‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 28 sur 264 · LIVRE 11..^ LES TUILERIES · texte numérisé non relu

LIVRE 11..^ LES TUILERIES

« irai au régime d'un mal<k<}e. » Alors , il se mit à crier, à taper des pieds^-et h fiiire un tapag^e affreux. Je ne lui dis pas une^poralé^ je fis faire son lit , et je demandai un bouillon pour 8001 souper. Alors il me regarda fièrement , cessa ses cris et «me idit .: •« J'ai voidù voir de quelle manière je » pourrais vous prendre, je vois <|ue je n'ai d'autie moyen

• que de vous obéir. Pardonnez^moî, et je vous promets que » cela ne m'arrivera plus. » Le Imidemain, il dit à la Beine : « Savez-^vons qui vous m'avez donné pour gouvernante? 9 C'est madame :Sé(vèiie. •

a Gomme je ne le tourmentais jamiaîs sans raison, et qu'il annait ^k venir chez .itmi et à voir du )nionde , il prit bientôt pour moi et pour ma fille Pauline une véritable affection , et nous disait souvent de da manière ià pins aimable : « Mon « Dieu, que je.me^rouve heureux avec vous et ma Pauline ! » 11 l'aimait aU'point d'eii être jaloux, et c'était la chose la plue plaisante que de voir son petit dépit, s'il oroyait qu'elle aimait miei» une vautre personne que Im.

» Le régiment de {Flandre éiait venu nde faire une vistte de eorps en airivaDt à VersaiUas ; -on parla de ccrtte visite' devant M. le Dauphin, qui iérooigna* à la Reine le plus grand désir d'en être témoin. « Mais -vous ne sauriee que dire à ces

• messieurs, lui ditioetteprinoesse. — Ne soyez pas en peine ,

• -maman ; je ne aérai pas 'embarrassé. • A peine tous les officiers fovent'^ils entrés que le jeune prince dit à ceux qui étaient an premier vang : « Je suis, messieurs, ravi de vous » voir, mais«bien ftnhë d^élretrop petit pour vous apercevoir

V tous. « Puis , remarquant un 'offioier 'qui était très^fjrand : «Monsieur, lui dtt^il, portez-^noi dans vos bras, poufque

• je voie tous ces «messieurs ; » et alors il dit avec une gaieté charmante : « Je suis bien aise , messieurs , d'être au milieu

V de -vous tous. •

• Qttôiqu^jl eût la plus grande facilité pour apprendre 'tout oe qu'A vouhH, il trouvait si ennuyeux d'apprendre à lire qu'il ne se donnait aucune peine pouryparvenir. Et comme

la Reine lui disait qu'il était hoDteox de ne pas savoir lire à quatre ans : « Eh bien , maman , je le saurai pour vos étren- 9 nés. » A la fin de novembre , il dit à Tabbé d'Avaux : « Il • faut cependant que je sache combien j*ai de temps jusqu'au » jbur de Tan , puisque j'ai promis a maman de savoir lire 9 pour ce jour-là. » Et apprenant qu'il n'avait plus qu'un mois, il re{jarda l'abbé d'Avaux, et lui dit avec un san{;froid inconcevable : • Donnez-moi , je vous prie , mon bon » abbé y deux leçons par jour, et je m'appliquerai tout de V bon. • Il tînt parole et entra triomphant chez la Reine, tenant un livre à la main , et se jetant a son cou : « Voilà vos n étrennes, lui dit cet aimable enfant; j'ai tenu ma pro- » messe, et je sais lire à présent. •

n On cherchait continuellement à inquiéter le Roi et la Reine, et on avait répandu les bruits les plus sinistres sur un complot qui devait avoir lieu pendant la messe de minuit. Plusieurs personnes tentèrent d'empêcher Leurs Majestés d'y aller, quoiqu'elle dût se dire à la chapelle; mais elles s'y reFusèrent, trouvant que cet air d'inquiétude ne pouvait que produire un mauvais effet. Ne pouvant cependant me défendre de celle qui m'avait été donnée, je refusai d'y aller et je passai tout ce temps-là auprès de M. le Dauphin , résolue de ne me coucher que lorsque je saurais Leurs Majestés retirées tranquillement dans leur appartement. La Reine, qui le sut, eut la bonté de monter chez M. le Dauphin en sortant de la messe, de me plaisanter sur ma pusillanimité, en y ajoutant les choses les plus aimables sur mon attachement ' . »

Les distractions étaient devenues de plus en plus rares pour Louis-Charles, mais il ne se plaignait pas. Cependant, le 7 avril .1790, il dit à madame de Tourzel : « Je suis bien f&ché aujourd'hui de n'avoir plus mon jardin. J'aurais fîsut pour demain deux bien beaux bouquets , l'un pour maman , l'autre pour ma sœur. » C'était le lendemain que Madame Royale faisoît sa première communion. Le matin de ce jour,

1 Memoif-es inéititt He madame de Towzel»

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