aurais bien aussi des pertes à compter, si, au milieu des plus grands intérêts de l'État, je m'arrêtais à des calculs persoBods; mais je trouve une c<Hnpens«tion qui me snfiit, une compensation pleine et litière dans l'accroissement du bonheur de la nation, et c'est du fond démon coeur que j'exprime -ce sentiment.

• 3e défendrai donc, je maintiendrai ta liberté constitutionnelie, dont le voeu général, d'accord avec le mien, a consacré les principes. Je ferai davantage; et de concert «vec la Reine, qui partage tous mes sentiments, je préparerai de bonne heure Tesprit et le cœur de mon fils au nouvel ordre de cboses ^poe les drconstanoes ont amené; je l'iiabi* tôerat, dés ses. premiers ans, à être faenreuK du bonheur des Français, et à reconnattre toujours , malgré le langa^*^ des flatteurs, -qu'une sage cqpràtution le préservera des dan^jers de rinexpérienee , et qu'une juste liberté ajoute un nouveau prix nnx sentiaMuts d'amour et de fidélité dont la nation , depuis tant de siècles, donne à ses rois des preuves si touchantes

V Par qndle fatalité, lorsque le cnkne commençait à re* naître, de nowrélles inquiétudes se sont^eUes répandues dans

les provinces? par quelle fatalité s'y livre^-OD a de nouveaux excès? Joi^rnez-vous à moi pour les arrêter, et empêchons de tous nos efforts que des violences criminelles ne viennent souiller ces jours où le bonheur de la nation se prépare. Vous, qui pouvez influer par tant de moyens sur la puissance publique, éclairez sur ses véritables intérêts le peuple qu'on égare, ce bon peuple qui m'est si cher, et dont on m'as* sure que je suis aimé quand on veut me consoler de mes peines »

Ici, l'émotion de l'Assemblée interrompit Louis XVI. L'attitude, le langage, l'accent si paternels du Roi remuèrent un instant tous les cœurs. Après une courte réponse du président (M. Bureau de Puzy), il sortit de la salle au milieu des applaudissements, et fut reconduit aux Tuileries par une députation de l'Assemblée. La Reine, tenant le Dauphin par la main, vint au-devant de lui.

« Je partage, dit-elle en s'adressant a la députation, tous les sentiments du Roi ; je m'unis de cœur et d'esprit à tout ce que lui dicte son amoiu* pour ses peuples. Voici mon fils : je l'entretiendrai sans cesse des vertus du meilleur des pères; je lui apprendrai de bonne heure à respecter la liberté publique et à maintenir les lois. J'espère qu'un jour il en sera le plus ferme appui. »

Hélas ! ces mouvements d'enthousiasme et d'eflhsion n'étaient que de courtes haltes entre les étapes révolutionnaires. L'anarchie reprenait bientôt sa marche et regagnait le temps perdu en s'avançant à pas de géant. L'Assemblée décrète la vente de tous les biens du clergé , la suppression des ordres religieux, la spoliation jdes églises; elle décrète cette constitution civile du clergé, qui bientôt amène la persécution des prêtres fidèles, et devient la première cause du soulèvement qui devait plus tard éclater dans la Vendée; elle décrète l'abolition de la noblesse, Ja suppression des titres, des armoiries et des livrées. L'esprit de i*évolte franchit les mers, il bouleverse nos colonies, il arme les noirs

Page 1